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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Une couronne pour deux têtes

PANACHE

vendredi 19 novembre 2010, par Éric Dumais

Le groupe Panache, formé par les deux hurluberlus montréalais Carl-Éric Hudon et Benoît Fréchette, a fait paraître le 9 novembre son premier opus éponyme sur l’étiquette québécoise Grosse Boîte. Déjà au sommet des palmarès de la plupart des radios universitaires, et ce, même avant sa sortie, l’album Panache fait déjà parler de lui dans le tourbillon médiatique depuis quelques semaines déjà. Ce groupe pop-punk aux influences weezeriennes, aux onomatopées risibles et aux « Ah aaaah » « Wou ouh ouh » délicieux est en train de nous charmer assurément. Entretien éclair avec le musicien Carl-Éric Hudon.

Quelle a été la raison principale qui vous a poussés, Benoît Fréchette et toi, à créer le duo Panache ?

C’est un concept qui a commencé lorsque j’avais 22 ans, il y a donc déjà 5 ans de cela. Benoît, mon guitariste, avait deux chansons pop à son actif. On s’est rencontrés et on s’est dit qu’il faudrait bien faire un projet où l’on retrouverait plusieurs références culturelles, littéraires et cinématographiques, seulement pour niaiser un peu. En plus, et ce qui est bien, c’est que nos goûts d’adolescence sont assez semblables. On a donc enregistré simplement avec un « beat box » d’ordinateur et une carte de son de basse qualité. C’est parti, grosso modo, d’un projet de chambre à coucher qui n’avait pas d’ambition en soi.

Dans plusieurs de vos chansons, on retrouve de fortes références au cinéma de la Nouvelle Vague. Pour quelle raison ?

Parce qu’on aime ça. Benoît, un ami et moi-même on se fait à l’occasion des soirées intitulées Nouvelle Vague. On se loue chaque fois deux films et on s’achète un paquet de niaiseries. On regarde ça, on rit, on trouve ça très drôle. Et on se reconnaît toujours dans ces films-là, surtout ceux d’Éric Rohmer où les personnages sont très analytiques. Il y a toujours une montagne de questions morales et éthiques que les personnages se posent constamment à travers ses oeuvres. On participe surtout à cette activité pour apprendre du nouveau vocabulaire. On s’amuse à l’appliquer et à l’intégrer dans nos chansons avec une certaine touche d’humour. C’est toujours plaisant de voir à quel point nos compositions contrastent avec ce genre filmique.

Comment définirais-tu ton style musical ?

Je mentionne souvent la formation californienne Weezer en entrevue. C’est certain qu’on s’influence fortement des groupes que l’on aime, Benoît et moi. Nous sommes très influencés par les Unicorns, mais aussi par la musique énergique et adolescente. Mais on est avant tout des amateurs de textes. Les paroles sont très importantes pour nous, même que l’on préfère les textes réfléchis à la musique entraînante. Notre musique est un mélange entre des textes réfléchis et une musique rock très pop.

D’où provient votre nom d’artiste Panache ? De vos expériences de chasse ou d’une envie particulière d’explorer les frontières délirantes de l’absurde ?

Ni l’une ni l’autre (rires). Nous aimons beaucoup rire. L’idée vient d’abord de Benoît. Dans les partys, il sortait souvent sa guitare acoustique et il chantait des chansons de polka improvisées. Pour lui, c’était juste une blague. Un jour, il a décidé de s’appeler Panache, comme ça, par hasard. Au départ, pour lui, c’était une blague. Mais on l’a rapidement adopté. En plus, il y a deux connotations très intéressantes au mot « panache », d’une part, les bois, pour le côté un peu plus brut, et, d’autre part, l’expression « avoir du panache », qui est plus posée, plus classe.

Seriez-vous des fanatiques inconditionnels de Navet Confit par hasard ?

Certainement ! Navet Confit est un très bon ami à moi. J’ai été son bassiste depuis ses débuts, même avant la parution de son album LP1. Il a d’ailleurs écrit les paroles de la chanson Bouvier bernois sur notre album Panache.

Est-ce que Carl-Éric Hudon a déjà d’autres projets en tête ou d’autres activités parallèles ?

Non, pas pour l’instant. J’ai pris une pause bien méritée pour redéfinir mes projets. Avec l’industrie du disque et la situation des artistes au Québec, ce n’est pas toujours évident. Je vais probablement prendre mon temps et sortir des singles et des maxis sur Bandcamp à un rythme assez stable.

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