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Le Rêve Américain

The Merkin Dream

dimanche 3 octobre 2004, par François Legault

Enregistré en 2001 entre San Francisco et Brooklyn, le premier album de Merkin Dream est un bijou passé inaperçu. À la fois électronique et rock, ce dernier surprenait par la richesse de ses ambiances et textures. Trois ans plus tard, le duo maintenant trio s’apprête à faire paraître un EP sur son propre label et est résolument décidé à sortir de l’ombre. Entretien avec Brian Volk-Zimmerman.

Où et quand avez-vous formé Merkin Dream ? Qui a choisi ce nom et pourquoi ?

Kaiwei et moi avons formé le groupe en 2000 alors que nous habitions San Francisco. C’était juste après que nous ayons tous deux gradué de l’école de design de Rhodes Island. On jouait de la musique ensemble depuis un bout de temps à cette époque, on s’enregistrait surtout avec un quatre pistes, on s’amusait, rien de bien sérieux. Après avoir déménagé, nous composions de plus en plus de musique, nous avions un meilleur équipement et commencions à nous rendre compte que ça sonnait plutôt bien. Nous avons donc fini quelques pièces et enregistré un démo qu’on a éventuellement envoyé à quelques étiquettes de disques. Juste avant de terminer le démo, nous avons réalisé qu’il nous faudrait un nom et nous avions de la difficulté à en trouver un. Nous passions des heures à s’asseoir et fouiner dans le dictionnaire et un peu partout en essayant de trouver des mots intéressants. On a d’abord pensé à Merkin, le nom de famille d’un de nos professeurs favoris à l’école de design, Richard Merkin. C’est un grand peintre qui illustre le New Yorker de temps à autres et il figure sur la pochette de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Après avoir signé un contrat avec Shadow Records, on s’est fait dire qu’il y avait eu un groupe nommé Merkin dans les années 70 : nous avons donc changé de nom pour Merkin Dream, un jeu de mots avec american dream.

Quel est le nom de ton autre groupe ? Existe-t-il encore ? Qu’advient-il de ce groupe rock ?

Depuis la formation de Merkin Dream nous avons été impliqués dans plusieurs projets, composé plusieurs types de musique, mais je crois que le groupe dont tu parles est The Touchy Subjects. Nous avons formé ce groupe il y a deux ans environ, peu après que notre loft à Brooklyn soit cambriolé. Malheureusement, le voleur a pris beaucoup de notre équipement électronique, nous laissant seulement nos guitares, nos amplis et la batterie. Nous voulions vraiment jouer en concert à ce moment, nous avons donc formé The Touchy Subjects. C’est quand nous commencions à jouer avec Alejandro. Nous étions trois : une batterie et deux guitares et nous jouions du indie-rock surtout basé sur les guitares un peu comme du vieux Unwound ou Sonic Youth. Nous éprouvions beaucoup de plaisir à jouer un peu partout dans New York et c’était bien de voir nos amis dans la foule. Nous avons, par contre, décidé d’y mettre un terme quand nous avons commencé à travailler sur du matériel pour The Merkin Dream. Nous n’écartons toutefois pas la possibilité de se réunir pour quelques spectacles encore.


« Probablement que le meilleur sentiment qu’un musicien peut vivre se vit sur scène devant des gens qui aiment ce qu’il fait. »


Comment en êtes vous arrivés à signer avec Shadow Records pour votre premier album ?

Après avoir terminé notre démo, nous l’avons envoyé à plusieurs étiquettes de disques qui font paraître de la musique similaire à la nôtre. Shadow aimait ce qu’on faisait et comme nous déménagions vers Brooklyn, ça nous a semblé une bonne idée. Kaiwei et moi avons passé plusieurs semaines à conduire de San Francisco au New Jersey où mes parents possèdent une ferme et nous avons eu plusieurs idées pour l’album durant ce voyage. Nous avons même enregistré les premières versions des pièces de l’album dans une grange près de la ferme.

Qu’utilisez-vous pour créer votre musique, un ordinateur ou des instruments ?

Nous n’avons pas de formule que nous utilisons à chaque fois, donc le procédé varie d’une pièce à l’autre. On utilise n’importe quoi qui nous donne le son qu’on veut. Le premier album était surtout basé sur des boucles, donc nous utilisions beaucoup de séquences et d’échantillonnages, mais pour notre nouveau EP, Cottage, nous nous sommes servis de nos instruments pour ensuite mixer le disque à l’aide d’un ordinateur. Nous aimons nous servir de nos instruments comme source. Souvent nous enregistrons une piste pour ensuite l’échantillonner ou même la modifier électroniquement. Nous utilisons n’importe quoi, vraiment, il s’agit seulement de trouver le bon son et la bonne ambiance pour chaque chanson.

Est-ce que Merkin Dream se donne en spectacle ?

C’est probablement la question qu’on se fait le plus poser par tout le monde… Les gens qu’on connaît et ceux qu’on ne connaît pas. Tout ce que je peux dire c’est que c’est pour bientôt. Nous sommes très excités à l’idée de se livrer en concert à nouveau et planifions quelques spectacles pour présenter notre nouveau matériel. Jouer en spectacle est quelque chose que nous aimons tous faire… Probablement que le meilleur sentiment qu’un musicien peut vivre se vit sur scène devant des gens qui aiment ce qu’il fait.

Qu’ont en commun le premier album et le nouveau EP et qu’est-ce qui les différencie ?

Beaucoup de temps s’est écoulé entre les deux disques donc, naturellement, les choses doivent changer. Je crois que l’ambiance du EP est très similaire à celle de l’album. Ils partagent les mêmes textures, les mêmes modèles de mélodies et plusieurs sons sont similaires. Je dirais que la majeure différence se trouve dans le rôle des voix. Sur le premier album, les voix étaient éparpillées, peu présentes et souvent enterrées dans le mixage. Sur le nouveau disque, les voix sont au premier plan pour chacune des pièces. Donner une si grande importance aux voix propulse la musique dans une toute autre direction. Là où sur le premier disque les instruments s’enchevêtraient pour dominer la mélodie, leur rôle est maintenant d’accompagner les chants. Nous avons aussi changé d’approche face à la musique en se fiant plus à nos instruments. L’ambiance de chaque pièce est un peu différente, nous avons prêté une attention particulière à trouver le son idéal pour rendre chacune unique.

Vous avez créé votre propre étiquette pour ce disque, pourquoi ? Quel est le nom du label ? Est-ce que vous planifiez sortir plusieurs disques sur l’étiquette ? Shadow n’était pas intéressée à votre nouveau matériel ou vous ne vouliez plus avoir affaire à eux ?

L’été dernier, Kaiwei et moi avons lu le même livre traitant de plusieurs artistes indépendants qui oeuvraient vers la fin des années 80. Ils ont tout fait par eux-mêmes sans l’aide de l’industrie. Ils dormaient sur les divans des gens durant leurs tournées, faisaient la promotion de leurs disques presque exclusivement par le bouche à oreille et jouaient à peu près n’importe où et n’importe quand. Ces groupes ont vraiment changé la scène à l’époque et la façon de percevoir et promouvoir la musique. Ils contrôlaient leur propre destinée. Je crois que nous étions tous deux inspirés à tenter l’expérience par nous-mêmes. Maintenant qu’il y a Internet, où les nouvelles se répandent si vite, ça nous semble le bon moment de le faire. Nous avons donné naissance à Banana Apple Records un peu avant la nouvelle année et nous préparons la sortie de notre nouveau EP. Nous commençons petit mais nous aimerions définitivement faire paraître le plus de nouvelle musique intéressante possible.

Malheureusement, Merkin Dream n’est pas très connu au Canada. Comment êtes-vous perçus en Europe ? Est-ce que vous pensez que le nouveau disque sera mieux publicisé ?

Nous avons eu quelques commentaires de fans européens mais aucun de presses ou revues que nous connaissions. Nous faisions partie d’une compilation française intitulée Kapital NYC. Il y avait plusieurs bons groupes sur le disque avec nous, Fischerspooner, Adult, Playground, To Rococo Rot… Je ne sais pas si le disque s’est bien vendu, par contre. Le premier album n’a pas été promu du tout outre-mer et il a un peu passé sous les radars ici, mais nous avons eu de très bon commentaires de gens qui nous ont écrit. Maintenant que nous sommes impliqués dans le procédé, nous allons tenter de tout mettre en œuvre pour mieux promouvoir ce disque que le dernier afin d’atteindre une plus grande audience.

Pour quels groupes aimeriez-vous jouer comme première partie ?

C’est une question très difficile parce qu’il y a tellement de groupes qu’on aime. Nous aimons beaucoup Blonde Redhead, Belle & Sebastian, Tv on the Radio, The Shins et bien sûr nous aimerions ouvrir pour les Rolling Stones ! Enon et Animal Collective sont mes favoris en ce moment. Ça serait sensationnel de jouer avec n’importe lequel de ces groupes.

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