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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Un gentleman épatant !

SNAILHOUSE

lundi 30 janvier 2012, par Vanessa Hauguel

Snailhouse, pour ceux qui ne le connaissent pas, est le projet solo de l’artiste canadien Mike Feuerstack, également guitariste de la formation Wooden Stars. Avec les contributions de Julie Doiron (Eric’s Trip) et réalisé par Jeremy Gara (Arcade Fire), son plus récent opus, Sentimental Gentleman, sorti en avril 2011, s’est bien mérité quelques mentions honorables dans les tops albums 2011. À travers cet album, et les précédents, Feuerstack réussi une fois de plus à nous entraîner dans ces sentiers où musique et mots se fondent et se confondent, toujours avec cette même poésie et ce lyrisme sans artifices. En novembre dernier, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Mike Feuerstack et d’échanger sur ses plus récents albums. J’ai tenté de jeter un coup d’œil à travers les fenêtres de sa maison et sur sa musique de printemps mélancolique.

Parlez nous du concept de l’album Monumental Moments.

Monumental Moments n’est pas vraiment un album… C’est plus un assortiment de B sides, de pièces qui sont sorties sur des compiles mixées avec quelques morceaux non-utilisés de Sentimental Gentleman et aussi de trucs fait à la maison.

D’où vient l’idée du titre Monumental Moments ?

C’est une idée un peu drôle, et ironique à la fois…Monumental Moments est un recueil de toutes les chansons que je n’ai pas utilisées sur les autres albums… Et je trouvais ça plutôt drôle d’exagérer leur importance avec ce titre (rires). En fait, ce n’est qu’à demi ironique puisque je suis vraiment fier de ces chansons (rires).

Et pour l’album Sentimental Gentleman ?

Je trouvais ce titre très marrant, mais aussi que ça sonnait bien. Il y a beaucoup d’humour dans ces chansons… Et au quotidien, j’aime faire rire et lancer des blagues. Pendant longtemps, durant ma carrière musicale, je mettais de l’humour dans mon travail, mais ce n’était pas toujours perçu par les autres, à cause des thèmes plus sérieux ou tristes…

Êtes-vous un peu cynique ?

Non, je ne vois pas ça comme ça… Peut-être que certaines personnes le pensent peut-être, mais moi j’ai simplement décidé de ne plus cacher cette partie de moi. Si je rigole dans ma vie de tous les jours, je me dis que ça devrait aussi se retrouver dans ma musique. Sentimental Gentleman est un album rigolo, oui, mais aussi très vrai. Je pense qu’énormément de choses intenses et poétiques peuvent souvent être à la fois sérieuses et comiques.

Comme cet album…

Oui, mais Sentimental Gentleman et Monumental Moments sont des titres très interconnectés de cette façon…

Quelles-ont été les circonstances de la production de MM ?

MM a un contexte musical un peu différent de son contenu émotif… Je ne voulais pas faire un album de band parce que je venais de faire une tournée pour Lies on the Prize. Et Lies était mon album précédent que j’avais enregistré avec Jérémy (réalisateur d’ Arcade Fire). Et bien que cet album sonne comme un album de band, il n’y avait principalement que Jérémy et moi faisant du over-dubbing avec plusieurs instruments. Quand j’ai fait la tournée, je me suis assemblé un groupe de connaissances de la Côte Est, plus précisément du Nouveau-Brunswick. Cette tournée avec ce groupe était très agréable alors j’ai décidé que pour mon nouvel album on le ferait ensemble. C’est toujours sous ma direction, mais ça sonne plus comme un album de band

Y a-t-il un thème ou une inspiration précise derrière l’album ?

Je crois que ça ce rapporte à ce que je disais plus tôt. Je pense que c’était très important pour moi d’inclure tous les aspects émotifs : joie, tristesse, le comique et le tragique… La vie n’est pas très complexe, mais elle a de nombreuses facettes et je veux que ma musique soit un reflet de ça…

C’est donc un travail d’introspection ?

Je pense que oui, mais je crois que ma musique a toujours été introspective alors je ne crois pas que c’est un truc auquel je réfléchis ou auquel je travaille. Je crois que ça vient naturellement. Cet album est par contre un peu différent car j’étais plus conscient de mes envies d’expression… J’ai simplifié le langage et j’ai simplifié la musique un peu pour être plus clair.

C’est important pour vous d’être clair aux autres ?

Oui et non… C’est important d’être clair dans la limite où je suis précis… Comme quand j’essaye d’exprimer quelque chose de spécifique. Je veux dire… N’importe quel sentiment qui vaut la peine d’être exprimé est typiquement complexe dans son partage. Alors ma façon de faire de la musique c’est d’essayer de prendre ces sentiments ou idées complexes et confus et de les transformer en musique pour qu’on puisse en comprendre l’essence.

C’est tout un défi !

(Rires) C’est important d’être clair, mais pas au point d’hyper simplifier le message… Il faut simplifier les moyens de véhiculer le message, mais pas le message lui-même.

Quels sont vos sentiments face à vos anciens albums ? Portez-vous un autre regard sur eux au fil des années qui passent ?

Je les regarde un peu comme un parent regarde ses enfants. Il n’en a pas de favori, ou s’il en a un, il n’a pas le droit de le dire (rires) ! Alors je suis fier de tous mes disques. Je les vois tous comme des reflets de différentes phases créatives.

Est-ce que vous voyez ça comme les traces d’une évolution ?

Je vois assurément une évolution, mais je ne crois pas nécessairement que parce que quelque chose évolue, qu’il s’améliore. Ça change… Peut-être qu’il y a quelque chose de plus clair maintenant, mais peut-être aussi que les choses qui n’étaient pas claires sur mes anciens albums et que je ne fais plus aujourd’hui étaient belles ainsi. Je les chéris tous, à leur façon…

Qu’est-ce qui a change avec le temps ?

Je ne sais pas trop… Peut-être que je suis plus habile pour adresser mon message aux autres, au lieu de simplement exprimer des idées et d’espérer que celles-ci rejoignent les gens. Je tente plus de connecter avec les autres aujourd’hui, je crois que c’est un changement. Je ne me sens pas plus fier de mes nouveaux albums que des anciens, même si je trouve ça vraiment dur d’écouter mon premier disque (rires) ! Je sais que des gens se retrouvent et apprécient celui-ci aussi et c’est important pour moi. Si quelqu’un m’approche et me demande une de mes chansons d’il y a 10 ans, je fais toujours de mon mieux. Du moment que je me rappelle encore comment faire (rires) ! Je vais tenter de jouer de mon mieux pour ces gens-là car je ne pense pas que mon travail d’aujourd’hui est plus important pour eux.

Vous semblez être un amoureux des mots, les mots sont-ils plus importants pour vous que la musique ?

Je crois qu’ils sont d’importance égale. Je suis d’avis que s’il doit y avoir des mots, ils devraient dirent quelque chose d’important. Quand on écoute de la musique, spécialement la musique pop, on entend les mots avant d’entendre le reste, on leur porte une attention. Du moins, en général, et malheureusement, il y a beaucoup de paroles qui sont sans intérêt et dépourvues de sens. Pour moi, c’est important que les mots justifient quelque chose, l’expression d’un sens. Les mots devraient être là pour appuyer l’intention d’une chanson.

Et que comptez-vous faire pour le prochain album ?

Je vais faire quelque chose de plus doux et introspectif, avec du matériel qui passe plus par les paroles, dans le but d’atteindre les gens. J’ai fais ce choix aussi en partie pour des contraintes techniques ; je fais beaucoup de tournées et j’aimerais faire un album qui représente bien que ce que je fais durant celles-ci. Quand je fais un album avec un band et qu’ensuite je fais des concerts solos, ça embrouille les gens… Je vais probablement enregistrer cet album à la maison et j’aurai sans doute quelques invités.

Comment est-ce de jouer à Montréal ?

Montréal est imprévisible, on ne sait jamais d’avance… Des fois les shows sont sold out et des fois il y a 10 personnes dans la salle. En tournée, on ne sait jamais non plus, mais Montréal est une ville bien particulière de cette façon. En plus, tout le monde dans le public fait partie d’un band (rires) ! C’est très particulier, c’est comme une communauté.

Vous vous sentez à la maison ici ?

Oui, je vis ici et je connais beaucoup de gens, mais pour être honnête, je me sens à la maison quand je joue sur scène, que ce soit ici ou à l’étranger.

Merci Mike

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