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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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La face cachée

Panopticon Eyelids

vendredi 4 mars 2005, par Arnaud Cordier

Issu du mille-feuille montréalais devenu objet de toutes les convoitises et intérêts des derniers décideurs de « carrière », Panopticon Eyelids sera du rendez-vous de la première édition montréalaise du Festival Under The Snow en ce début mars. Si les sphères dévolues aux genres disons moins accessibles s’arrangent fort bien avec le relatif anonymat encouru, beaucoup de musiques demeurent en constante évolution et mouvement des coulisses où tout est permis… même de se perdre pour mieux se retrouver. On improvise quoi !

C’est quoi Panopticon Eyelids ?

Michel Meunier : À l’origine, on était quatre et parfois cinq, mais la base part de Sébastien Fournier et moi, ensuite Félix et Éric de Fly Pan Am se sont joints. De temps à autre, Julie vient nous rejoindre. Ce qui donne deux ou trois guitares avec une basse et une batterie pour le « line-up » complet. À partir de là, les consignes sont libres, on improvise beaucoup dans un cadre assez rock, psychédélique et « bruitiste » à ses heures. On ne s’impose rien et c’est ça qu’il faut garder en tête.

Est-ce que l’influence des deux Fly Pan Am se ressent sur les improvisation ?

Oui et non car si la rythmique de Félix, le côté métronome, se sent sur des passages plus élaborés, on ne prépare que très peu en répétition nos prestations.

Donc c’est de la pure improvisation de fois en fois ?

C’est jamais pareil : on a un côté répétitif qui peut durer trois ou quatre minutes, et puis d’autres voies s’ouvrent au fur et à mesure. Nos répétitions demandent pas mal d’énergie, si bien que souvent on est obligé de prendre des pauses, sinon les bras sont en bouillie (on ne joue d’ailleurs pas plus de trente minutes en « show »). Par contre, on choisi le genre d’improvisation que l’on aimerait faire, on se donne des repères si tu veux. Au départ, nous avons commencé dans une cuisine, mais maintenant il serait impossible de le faire en dehors du local de répétition, nous sommes trop bruyants.

Est-ce que le groupe est voué à demeurer occasionnel ou vous aimeriez pousser plus loin sur album ce que vous produisez ?

Panopticon est un projet sérieux sans être accroché à un chemin préétabli. On aimerait sortir un album, on parle d’ailleurs avec certaines personnes qui veulent partir un petit « label ». Qui dit que dans un an ou je ne sais quand, on ne s’assiéra pas pour composer de vraies chansons et enregistrer le tout ? On est ouvert et pas restreint dans le temps, c’est comme on veut quand on peut.

Vous êtes nourris de courants aussi éclatés que divers je suppose ?

Quand tu fais de la musique, tu écoutes naturellement beaucoup de genres et il est presque impossible de ne pas côtoyer plein de trucs divers. J’ai fait de la radio pendant longtemps à CIBL et je passais autant du noise que du rock, de l’électro, du free jazz, etc. On est tous des maniaques dans le groupe, on écoute beaucoup de choses différentes et on est donc influencé sans cesse. Tu sais, on est en 2005 et tout a déjà été touché, pour ne pas dire fait sur disque. On est même allé jusqu’à enregistrer des plantes.

Outre les noms qui reviennent souvent dans la presse spécialisée et bien pensante, Montréal c’est également des dizaines et des dizaines de formations, projets loin de la masse qui vivent très bien sans les néons.

Oui , il y a plein de groupes « bizarroïdes » qui bougent beaucoup dans des petites salles, font des « happenings » à gauche et à droite, l’activité est intense sous la ligne de flottaison. Je suis à Montréal depuis 20 ans et il y a toujours eu de la bonne musique ici comme ailleurs. Pour l’instant, l’emphase est sur la ville, mais je suis sûr que ça bouge autant dans d’autres villes.

Donc on résumera P. E. à un groupe de rock « noisy » et improvisé ?

Je n’ai jamais aimé décrire ma musique d’aussi loin que je me souvienne. J’ai tellement entendu de gens tenter d’expliquer ce qu’ils font par des références à des groupes qui souvent s’avèrent plus ou moins justifiées. Je préfère traduire en mots ce que m’évoque ma musique, de toute façon on est libre d’y entendre ce que l’on veut après tout.

P.-S.

EN SPECTACLE : Vendredi, 4 mars 2005 Sala Rossa

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