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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Quand le punk, le hardcore, le métal et le indie rock se rencontrent

Silverstein

dimanche 22 février 2004, par Alexis Charlebois-Laurin

Le premier album complet de Silverstein est sorti en mai 2003 sur Victory Records et a reçu un bon accueil du public. Souvent comparé a Grade, le groupe possède tout de même sa propre touche qui le démarque. Ce groupe est une autre preuve que la scène musicale indépendante canadienne est en plein essor et commence a obtenir de plus en plus de reconnaissance au niveau international. Entrevue avec Shane Told et Josh Bradford, respectivement chanteur et guitariste du quintette ontarien, juste avant leur performance devant une salle comble lors du spectacle de Rise Against au Rainbow à l’automne dernier.

Pouvez-vous me dire comment un auteur peut vous marquer assez pour que vous preniez son nom pour votre groupe ?

Shane : J’ai déjà raconté cette histoire plusieurs fois et vous savez probablement pourquoi nous avons appelé notre groupe comme ça. Ce n’est pas comme si j’avais toujours grandi en voulant avoir un groupe qui se nomme Silverstein. Ce n’était pas comme ça. C’est juste que le groupe était tout ensemble et ce livre est ressorti par hasard et nous avons pensé qu’il plaisait à tous les membres du groupe. Nous avions tous lu son livre et nous étions tous familiers avec celui-ci. Silverstein est un auteur important pour moi mais probablement pas le plus important. C’était juste un bon nom a donner à notre groupe.

Vous venez du sud de l’Ontario qui compte une scène assez importante. Pensez-vous que cela vous a aidé ?

Josh : Évidemment. Puisqu’il y a tellement de bons groupes qui viennent d’où nous venons et qui nous ont poussé à faire mieux parce que tu joues avec des bons groupes et tu veux jouer avec eux et ne pas être laissé à l’écart. Je pense que tout le monde s’encourage. Nous sommes tous des amis. On se pousse dans le cul.

Est-ce qu’il y a de plus gros groupes qui viennent de là qui vous ont déjà amené en tournée ?

Josh : Pas qui nous ont amené en tournée mais des groupes qui nous ont aidé comme Jersey et Grade.

Vous êtes un groupe relativement assez nouveau et vous vous retrouvez sur Victory mais vous avez tout de même une base en tant que groupe car vous avez fait des tournées et avez sorti deux EPs. Mais qu’est-ce que vous pensez des groupes qui se retrouvent sur des grosses étiquettes et qui finissent par disparaître parce qu’ils n’étaient pas prêts ?

Shane : Je crois que c’est définitivement plus facile pour les groupes de nos jours de se retrouver sur des grosses étiquettes et d’avoir beaucoup de succès sans avoir vraiment travaillé pour, sans avoir fait de tournée, sans avoir sorti de EP. Je crois que c’est beaucoup basé sur la technologie d’enregistrement. Parce qu’avec toute la technologie et l’équipement de pro aujourd’hui tu peux vraiment faire sonner ton groupe très très bien sans dépenser beaucoup d’argent sur l’enregistrement. Je crois qu’en deuxième lieu il y a l’internet. Beaucoup de groupes peuvent faire leur propre promotion et peuvent faire circuler leur nom et leur musique sans avoir à faire de tournée. Parce qu’avant c’était la seule façon de faire ça. Tu devais aller jouer partout et vendre ou donner tes démos. C’était la seule façon dont les gens pouvaient vraiment te connaître. Internet n’était pas aussi gros. Je crois que c’est pour ça. Je ne crois pas que se soit nécessairement une mauvaise chose. Les groupes qui se font signer sont de bons groupes.

On peut reconnaître plusieurs influences dans votre musique. Sans me donner une liste sans fin des groupes que vous avez écouté depuis les 10 dernières années, pouvez-vous me dire quels éléments de certains groupes vous avez voulu prendre pour les rassembler ensemble ?

Shane : Deux groupes qui m’ont fait vouloir partir ce groupe sont The Get Up Kids et Mineral. Parce qu’avant, je jouais dans un groupe de punk rock skate et j’aimais The Get Up Kids, j’aimais Mineral et je voulais partir un projet parallèle avec ce genre de groupes en tête.

Josh : C’est pas mal la même chose pour moi. C’est comme ça que c’est parti et éventuellement nous avons amené un son un peu plus heavy que ce que nous avions l’habitude de faire. C’est arrivé parce que des gens comme Shane et Neil, notre guitariste, se sont joints au groupe après sa formation et ils écoutaient toujours des choses plus agressives : j’ai commencé à aimer ce genre de musique à partir de ce moment. Je ne peux pas nommer des groupes spécifiquement parce que j’aime tellement de groupes. Nous avons commencé à écouter pas mal plus de métal et autres trucs du genre.

Shane : Neil et moi venons d’une ville différente de celle de Josh où il y avait une scène hardcore locale plus grosse : nous étions donc plus familiers avec ce genre de son. Nous avons introduit les autres gars dans les shows hardcore et nous avons commencé a développer un son un peu plus lourd. Plus de criage.

Quel est le meilleur aspect de jouer dans un groupe ? Est-ce que c’est le fait d’être constamment en tournée et de vivre quelque chose qui sort de l’ordinaire ou c’est plus une question de création artistique ?

Shane : Je crois que c’est un peu de tout.

Josh : C’est la chance d’une vie que nous avons. Nous pouvons voir le monde et aller partout en faisant ce que nous aimons. Tout cela ensemble, c’est très bien.

Shane : La musique, c’est notre vie. Si nous n’étions pas sur la route présentement nous serions tous impliqués dans la musique d’une certaine façon. Ça revient toujours à la musique mais toute l’expérience d’être dans un groupe est bien.

Josh : Si j’avais à travailler dans un bureau pour gagner ma vie et bien, je ferais ça toute la journée et le soir j’irais jouer de la musique avec mon groupe. La musique sera toujours là mais le fait que nous fassions cela dans notre vie et en tant que boulot est très cool.

Alors vous voulez vous rendre très loin avec ce groupe ?

Josh : Aussi loin que nous le pouvons. Quand ce ne sera plus amusant et que ça ne vaudra plus la peine pour nous individuellement et bien, je crois que nous allons arrêter.

Est-ce qu’il y a un message que vous voulez vraiment transmettre à travers votre groupe ?

Shane : Un message que j’aimerais transmettre est que des choses mauvaises arrivent à tout le monde et que tu dois passer à travers et passer par-dessus. Peu importe ce qu’il t’arrive, tu dois rester positif. C’est pas mal ce que j’essais de dire à travers mes chansons.

Pas mal la mentalité punk/hardcore assez répandue.

Shane : Oui mais c’est très important, tu sais. Il y a encore des gens qui se suicident. Il y a des gens qui sont incapables de supporter les choses qui leur arrivent mais, en fait, passer à travers ces choses va faire de toi une meilleure personne.

Comment c’était de faire le vidéo pour la chanson Giving Up ?

Josh : Faire un vidéo est pas mal plus de travail que de jouer un concert. Parce que tu dois faire la même chose encore et encore et encore pour avoir tous les angles différents avec la caméra. Ce n’est pas vraiment amusant. C’est plus de travail que d’autre chose. C’était une expérience d’apprentissage. Je crois que pour la prochaine fois nous allons plus savoir quoi faire et quoi ne pas faire.

Shane : Nous ne sommes pas des grands fans des vidéos. Ce n’est pas sorti comme nous l’aurions voulu et nous n’avons pas vraiment aimé la façon dont ça a été fait. Mais c’est notre premier vidéo et nous ne savions pas vraiment à quoi s’attendre. C’est simplement arrivé et je ne vois vraiment pas quoi dire d’autre à propos de ça.

Est-ce que vous savez si il a joué beaucoup à la télé ?

Shane : Je crois qu’il a plus joué sur MTV2 aux États-Unis. Je ne sais pas vraiment mais je crois qu’il a joué relativement beaucoup.

Quel a été la réponse a votre album ? Est-ce que les gens réagissent bien ? Est-ce mieux que ce à quoi vous vous attendiez ?

Shane : Je crois que oui. À toutes les semaines, quand nous voyons les chiffres, nous n’en revenons pas de voir combien de centaines de gens ont acheté notre album dans un magasin. C’est très cool quand nous voyons ça et c’est très cool quand nous conduisons douze heures en ligne, et parfois plus, et d’arriver en plein milieu de nulle part et qu’il y a plein de jeunes qui chantent les paroles. C’est incroyable de voir que notre petit groupe puisse faire cela. Il n’y a aucune chance que je connaisse autant de gens mais tous ces gens en connaissent un peu sur nous. C’est intéressant.

Qu’est-ce que vous pensez de la scène punk et hardcore de Montréal ?

Josh : Je l’aime. Tout le monde semble très sympathique et très très passionné par la musique. Pas mal plus que sur plusieurs autres scènes. Les gens s’amusent dans les shows.

Shane : Les gens semblent très excités. Quand un groupe vient ici, les gens vont se déplacer pour aller les voir et je ressens ce sentiment d’excitation.

Est-ce qu’il y a plus de gens dans les shows à Montréal que dans les autres grandes villes au Canada ?

Josh : Je ne crois pas qu’il y ait plus de gens mais la scène semble un peu plus forte. Les gens sont moins spécifiques et ils viennent supporter pas mal tout le monde.

Shane : Les gens semblent très ouverts d’esprit.

Josh : Nous avons joué quelques shows métal à Québec et ça a très bien été. On ne fittait pas vraiment mais tout le monde est resté et nous a regardé.

Shane : Je ne veux pas trop critiquer mais, dans les autres villes, il y a pas mal de places où les hardcore kids vont dans les shows hardcore et les punk rock kids vont dans les shows punk rock. C’est très séparé. Ça ne semble pas comme ça ici.

Parlons de Victory qui est un des plus gros label indépendant. Qu’est-ce qu’une étiquette comme ça vous apporte ?

Josh : Beaucoup, beaucoup de support. Beaucoup de distribution. En gros, c’est que tu as une vingtaine de personnes qui travaille pour faire exactement ce que toi tu faisais avant. Ça renforce beaucoup ton groupe ce support.

Shane : Yeah ! Victory fait tellement de promotion et a sorti tellement d’albums. L’équipe sait comment vendre et promouvoir un album. Nous n’avons pas à nous inquiéter de ça. Si tu prends un label qui commence, qui opère dans son sous-sol et qui en est seulement à son deuxième, troisième ou quatrième album, il n’a pas autant d’expérience pour le distribuer et amener les gens à l’acheter. Victory a fait ça encore et encore et sait comment faire le marketing. Sans oublier que si notre van se brise, Victory nous envoie de l’argent ou une van. L’étiquette nous a loué une van pendant une semaine pendant que la nôtre se faisait réparer. On nous offre beaucoup de support.

Est-ce que Silverstein serait encore un groupe si Victory ne vous avait pas signé ?

Josh : Je crois que oui. Nous jouerions définitivement encore. Je ne sais pas ce que nous ferions exactement. Nous aurions probablement cherché une autre entente parce que c’est ce que nous voulons faire. Quand nous avons parti le groupe, nous n’avons jamais pensé de faire ça à temps plein ou d’avoir un contrat de disque parce que tout ce que nous voulions c’était de jouer dans un groupe et maintenant nous pouvons faire ça tout le temps. C’est juste parfait. Ça ne pourrait être mieux.

P.-S.

Site du groupe : http://www.silversteinmusic.com/

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