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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Jamais assez de vitamines !

Vitaminsforyou

jeudi 3 mars 2005, par Christina Bounhom

Originaire de Winnipeg, mais résident actuel de Toronto, Vitaminsforyou travaille la scène électronique canadienne depuis quelques années. L’artiste a fait paraître quelques pièces sur différentes compilations et a offert aux mélomanes tout un bijou musical en 2003 avec son premier disque I’m sorry forever and for always. Accompagné de quelques amis musiciens, Vitaminsforyou conviait récemment son public montréalais à une prestation de son dernier EP, joyeusement intitulé Désolé Monsieur Soleil c’est la neige qui va me libérer. Bryce Kushnier, de son vrai nom, a répondu aux questions d’Emoragei.

Votre musique est complexe et constituée de plusieurs textures sonores qui forment un tout harmonieux. Il s’agit d’une œuvre autant cérébrale qu’émotionnelle. Ces deux aspects de votre création vous viennent-ils naturellement ?

Merci. Et, oui, tout à fait. Je pense qu’il est important de puiser autant dans l’intellect que l’émotion quand on crée de la musique. Si on néglige un de ces deux aspects lors de l’écriture, on risque d’être froid et ennuyant ou alors quétaine et ennuyant. Dans ma musique, tout est important et intentionnel. Parfois, l’intention voit le jour dans l’improvisation ou dans l’erreur, mais en bout de ligne, c’est volontaire. De la même façon, tout est émotionnel : j’inclus rarement dans ma musique quelque chose qui ne me touche pas… si le résultat est insatisfaisant sur le plan émotif ou intellectuel, j’interromps mon travail jusqu’à ce que je trouve une solution…

Vous avez déjà affirmé dans une entrevue que l’origine du pseudonyme Vitaminsforyou est une longue histoire ennuyeuse. Nous voulons tout de même essayer de vous poser la même question. Quelle est cette fameuse histoire derrière ce surnom ?

C’est en quelque sorte un secret. Cependant, je peux vous confier que j’ai commencé à utiliser ce pseudonyme il y a six ou sept ans, lorsque des amis m’ont offert de faire partie d’un concert auquel ils participaient. Je n’avais pas pensé à un nom pour le projet, alors celui de Vitaminsforyou semblait parfait pour l’occasion. D’ailleurs, c’est un hommage à la ville où je suis né, Winnipeg.

Vous avez donc vécu à Winnipeg durant une bonne partie de votre vie. Cet environnement a-t-il influencé votre musique et votre créativité ? De quelle façon ?

Selon moi, il est faux de prétendre que notre milieu ne nous influence pas au niveau artistique. Mon environnement fait partie intégrante de ma création. Ainsi, ma musique pourrait, entre autres exemples, être le fruit d’une réflexion sur mon milieu ou bien d’une réaction à ce milieu que je voudrais quitter. Je crois que les références à mon environnement sont assez évidentes dans ma musique et je suis persuadé que le fait de me retrouver ailleurs se refléterait dans mes créations. De façon littérale, bon nombre de ressources que j’utilise pour composer, surtout des enregistrements sur le terrain, proviennent d’endroits et de gens que je connais. Cela étant dit, je crois que des villes et des environnements différents mèneront à des types de créativité différents. Je pense aussi que la tension qui existe entre ce que je veux créer et ce que je suis capable de créer fait partie du processus de composition.

En concert, vous êtes habituellement seul sur scène avec vos appareils. À Montréal, vous avez aussi joué avec un groupe composé de vos amis. Qu’aimez-vous du fait de jouer avec d’autres personnes ?

Je joue encore en solo, mais j’aime être accompagné du groupe chaque fois que l’occasion se présente. Ça rend le concert beaucoup plus intéressant, non seulement pour moi, mais aussi pour le public. Aussi, ça me permet de devenir polyvalent dans l’interprétation des chansons et de faire de nouvelles expériences. En fait, pour moi, l’important est d’avoir du plaisir : si j’avais la possibilité de jouer sur scène accompagné de tous mes amis, je n’hésiterais pas un seul instant. D’ailleurs, lors de mon prochain concert, j’essaierai de jouer avec encore plus d’amis et peut-être même de faire participer le public. Le fait d’être seul sur scène et d’y interpréter ses chansons est quelque chose de vraiment unique et excitant et je ne changerais pour rien au monde certaines de ces expériences, mais j’aime beaucoup jouer avec mes amis.

Qu’est-ce qui vous a poussé à jouer de la musique, et comment avez-vous été initié par l’électronique ?

Je crois avoir toujours éprouvé le désir de jouer de la musique. Je ne me rappelle même pas de la première fois que j’ai commencé à en jouer. Mes parents écoutaient énormément de musique dans la voiture et à la maison. Ainsi, je faisais souvent tourner leurs vinyles et leur collection de « 8-track ». À l’époque, en compagnie d’un voisin dont le père enseignait la musique, nous composions et enregistrions continuellement nos pièces. Si je n’étais pas chez lui, mes frères et moi expérimentions avec l’enregistreuse ou la caméra. Dès cette période, j’ai commencé à m’enseigner à jouer ce que j’avais envie d’enregistrer. Mon intérêt pour la musique électronique s’est développé un peu grâce à ces expérimentations. Mon ami Curtis m’avait initié à une panoplie de styles de musique que je n’avais jamais entendus auparavant et nous partagions un intérêt commun pour la musique basée sur l’échantillonnage ainsi que l’électronique en général. J’avais été membre de plusieurs formations, mais j’en suis arrivé rapidement à la conclusion que mon ordinateur me permettait de créer ce que je voulais sans compromis, et ce, lorsque j’en éprouvais l’envie. J’ai également été très passionné par les synthétiseurs pendant un certain temps, mais bon, ça c’est une autre histoire...

Quelle importance accordez-vous à la projection d’effets visuels lors de vos concerts ?

Ce n’est pas d’une grande importance, mais je pense que ça contribue au « spectacle ». J’aimerais bien incorporer un véritable montage visuel à ma musique ,et d’ailleurs, j’ai travaillé avec des artistes dans le but de créer des vidéos pour certains de mes concerts. C’est quelque chose que j’aimerais explorer davantage.

Vous avez participé deux fois au festival Mutek et vous serez de la première édition du Under The Snow. Que retirez-vous du fait de jouer avec vos pairs ? Rencontrez-vous des gens que vous admirez ?

Bien sûr. J’ai eu la chance de jouer avec beaucoup de gens dont j’adore la musique. D’ailleurs, l’occasion d’assister gratuitement à des concerts est probablement le plus grand avantage au fait de participer à un festival. Mais comme je suis du genre à être intimidé par bien des artistes, il est rare que je leur parle après les concerts, à moins qu’ils ne m’abordent eux-mêmes. Ce qui demeure excitant, c’est de voir la façon dont certains des mes artistes préférés abordent le fait de donner un concert. C’est aussi vraiment intéressant de jouer avec des gens qui partagent les mêmes goûts musicaux que moi. Au fil des ans, je me suis fait de très bons amis partout au Canada et dans le monde entier…

Quels sont les projets de Vitaminsforyou pour 2005 ?

Un nouvel album ! Aussi, quelques concerts… J’écris également de la musique pour le mariage d’un ami et pour un court métrage et je travaille sur quelques « remixes » ainsi que sur un autre mini-album. Disons que j’essaie de me maintenir à flot...

À quoi peuvent s’attendre vos auditeurs pour votre prochain album ? Et comment compareriez-vous votre tout premier CD à votre dernier EP ?

Il y a définitivement une évolution entre ma première parution et celle sur laquelle je travaille présentement. J’ai eu maintes occasions de faire des concerts depuis la sortie de I’m sorry forever and for always, ce qui m’a permis d’adapter mes nouvelles pièces aux réactions du public au cours des dernières années. En général, le produit final sera plus structuré et plus ambitieux. D’ailleurs, mon dernier EP offre une bonne idée de la direction que je devrais prendre sur le prochain album. Du moins... pour la première pièce. Deux des autres pièces s’avèrent être des « remixes » faits par des bons amis, Venetian Stares et Blunderspublik. Une est « live » et l’autre est une reprise d’Arcade Fire.

P.-S.

EN SPECTACLE : Jeudi, 3 mars 2005 Sala Rossa

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