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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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The Dusted Sessions

DATE PALMS

Thrill Jockey

jeudi 13 juin 2013, par Frédérick Galbrun

(4/5) Après l’excellent « Honey Devash » paru sur le label Mexican Summer, Date Palms reviennent avec un troisième album inspiré de la transe et du raga indien. Le duo de Gregg Kowalsky et Marielle Jakobson suivent une ligne directrice claire, où le psychédélisme électronique rencontre la tradition orientale et ne semble pas préoccupé par l’innovation.

Toutefois, des musiciens se sont ajoutés à ces sessions poussiéreuses, dont Noah Phillips derrière une guitare électrique très présente, ajoutant une teinte country/folk à la visée primordiale d’immersion électronique. Ce passage de l’électronique à un instrumentarium mécanisé se traduit également dans la présence de Michael Elrod à la tanpura, donnant une dimension humaine à se qui s’avérait auparavant un bourdon digitalisé, et de Ben Bracken à la basse électrique. Un autre changement esthétique majeur se retrouve dans la préséance du violon de Jakobson, qui évoque le travail d’Henry Flynt, dans cette recherche de convergence entre l’americana et le raga indien. Kowalsky n’est pas en reste, son expérience sur la scène électronique expérimentale (comme en témoignent ses deux albums sur Kranky) lui offre les outils nécessaires pour cimenter le tout et créer une enveloppe sonore homogène très efficace pour l’oubli de soi.

C’est cette enveloppe qui confère un « effet de désert » très particulier à l’enregistrement, vécu surtout comme une chaleur étouffante, un soleil de midi lancinant et langoureux, porté par une guitare électrique sourde et profonde sur « Yuba Reprise », par exemple. Un moment fort de l’album est la géniale « Night Riding the Skyline » qui, du haut de ses onze minutes, met en scène l’électronique toujours ajustés de Kowalsky et le violon de Jakobson, soutenu par un bourdon grave. Cependant, à mi-chemin, la basse et les drums programmés viennent diversifier l’ensemble et laissent une trace indélébile dans l’écoute. Le traitement sonore « dub » appliqué aux drums est superbement ensoleillé et quand le clavier et la guitare électrique se répondent dans une mélodie insistante, l’attention est complètement happée. Un grand moment de musique.

Si pour certains le désert est un bourreau tortionnaire qui nous assoiffe, pour d’autres il s’agit d’une instance réconfortante, d’une sècheresse embrassante et chaleureuse. C’est cette dernière conception qui est la plus appropriée pour cet album, avec ses basses rondes, son violon et ses lignes de synthétiseurs souples. Il n’y a rien d’initiatique ici, juste une invitation à suspendre le temps et paresser sous le soleil. Une bienfaisante oisiveté qui offre un havre de calme dans le tumulte.

- Desc. : Raga américain
- R.S.V.A. : Brightblack Morning Light, Henry Flynt, Boxhead Ensemble

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