[] [] [] [] [] []

SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Accueil du site > Musique > D > DANIELSON

The Best of Glouchester County

DANIELSON

Sounds Familyre

vendredi 8 juillet 2011, par Nicolas Pelletier

(4/5) Formation indie pop de Clarksboro, New Jersey, dont le noyau est composé du chanteur et principal auteur Daniel Smith. Smith est reconnu pour mettre sa famille et ses amis en valeur, collaborant régulièrement avec l’un de ses frères Andrew, David, Megan, sa sœur Rachel, sa femme Elin, sa fille Lily et ses amis Christiaan & Melissa Palladino, pour ne nommer que ceux-là.

Danielson est un groupe difficile à classer. On y entend des airs complètement pop à certains moments (People’s Partay, une bondissante ritournelle) puis des moments complètement psychédéliques (Hovering Above That Hill, qui se joue sur une seule note mais utilise une panoplie hallucinante d’instruments, des clochettes au sax en passant par les motifs répétés de piano et les extraits de flûte et de hautbois !!). À certains moments, on leur trouve des ressemblances avec Panda Bear, Of Montreal et Akron/Family... au sein de la même chanson. Après plusieurs écoutes, on y découvre de plus en plus de petites perles bien cachées, comme Complimentary Dismemberment Insurance, une efficace chanson folk rock dont la mélodie varie beaucoup d’un couplet à l’autre, gardant l’auditeur intéressé à chaque phrase. Une demoiselle non-identifiée ajoute sa charmante voix sur quelques titres dont Lil Norge, probablement le plus intéressant du lot : on dirait Moe Tucker chantant une comptine du Velvet.

L’histoire de Smith est peu commune. Fils de musicien, il cesse d’errer dans la vie alors qu’il est à l’université et ressent un « éveil spirituel » en 1993. Il prend alors conscience de la chance qu’il a de vivre, et se met au chant et à la prière de façon plus ordonnée. Il commet un premier album en 1994, « A Prayer for Every Hour ». Sept ans et quatre albums plus tard, c’est l’étiquette Secretly Canadian qui le signe pour trois autres albums, dont le premier sera produit par Steve Albini. Le dernier, l’ambitieux « Ships », fait place à plus d’une vingtaine de collaborateurs dont Deerhoof, Sufjan Stevens (qui joue aussi beaucoup de banjo sur le présent opus) et les frères de Why ?. Il publie parfois sous des noms différents comme Brother Danielson ou Danielson Famile (qu’il écrit aussi Family).

Voici donc un album très riche en arrangements (Olympic Portions) qui a été très bien écrit : on a constamment un effet de surprise, sans pour autant subir l’effet de tournis qui pourrait être causé par un trop grand nombre de changements. À cet égard, c’est davantage à Plants & Animals (époque "Park Avenue") qu’on trouvera des atomes crochus, plutôt qu’aux groupes susnommés. On sent également que ces musiciens maîtrisent différents formats. Leur folk vaporeux intimiste est tout à fait réussi sur You Sleep Good Now. Sur Grow Up, il sonne comme du Malachai : garage rock au ton nasillard. On a tout de même besoin de cinq ou six écoutes rapprochées pour bien digérer ce 8e album de Danielson, afin de mieux saisir les mélodies et ne plus se laisser distraire par les nombreux artifices. Une fois passée cette barre psychologique, on apprécie de plus en plus cet album touffu rempli de bonnes idées.

- Desc. : Psyche art rock
- R.S.V.A. : Plants & Animals, The Polyphonic Spree, Sufjan Stevens

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0