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WORDS ON MUSIC

mercredi 2 février 2005, par Jean-François Rioux

Comment définir l’étiquette Words on Music, mis à part le fait que vous semblez être de grands fans de shoegaze ?

J’ai conçu le « label » Words on Music car j’envisageais la musique comme une forme artistique primordiale par rapport aux mots. Le nom implique que la voix et les mots doivent servir d’instruments qui accompagnent la musique sans en être la caractéris¬tique principale. Le son des groupes shoegaze est très près de cette réalité, j’apprécie la comparaison, mais je ne dirais pas que Words on Music est une étiquette shoegaze. J’ai toujours trouvé intéressante la tendance qu’ont les fans et les critiques à juger l’importance d’un album par ses paroles plutôt que par l’expertise des musiciens. Prenons les Smiths pour exemple. La plupart des gens s’attardaient aux paroles crues et controversées de Morrissey. Mais je doute fort qu’aucun d’entre eux n’aurait pris le temps d’écouter ses chansons si la musique de Johnny Marr n’accrochait pas l’auditeur dès le départ. Une pièce avec des bonnes paroles est merveilleuse mais très rare ; la bonne musique est essentielle. Donc, Words on Music est notre tentative à promouvoir une balance symbolique qui démontre comment ces deux éléments sont interprétés et utilisés lors de l’écriture d’une pièce.

Faites-vous partie d’un groupe ?

Oui, Motion Picture. J’ai fait paraître trois albums avec Motion Picture jusqu’à présent sur Words on Music, le plus récent se nomme A Paper Gift (2000). Je décrirais la musique de Motion Picture comme une invitation liant film, son et narration. L’orchestration embrouillée et les conversations évoquent les thèmes pittoresques de la distante et romanesque ère de la pellicule en noir et blanc. Les influences musicales modernes les plus évidentes de Motion Picture sont probablement Felt et Trash Can Sinatras.

Qu’est-ce qui vous a inspiré et motivé à fonder votre propre étiquette ?

J’ai initialement lancé Words on Music en 1998 avec l’aide de mon frère Marc dans le but de véhiculer mon propre projet musical (Motion Picture) ainsi que le sien (Should). En l’an 2000, nous avons décidé de modifier la trajectoire de l’étiquette dans le but de faire paraître les disques de plusieurs autres artistes. Notre inspiration vient probablement de différents blasons ayant marqué notre jeunesse (Factory, 4AD, Cherry Red) aussi bien que notre vie actuelle (Elefant, Labrador, Aesthetics). Ce sont tous des étiquettes qui à un moment ou l’autre ont réussi avec brio à lier parfaitement leur nom avec un sentiment ou style qui leur est propre. Ils ont semé et récolté une variété d’artistes qui, loin de se ressembler, partagent néanmoins des affinités au niveau du son, du style ou de la technique. Cette méthode permet à l’auditeur de prendre la chance sans se tromper d’ouvrir ses horizons vers d’autres artistes de l’étiquette sachant qu’il est crucial pour cette dernière d’offrir à sa clientèle un amalgame de disques partageant une même essence.


« J’ai conçu le « label » Words on Music car j’envisageais la musique comme une forme artistique primordiale par rapport aux mots. Le nom implique que la voix et les mots doivent servir d’instruments qui accompagnent la musique sans en être la caractéristique principale »


Arrivez-vous à subsister uniquement de votre compagnie où devez-vous occuper votre temps à autre chose ?

L’avenir de Words on Music semble prometteur, mais gérer l’étiquette n’est toutefois pas mon emploi à temps plein. Nos ventes et recettes font plus que tripler à chaque année, mais ça prendra encore quelques années encore avant que je puisse considérer m’y investir à temps plein. Pour l’instant, j’ai un diplôme en droit, je travaille comme consultant en politique publique et je complète un cours en science politique à l’université du Minnesota.

Considérez-vous les téléchargements de mp3 comme un fléau pour l’industrie ou comme un bon outil de promotion ?

Mon point de vue n’est pas clair à cent pour cent à ce sujet. Je crois que télécharger et échanger des fichiers diminue la vente de disques un peu, mais évidemment pas dans tous les cas. Par exemple, je crois que plusieurs personnes utilisent cette technologie comme un poste d’écoute dans le but d’entendre et découvrir la musique d’artistes pour lesquels ils n’oseraient pas prendre le risque d’investir dans l’achat d’un album. D’un autre côté, de plus en plus de jeunes se servent de leur ordinateur comme équipement stéréo principal. Comme ils peuvent télécharger la musique gratuitement, plusieurs ne se donneront pas la peine d’acheter les disques. Je n’ai jamais vraiment compris ce débat parce que la plupart des pièces qui circulent sur Internet sont affublées d’un son qui n’a rien de compétitif face à celui d’un disque neuf. Mon opinion est que la nature simple et facile de télécharger gratuitement la musique incite les jeunes à le faire pour remplacer leur stéréo par l’ordinateur.

Votre plus récente parution est un hommage à Wire. êtes-vous de grands fans de Wire ?

J’aime à peu près la moitié des albums de Wire et ils sont de loin le groupe préféré de Marc. Il y a de cela à peu près sept ou huit ans, nous avons constaté que plusieurs groupes jouaient la pièce Outdoor Miner. C’est probablement une des meilleures pièces qu’ils aient composé et sans aucun doute la plus pop. Il y a quelques années, nous avons eu l’idée de faire paraître un album hommage à cette seule et unique pièce et la réponse surpassa toute attente. Plusieurs de nos artistes favoris ont participé à cet album soulignant le vingt-cinquième anniversaire du groupe, notamment Adam Franklin de Swervedriver et Mark Bandola du prodigieux groupe des années quatre-vingts The Lucy Show. Ce projet nous a apporté beaucoup. Nous avons décidé de le baptiser A Houseguest’s Wish : Translations of Wire’s Outdoor Miner.

Est-ce que ce fut difficile pour vous de réunir toutes ces formations et d’obtenir l’approbation du défunt groupe Lush ?

Je n’ai aucune idée de ce que Miki fait présentement. Tu vois, nous avons eu à passer par Beggars Banquet et 4AD pour obtenir la licence de la pièce de Lush enregistrée en 1991. Beggars Banquet et Domino Recording Company (où nous nous sommes procurés la licence pour la pièce de Flying Saucer Attack enregistrée en 1995) ont été très cordiaux et professionnels et ce fut agréable d’avoir affaire à eux.

Planifiez-vous un jour de réitérer l’expérience pour un autre groupe ?

En général, je n’aime pas beaucoup les compilations. Trop souvent la somme des parties n’est pas aussi intéressante que les pièces individuelles et la qualité du son varie d’une contribution à l’autre. J’ai beaucoup aimé concevoir la compilation et ce fut tout un défi d’entreprendre la construction d’un album aussi diversifié où la cohérence entre les pièces les soudent l’une à l’autre (dix-neuf artistes en provenance de cinq pays partagent leurs interprétations du même matériel source). A Hougeguest’s Wish teste donc à la fois l’habileté d’interprétation des artistes à créer une version unique de la pièce, la versatilité du travail original et sa capacité de métamorphose. À la fin nous avons classé les pièces du folk au blues, du post-rock au dream-pop pour terminer par le punk. Chaque pièce est fascinante, l’album se complète bien et forme une pièce d’art unique et complète. Si nous trouvons une pièce qui peut servir de base à un tel projet je suis prêt à le refaire.

Quelle fut votre plus grande déception ?

Hmmm…Je ne suis pas sûr exactement si une grande déception me vient à l’esprit… Je crois qu’une des plus grandes surprises pour Words on Music fut de constater la popularité des albums en dehors des États-Unis. J’estime que nous vendons au moins la moitié de nos disques outre-mer. Et nous avons une clientèle très fidèle au sein de pays tels que l’Allemagne, la Grèce, l’Italie et Taiwan.

Si vous aviez l’opportunité de dire quelque chose à George W. Bush, que lui diriez-vous ?

Je prierais le Président Bush d’utiliser son influence afin de réduire la dépendance des États-Unis au pétrole, de faire pression et d’investir dans d’autres sources d’énergie dans son propre pays et d’adopter une politique qui dépend moins des pays étrangers.

Qu’adviendra-t-il de Words on Music en 2005 ?

Au printemps de la prochaine année, nous allons rééditer l’album December de For Against paru à l’origine en 1988 et qui n’est plus disponible depuis plus d’une décennie. L’été suivant, un quatrième album de Motion Picture verra le jour. Nous ferons également paraître un ou deux albums au courant de l’année 2005.

P.-S.

Propriétaire : Eric Ostermeier, avec Marc Ostermeier
Âge des propriétaires : Eric (34), Marc (37)
Début de la compagnie : 1998
Site Web : www.words-on-music.com

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