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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Parlons un peu

The (International) Noise Conspiracy

dimanche 9 janvier 2005, par Alexis Charlebois-Laurin

T(I)NC est le genre de groupe qui fait beaucoup réagir et qui est parmi les plus politisés de la scène punk rock. Je ne voulais donc pas manquer l’occasion de faire une entrevue avec eux lors de leur passage à Montréal cet été. C’est donc avec leur guitariste Lars Strömberg que j’ai pu m’entretenir pendant près de 30 minutes, bien au sec dans leur autobus, par une merdique journée pluvieuse.

Joues-tu dans le groupe depuis le début ?

Oui. Moi et Dennis avons parlé un peu de ce groupe il y a probablement sept ans environ quand il jouait encore dans Refused. Je jouais dans un autre groupe, j’allais à l’école et nous savions que nous voulions faire un groupe qui allait être... Parce que tu sais nous jouions du punk rock très agressif et du hardcore depuis longtemps et nous voulions faire quelque chose de différent juste pour nous donner un peu plus de défi musicalement. Nous écoutions beaucoup de musique « soul » et de rock et nous voulions quelque chose de plus doux, pas aussi fort, des plus petits amplis. Quelque chose qui ne dépend pas juste de la distorsion, mais qui dépend des chansons. Alors nous avons parlé de ça pendant longtemps et finalement Refused s’est séparé. Dennis a été vraiment « tanné » de la musique pendant une semaine. Il n’était juste plus capable.

Est-ce que c’est la raison pour laquelle Refused s’est séparé ?

Oui. Ils ne pouvaient juste plus jouer de la musique ensemble. Ça a juste explosé et ils ont dû se séparer. Mais oui, il (Dennis) a été désillusionné de la musique pendant environ une semaine et nous avons commencé à pratiquer avec ce groupe. Nous appelions tout le monde pour lui demander s’il voulait partir ce groupe avec nous et tout le monde a dit oui. Nous avons pratiqué tous les jours pendant un mois et avons commencé à jouer des spectacles. Et ensuite nous sommes allés en tournée en Chine.

Oui bien c’était une de mes questions. Vous êtes allés en tournée en Chine et c’était illégal à l’époque. Est-ce que ça le serait encore aujourd’hui ?

Probablement. Parce que je sais que même des gros groupes ne vont pas aller là pour faire un « show ». Comme Britney Spears voulait aller là-bas pour jouer un concert à Beijing, sa prestation a été censurée. Elle a dû enlever la sexualité, elle ne pouvait pas aller là et faire ce genre de chose. Les gens doivent presque être invités par les autorités gouvernmentales chinoises pour aller jouer. Alors, ce que nous avons fait, c’est que nous connaissions des gens qui vivaient à Hong Kong à l’époque, des Suédois. Et ils ont vu notre premier « show » en Suède et ils ont dit qu’ils voulaient sortir un album à Hong Kong et nous avons dit en blaguant : « Nous allons faire ça si vous nous "booker" une tournée en Chine » Puis, ils se sont regardés et ont dit : « OK, nous allons le faire »

Vous avez juste traversé la frontière sans vos instruments et vous en avez emprunté là-bas ?

Nous avions une guitare chacun et une valise. Nous avons caché nos albums et nos affaires dans le fond de la valise juste pour essayer de ne pas avoir l’air trop suspects quand nous avons traversé la frontière. Parce qu’ils n’auraient définitivement pas aimé notre matériel et nos pochettes. En fait, si tu veux amener des choses en Chine, tu dois être autorisé et avoir plein de papiers qui disent : O.K. c’est « cool ».

Est-ce qu’il y avait beaucoup de gens ou c’était seulement pour le thrill d’aller en Chine en tant que groupe de rock’n’roll ?

La chose est que nous sommes allés là et nous savions que personne n’allait nous connaître en Chine. Parce que nous ne sommes pas distribués, il n’y a aucun moyen que quelqu’un entende notre album, excepté peut-être le promoteur local. Alors nous sommes allés là parce que nous voulions placer la barre très haute pour la première chose que nous allions faire avec ce groupe. Nous voulions juste être comme : « "Fuck, O.K." nous allons aller faire une tournée en Chine. Ça va être notre première affaire, là où nous allons mettre le défi ».

Vous avez placé la barre très haute pour une première tournée.

Oui. Je veux dire, tu essais. Parce que c’est tellement facile de tourner en Europe et en Amérique. Le monde occidental est tellement conforme à une seule façon de faire les choses. Alors « fuck », nous avons fait quelque chose qui allait être différent. Les « shows » étaient incroyables dans le sens où nous avons pris toutes les foules par surprise. Parce que personne ne savait à quoi s’attendre, tu sais. Et nous étions surpris tous les jours parce que nous n’avions aucune idée d’où nous allions jouer, s’il allait y avoir de l’équipement. Nous n’avions aucune idée. Nous avons joué dans une boîte de nuit très sale et illégale à Shanghai avec un vieux « drum kit » avec de la boue et de la poussière dedans et nous devions brancher nos guitares directement dans la console de mixage principale. Des trucs comme ça tout le temps. Mais le lendemain, nous avons joué dans la boîte de nuit la plus dispendieuse à Shanghai. Il y avait donc des différences bizarres entre les endroits où nous avons joué. Nous avons joué dans des musées, la cafétéria d’une école durant le dîner à une université d’Hong Kong. Alors de tout. Partout où nous pouvions jouer, nous jouions.

Parle-moi de votre nouvel album. Vous avez travaillé avec Rick Rubin. Es-tu un fan de certains artistes avec lesquels il a travaillé auparavant ?

Un grand fan. Un de mes albums préférés de tous les temps est Reign In Blood de Slayer. Mais j’aime LL Cool J et Public Enemy et tous ces trucs. J’aime Johnny Cash. Tu ne peux pas nier à quel point c’est un bon producteur. Même les choses que je n’aime pas vraiment comme Red Hot Chili Peppers. Je n’aime pas vraiment System Of A Down, mais la façon dont ça sonne, ça sonne bien. Il fait sonner les groupes aussi bien qu’ils le peuvent. Si tu n’aimes pas ça, c’est une question de goût, mais ça sonne toujours très puissant et bien.

Vous ne vous sentiez pas comme un petit groupe qui travaille avec un gros nom ? Vous n’êtes pas un petit groupe, mais vous n’êtes pas System Of A Down.

Ce qui est « cool » c’est que Rick nous a en fait approché. Il est venu nous voir jouer il y a environ deux ans à Los Angeles. Ah ! Non, en fait il nous a vu la première fois que nous avons tourné il y à quatre ans environ et on nous a présentés à lui, mais rien n’en est ressorti. J’imagine qu’il avait peut-être comme plan de nous laisser maturer pour quelques années. Et il y a quelques années, il a rencontré Dennis et lui a dit : « Est-ce qu’il serait possible que je travaille avec vous ? Quels sont vos plans et si je pouvais en faire partie ça serait "cool." » Alors évidemment nous avons répondu : « Est-ce qu’il y a quelque chose que NOUS pouvons faire pour travailler avec TOI ? ». Alors nous avons juste dit oui et avons commencé à négocier pour être sur American Recordings et tous ces trucs. Parce qu’il voulait vraiment que nous soyons sur son étiquette. Ce qui est encore plus flatteur parce qu’il a un « rooster » très solide. Alors c’était une bonne expérience.

Je n’ai pas vu le nouvel album parce qu’il n’est pas encore sorti, mais comme dans A New Morning Changing Weather et Bigger Cages, Longer Chains, vous listez quelques livres. Est-ce très important pour vous qu’après que les gens aient fini d’écouter votre album, ils aillent lire les livres ou ce n’est pas vraiment une préoccupation pour vous ?

C’est très important, mais je pense que ce qui est encore plus important, c’est que nous donnions cette opportunité aux gens. Je ne te dis pas qu’ils doivent regarder toutes les paroles que nous avons écrites ou regarder tous les livres que nous avons lus. Parce que ce n’est évidemment pas notre rôle de dire à quelqu’un quoi faire. Mais je pense que c’est juste de montrer aux gens où nous avons eu cette inspiration. Je pense que c’est juste de montrer aux gens qu’il y a tellement plus à propos d’un sujet que ce que tu peux inclure dans les paroles d’une chanson. Il y a tellement plus à propos d’un sujet que ce que tu peux inclure dans une pochette de CD. Alors si tu veux, voilà où nous avons trouvé ça et si tu veux y porter attention, c’est bien, et ensuite tu peux découvrir la multitude de façons différentes de trouver... Alors nous sentons que c’est important de toujours avoir quelque chose de plus que seulement la musique. Pas que la musique n’est pas puissante. Pas que la musique n’est pas assez, mais c’est « cool » de s’étendre au-dessus de ça. C’est pourquoi nous avons toujours une table avec des livres quand nous tournons. Nous avons pas mal toujours AK Press avec nous. Nous essayons d’avoir de l’information. Nous parlons de politique locale. Quand il y a une manifestation, nous allons en parler et essayer de la promouvoir sur scène. La musique et la politique ne sont pas séparées. La musique est une réflexion de qui nous sommes en tant que personne, alors c’est pourquoi ce sera toujours politique.

Avez-vous déjà été confrontés par des gens lorsque vous sortiez de scène ? Des gens qui vous disent que ce que vous avez dit est stupide ?

Oui. Tout le temps… tout le temps. Ce qui est bien tu sais. J’aime ça quand... tu sais, je déteste un peu ça quand on me donne une tape dans le dos et qu’on me dit : « Hey good show ! » J’aime ça quand les gens se fâchent après nous.

C’est mieux que les gens se fâchent et parlent de politique que de juste rien dire ?

Oui. C’est sûr. Parce que ça veut dire que les gens écoutent et se fâchent, et s’ils nous confrontent, c’est bien parce que ce genre de conflit, ce genre de discussion est la seule façon qu’une quelconque évolution puisse arriver. Les choses ne vont pas avancer tant qu’il n’y aura pas un choc entre les idées parce que tu as besoin de ça pour faire évoluer la façon dont tu vois les choses. Je suis toujours très content quand les gens sont excités à propos de ce dont nous parlons. J’aime ça quand les gens viennent nous voir pour nous remercier d’avoir parlé de quelque chose. C’est toujours très inspirant d’avoir ces commentaires. Mais comme je l’ai dit, n’importe quelle réaction est une bonne réaction à propos de notre groupe. Parce que nous voulons que les gens réagissent. Nous voulons que les gens sachent que nous disons quelque chose qui est plus que : « Cette prochaine chanson est sur notre dernier album. Allez acheter notre t-shirt ».

O.K., cette question est assez commune, mais je dois quand même la poser : Qu’est-ce que vous pensé du Warped Tour ? Où est la ligne entre « c’est bon pour promouvoir les groupes et la scène punk rock » et le cirque de la consommation ?

Je sais, je sais. Je veux dire : c’est fou. C’est une grosse tournée commanditée par des grosses sociétés. Tu sais, ça « suce » en quelque sorte. Aussi pour nous, je veux dire cette tournée n’a pas été si excellente pour promouvoir notre groupe, je pense. Ça ne veut évidemment pas dire grand chose parce que nous n’avons pas d’album de sorti. Mais je ne sais pas si beaucoup de gens nous regardent, je ne sais pas si notre message politique est très bien compris. Il l’est jusqu’à un certain point. Mais la chose la plus bizarre à propos du Warped Tour est le fait que... et je ne sais pas si c’est un commanditaire ou s’ils sont invités, mais le problème est qu’aux États-Unis les Marines sont là. Et ils font signer les gens. Ça fait juste contredire tout ce que le punk rock devrait prôner. C’est supposé être contre l’autorité, ça ne devrait pas être d’inviter les Marines, accepter les Marines pour de l’argent afin qu’ils puissent recruter des jeunes pour aller mourir au Moyen-Orient pour une guerre qui est complètement mal.

Tu dis que le punk rock est contre l’autorité. Vous êtes sur la compilation Rock Against Bush Volume 2. Alors Fat Mike a mis sur pied Punkvoter.com et d’autres personnes ont mis sur pied Conservativepunk.com. Qu’est-ce que tu penses de ça ?

C’est stupide. « Conservative punk », c’est une contradiction de termes. Le punk n’est pas conservateur, le punk est supposé être très progressiste, et évidemment, le conservatisme n’est pas progressiste. Tu ne peux pas vraiment être un punk et un supporteur de Bush en même temps dans mon livre à moi. Je pense que « consevative punk » est une contradiction. Je pense que c’est une grosse contradiction. Le punk est sorti... je veux dire : regarde juste tous ces mouvements punks dans les années 1980. Tu sais, les années Reagan. Il n’y avait pas moyen que tu sois punk et un supporteur de Reagan à cette époque, tu comprends ce que je veux dire. « Conservative punk » ça sonne juste stupide.

Tu n’es pas Américain et tu ne voteras pas, mais qu’est-ce que tu penses qu’il va arriver si Bush reste au pouvoir ?

Pfffffff...... (exaspéré) je veux dire, s’il est réélu, ça va lui donner une réponse à tout parce que ça va montrer que tout ce qu’il a fait dans les quatres dernières années est accepté en quelque sorte. C’est un signe que tout est accepté s’il est réélu. J’ai en fait très peur de ça. Je ne suis pas un grand fan de Kerry, je ne l’aime pas vraiment pour être franc. Mais tu sais, à ce point, parce qu’il n’y a vraiment aucune façon que le Green Party fasse élire un président. Alors la chose à faire, et la chose dont nous parlons sur scène quand nous sommes aux États- Unis, est s’il vous plaît, premièrement, débarrassez-vous de Bush et ensuite, débarrassez-vous de Kerry, et puis, débarrassez-vous de Nader, et ensuite, débarrassez-vous de Nader et finalement, débarrassez-vous de tous les bureaux politiques et imaginons quelque chose. Parce que le problème n’est pas... je veux dire un gros problème est Bush, un gros problème est Clinton, un gros problème est Reagan, mais le plus gros problème est que nous vivons dans un système qui va permettre à ces gens d’être présidents. Nous vivons dans une culture où une personne comme George W. Bush est autorisée à être le leader de la dernière super puissance sur Terre et c’est ce que tu dois ultimement combattre car c’est tout le système qui est en désordre. Il n’y a rien de mal avec un système, c’est juste un mauvais système. Nous avons besoin d’un autre système. Nous avons besoin de quelque chose qui va promouvoir les droits humains, promouvoir une vraie démocratie.

Penses-tu qu’il va vraiment y avoir un jour un mouvement populaire qui va changer l’ordre mondial ?

Hum... je pense que jusqu’à un certain point il y en a déjà eu. C’est juste que les forces conservatrices de l’ordre mondial sont très fortes. Mais je pense à la guerre civile espagnole à la fin des années 1930. Il y avait de grandes communes dans le nord-ouest de l’Espagne où il y avait parfois jusqu’à 500 000 ou 1 million de personnes qui travaillaient ensemble et qui partageaient ce qu’ils produisaient. Mais malheureusement, par la suite, ils ont été confrontés à Hitler, Mussolini et Franco réunis. Mais je pense qu’il y a, qu’il y a eu et qu’il y aura des actions. Ça va changer à petite échelle. Ça va changer leur propre communauté et espérons que ça va inspirer des gens et se répandre. Parce que présentement, nous avons les gens au Chiapas, au Mexique, qui continuent de tenir tête à leur gouvernement. Ils sont très oppressés et écrasés par leur gouvernement, mais ils restent forts et ils arrivent à faire entendre leur point de vue. Ce qui est incroyable.

Vous semblez être assez près de l’organisation Crimethinc. Nous voyons leur livre Days Of War, Nights Of Love dans un de vos clips et vous listez leurs livres dans vos albums. Êtes-vous d’une certaine façon impliqués avec ces personnes ?

Non. Nous ne faisons que supporter quelques-unes de leurs idées. Et nous supportons le partage des idées. Parce que lorsque que nous avons une table où nous vendons des livres, je ne vais pas être d’accord avec toutes les idées de ces livres. Mais encore, ce n’est pas mon choix parce que si nous devions avoir seulement des idées que je supporte totalement, ça serait très limité. Je pense que c’est important que les gens lisent de tout pour se faire leur propre idée. Parce que je pense que peu importe ce que tu lis, ce ne sera jamais une perte de temps de lire un livre. Parce que même si tu le détestes, tu vas quand même développer une certaine idée, tu vas quand même avancer avec ça. Alors, même si je ne suis pas d’accord avec toutes les idées que Crimethinc avance, je vais quand même continuer à les supporter en tant qu’organisation parce que je pense qu’ils sont très intéressants et ils font partie de la contre-culture ou peu importe comment tu veux appeler ça, et je pense que c’est bien qu’ils soient là.

Crois-tu que c’est vraiment possible de vivre selon "The Revolution Of Everyday Life" ? Vivre sans temps mort et ce genre de chose. Est-ce que c’est toujours possible de combattre la norme ?

Hum...ce n’est pas toujours possible. Ce ne l’est vraiment pas. Mais tu dois essayer. Une des choses dont nous parlons sur notre nouvel album est que nous nous battons tellement fort contre les gens qui suppriment en quelque sorte la passion de la vie. Mais nous sommes aussi très bon pour négliger la passion. Parce que nous sommes impliqués dans la lutte politique et ça devient très sévère, très ennuyant et très sérieux. Dans ma tête tu dois vivre comme tu veux vivre le plus que tu peux. Parce que tu ne peux pas vraiment être un socialiste dans une société capitaliste mais tu dois vivre comme tu veux vivre après que les changements que tu veux qui se produisent arrivent. Tu dois vire avant la révolution comme tu veux vivre après la révolution. Tu dois être aussi heureux et excité par la vie et passionné par tes idées et ta famille et tes amis.

Dernière question, mais c’est une grosse question. Je ne veux pas que tu te sentes attaqué. Vous avez une chanson appelée Black Mask. Qu’est-ce que tu penses du terrorisme ? Pas dans le sens du 11 septembre, mais dans le sens de terrorisme politique ?

Le terme « terrorisme » est comme un gros fourre-tout. Ça peut contenir tellement de choses. Et la chose aussi est que certaines organisations se font étiqueter comme organisations terroristes. Une organisation comme l’Animal Liberation Front fait beaucoup de bonnes choses, mais elle est étiquetée comme terroriste aux États- Unis. Je ne sais pas s’ils sont nommés comme ça au Canada aussi. Mais la chose est aussi que je ne suis évidemment pas pour le fait de tuer des civils. La chose aussi est que... la seule chose avec le terrorisme à ce point est que tu dois comprendre pourquoi ces choses arrivent, pourquoi il y a des organisations comme ça. Ce que leurs buts sont en fait et contre quoi ils se battent. Parce que tu peux facilement expliquer pourquoi le 11 septembre est arrivé. Ce n’est pas dur. Toute cette histoire a été l’opportunité parfaite pour les États- Unis, pas les Américains en général, parce qu’ils n’ont pas vraiment été soumis à des idées qui diffèrent de ce que leur gouvernement veut qu’ils entendent. Mais c’était une bonne chance pour le gouvernement américain, le président et son cabinet de prendre du recul et de se dire : « Qu’est-ce que notre influence dans le monde est en train de faire ? » Mais au lieu de ça, ils sont juste partis en croisade contre un pays qui n’était même pas impliqué, tu sais. Juste pour montrer que : « Nous sommes très puissants et nous allons "kicker" le cul de tout le monde. » Et maintenant, ils vont construire la plus grande tour au monde sur le site de Ground Zero et tu sais... ils sont juste très cow-boys. C’est juste stupide. Alors tu dois essayer de comprendre pourquoi une chose comme ça peut même arriver. Tu dois comprendre pourquoi des Palestiniens se font exploser sur le territoire israélien. Tu dois comprendre toutes ces choses parce qu’il y a beaucoup de facteurs fondamentaux en-dessous pour regarder ce qui est arrivé. Mais pour ce qui est des organisations qui ont été étiquetées terroristes, je suis pour le Weathermen Undergound dans les années 1960 qui était incroyable. Parce que je pense qu’une organisation comme le Weathermen s’est fait entendre sans jamais blesser personne. Ils disaient : « Nous allons faire sauter ce building parce que vous avez fait ça et ça. Alors sortez vos gens de là. » Et ensuite, ils le faisaient sauter. Les dommages sur la propriété laissent une impression tellement forte. Alors je pense que ça, c’est très impressionnant et très admirable. Ils étaient très dédiés et je trouve ça fascinant que des gens veuillent faire ça. Qu’ils veuillent se vouer à vivre à l’extérieur de tout le monde. Comme, ils ne pouvaient même pas être vus. Je pense que c’est très fascinant.

Avant tu parlais des Palestinien - et ça va vraiment être la dernière chose parce que je ne veux pas prendre trop de ton temps - : Je ne sais pas si tu as entendu parler de Samuel Huntington et de son livre The Clash Of Civilisations ?

Yeah ! Yeah !

As-tu peur que nous ayons vraiment une grosse guerre entre les chrétiens et les musulmans ?

Je ne crois pas à ça du tout. Pas du tout. Je pense qu’il y a évidemment beaucoup d’influences religieuses dans le monde. Mais je pense que même maintenant... Je sais que John Kerry e cette grosse chose dans sa campagne où il parle de l’importance de la religion dans la campagne, l’importance de la religion dans la vie. Mais je pense que le monde est assez sécuritaire pour ne plus avoir de guerres religieuses. Parce qu’il n’y a pas vraiment de guerre religieuse de nos jours. Parce que tu sais, le terrorisme ne sera pas à cause de l’Islam et la guerre en Irak n’est pas à cause de la chrétienté.

Bien. Merci beaucoup !

Pas de problème.

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