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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Avant la tempête

CLOUD ROOM, THE

mardi 17 janvier 2006, par Jean-François Rioux

The Cloud Room est un jeune et nouveau groupe new-yorkais que l’on pourrait facilement décrire comme étant « the next big thing » ! Avec la sonorité d’un groupe des années 1980, le look d’un des années 2000 et des compositions modernes et accrocheuses, ce groupe a tout pour percer. La qualité d’enregistrement de leur premier album est impeccable et j’ai rarement entendu de disques de cette force sur la scène indépendante mis à part, sans doute, Arcade Fire ! J’ai échangé avec le leader de la formation, J.

Racontez-nous d’où vient et quand est né The Cloud Room ?

La première version du groupe se nommait en fait The Ozarks, formé en 2000. Notre formation actuelle joue ensemble depuis août 2004. Avant tout, j’étais dans un groupe appelé Salon Indienne à Santa Cruz, Californie. Notre son ressemblait à du krautrock bien américain. Le nom The Cloud Room vient de deux choses. Quand le Chrysler Building a ouvert ses portes à New York en 1930, le dernier étage était communément nommé « The Cloud Club ». Le monde se rencontrait là et s’engageait dans plusieurs activités illégales. Nous avons besoin de tels endroits de nos jours ! Le nom du groupe vient aussi de quand j’étais très jeune, j’étais dans un gros édifice et je me suis enfermé dans une pièce tapissée mur à mur de nuages et de ciel. J’ai un moment cru que j’étais au paradis et cela m’a vraiment foutu la trouille !

Croyez-vous qu’un album de cette force vous fera un nom fort et durable dans la scène ?

C’est notre premier album, nous espérons que les gens apprécieront la musique. Je souhaite que nos chansons se ramassent sur des cassettes de « mix » et que les filles et les gars qui s’intéressent s’échangent les enregistrements contenant un ou plusieurs de nos morceaux. Je ne dis pas que nous serions contre le fait de faire un saut chez un « label » majeur, mais j’aime la liberté et avoir le plein contrôle sur notre direction artistique, chose que je doute possible avec une grosse étiquette de disques, mis à part si on s’appelle Madonna ou les White Stripes !

Planifiez-vous une tournée, serait-ce possible malgré vos emplois de jour ?

Nous débutons notre tournée à Los Angeles le 23 juin, nous remonterons la Côte et nous irons vers Chicago et le milieu de l’Ouest, ensuite vers le Sud direction Virginie et nous remonterons vers Portland au Maine. Nous jouerons aussi quelques concerts à Londres et ailleurs en Angleterre. Le plus près que nous serons du Canada sera quand nous serons à Seattle et Albany. Nous espérons venir jouer au Canada rapidement car plusieurs de nos groupes de l’heure viennent de chez-vous ! Nous avons tous des emplois que nous mettrons de côté. En espérant que nos jobs seront toujours disponibles à notre retour. Cela me rappelle que j’étais à mon travail la semaine passée et, à la radio, ils ont joué Hey now now, mes compatriotes de travail sautaient partout tous excités ! J’étais embarrassé et j’ai remis mes écouteurs sur ma tête.

Avez-vous tourné un vidéoclip pour votre premier simple Hey now now ?

On vient juste de le terminer ! Il est bien. C’est un genre de mélange du clip de R.E.M. Everybody Hurts et de Michael Jackson Black or White. Le directeur est Alexander Kane.

Quand vous avez terminé pour la première fois les dernières notes de Hey now now, quelle a été votre réaction ?

Quand j’écrivais le refrain de la chanson, je me disais à moi-même : « Je ne peux pas faire cela, c’est trop simple ! » Je me suis répondu : « Pourquoi pas ? Essayons voir ». C’est un peu la technique d’écriture que j’ai utilisée dans les dernières années : la simplicité. Ma tendance habituelle était de me casser la tête, de trop penser et de trop m’inquiéter, je ne suivais pas assez mes instincts. Dorénavant, je laisse ça couler comme ça doit être et j’essaie de profiter plus des plaisirs de la vie. Je me doutais pas que Hey now now allait être un succès à la radio commerciale, j’en suis toujours pas certain. Quand nous avons joué le morceau pour la première fois (dans un loft de Greenpoint, Brooklyn), les gens sont venus nous voir et nous dire comment ils avaient apprécié le morceau. Lorsqu’un démo fut enregistré avec ce morceau, nous savions que nous trou¬verions une compagnie de disques assez facilement. C’était l’an passé durant l’ascension de Franz Ferdinand grâce à Take me out ainsi que celle de Modest Mouse grâce à Float on, nous avons ensuite cru possible que Hey now now ait un cheminement un peu semblable à la radio. Je ne sais pas si l’excitation que les autres ont eue (et moi-même) va refléter celle des radios et des gens qui entendront la chanson. Ce morceau porte sur la persévérance, c’est un thème très universel. Enfin, j’espère que ça marchera, je le souhaite. La pièce dont je suis le plus excité d’avoir écrite est We sleep in the ocean, c’est simplement sorti de ma tête une journée et j’ai pris du temps pour la jouer devant notre groupe car je me demandais si ce n’était pas un morceau que je connaissais qui existait déjà quelque part ! J’ai passé une semaine dans mon appartement à écouter tous mes disques jusqu’à ce que je sois entièrement sûr que je ne volais pas la composition de quelqu’un !

Est-ce que vous avez été grandement influencés par la scène des années 1980 ?

Notre plus grande influence commune est David Bowie, les Velvet Underground et le groupe allemand Can. Aujourd’hui, je remarque que j’aime les mélodies de Lou Reed, The Kinks, Beatles et j’aime la rythmique et les innovations d’artistes comme Can, Sly Stone, James Brown et Joy Division, alors pourquoi ne pas tout mélanger cela ? Nous voulions avoir des éléments égaux de la musique des quatre dernières décennies (quoique on a pas beaucoup d’éléments des années 1990) et faire sonner le tout actuel. Le monde nous associe au new wave car c’est ce qu’il aime le plus ces temps-ci et cela rappelle un peu le passé. De plus, c’est très fort chez les groupes de New York présentement. Mais c’est pas vraiment notre truc. Nous partions plus avec une idée qui se rapprochait des albums de Bowie Low et Heroes ainsi que les premiers albums de Roxy Music. Les groupes que j’écoute ces temps-ci sont Arcade Fire, Kings of Leon et Lou Reed Street Hassle.

Est-ce difficile de percer dans une scène locale comme celle de New York où vous évoluez présentement ?

Oui ! C’est définitivement plus difficile d’être accepté à New York avec tous les groupes qu’il y a. Les gens sont cyniques.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler avec le « label » indépendant Gigantic ?

Gigantic est un nouveau « label » indépendant à New York et il semble dédié à aider ses artistes. Nous ne pouvions pas dire non. Ils ont un studio superbe construit par Philip Glass (un de mes cousins !), un producteur maison génial (Chris Zane qui a fait Calla, Inouk, Les Savvy Fav) et une équipe compétente.

Que pouvons nous distinguer sur la couverture de votre premier album ?

La couverture est par l’artiste français Anais Lellouche. Elle a construit une boîte de miroir et on a pris une photo de son œuvre. On peut voir le flash dans le haut de l’image. Nous y avons ajouté un logo rouge que le groupe a choisi.

En concert, arrivez-vous à jouer tous les morceaux de l’album ?

Nous ne jouons jamais Devoured in peace parce que cette chanson contient trop de guitares acoustiques que nous n’utilisons pas en concert. Blue jean est une autre difficile à jouer en concert dû à sa complexité (deux guitares dans le refrain et je n’ai que deux mains !).

Dans le monde d’aujourd’hui, croyez-vous qu’il est plus difficile ou facile de se faire connaître sur la scène indépendante, de vivre de sa musique comme Bright Eyes, Death Cab For Cutie ou encore Arcade Fire qui a récemment vendu 100 000 disques ?

Nous adorons Arcade Fire Nous nous sommes presque rencontrés lors de notre lancement puisque le groupe était présent en avril. Mais je suis resté figé comme un enfant, les regardant avec des grands yeux, je regrette de ne pas leur avoir parlé ! « Oh well je ne regrette pas » (J raconte ces derniers mots dans son propre français). Pour répondre à la question, je crois que c’est plus facile maintenant pour la musique indépendante de percer. Franz Ferdinand, The Killers (pas vraiment indépendant, mais la sonorité par contre), etc n’auraient pas eu le succès qu’ils ont présentement autrefois. Les gens parlent de cette résurrection du rock que nous vivons et la comparent avec celle du grunge dans les années 1990. Je pense que The Strokes, même s’ils ne sont pas du tout aussi populaires que Nirvana, ont ouvert des portes à beaucoup de groupes et compagnies.

Qu’est-ce qui t’excite le plus dans cette belle aventure ?

Beaucoup de choses me font vibrer et surtout que du positif, mais ce que je préfère, c’est de recevoir autant de courrier par les amateurs !

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