[] [] [] [] [] []

SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Accueil du site > Entrevues > Nous Non Plus

A NU

Nous Non Plus

dimanche 11 février 2007, par Jean-François Rioux

A NU Lors de la dernière édition du festival Under the Snow, la formation « frenchy » pop de New York les Nous Non Plus a attiré énormément l’attention médiatique. Leur prestation bourrée d’énergie a créé un engouement dans la grande métropole. Céline Dijon et son groupe étaient également, en juillet, au cœur du « off » Festival de Québec où le succès fut immédiat. La plupart des membres des Nous Non Plus étaient autrefois au sein du groupe Les Sans Culotte. Après la bisbille avec leur chanteur, ils ont quitté pour former leur propre groupe qui est forcément plus original et plus éclaté. Leur pop-rock’n’roll aux influences françaises 1960-70 se démarque en français dans la ville de New York depuis déjà quelques temps. J’ai eu la chance de discuter avec certains membres du groupe lors de leur dernier passage à Montréal en juillet.

On sait que vous étiez autrefois au sein de la formation Les Sans Culottes, vous avez eu quelques problèmes avec l’un des membres fondateurs et vous avez débuté Nous Non Plus. Étiez-vous tous dans la formation LSC ? Et pourquoi Nous Non Plus ?

Céline : Effectivement, il y a eu un peu de friction dans notre monde musical il y a tout juste un an. L’un des fondateurs de LSC nous a poursuivis en justice après que cinq d’entre nous avions décidé qu’il était temps de se débarrasser du boulet de canon… C’était donc le boulet en question et l’autre chanteuse d’un côté, et nous cinq de l’autre. Au final, nous nous sommes mis d’accord : nous retenons 5/7 des droits sur tout le catalogue LSC (et eux 2/7), eux gardent le nom et continuent de se produire, et nous avons dû changer de nom, ce qui n’est pas plus mal, un peu comme une deuxième chance, « a second lease on life », comme on dit en anglais. Même si c’était une tâche amusante, on a bien galéré pour trouver un nouveau nom, surtout que nous devions le faire rapidement car on avait un album qui sortait à l’époque. Finalement, on est resté sur… Nous Non Plus, un hommage à Serge, et aussi, traduit littéralement en anglais : « Us no more » (ce n’est plus nous - Les Sans Culottes !). Et puis, après chacun son interprétation, il y en a d’autres…

Tes origines semblent difficiles à suivre : tu es française, déménagée aux États-Unis, mais est-ce que tes parents sont aussi français ?

Je suis très compliquée. Mes parents ne sont pas français, mais habitent à Paris où je suis née (je suis donc française de terre, mais pas de sang). Ma mère est chinoise et mon père est suisse-allemand. Ils parlent avec des accents, mais le mien est « parigot » ! J’ai déménagé aux States pour aller à l’université et j’y suis restée. Voilà. Je dirais que je suis culturellement française.

Comment as-tu rencontré les membres de ton premier groupe aux USA ? Comment as-tu connu aussi Jean-Luc ?

Mon premier groupe s’appelait Semi-Gloss et c’était avec un pote de la fac. En 1999, au travers d’amis dans le monde de la musique new-yorkaise, LSC m’a demandé si je voulais bien remplacer temporairement une de leurs chanteuses qui allait accoucher (il fallait quelqu’un qui sache chanter ET parler français !). J’ai rencontré Jean-Luc et boulet de canon pour une entrevue, et je dois avouer que j’ai un peu flashé sur JLR ! Bref, j’ai dit oui, bien que je trouvais cela complètement dingue de faire semblant d’être française quand je l’étais vraiment, et en plus de cela, de faire des reprises tandis que j’étais déjà dans un groupe qui écrivait ses propres chansons ; je trouvais ça ringard, en fait. Mais au fil des concerts, je m’amusais tellement que j’en ai oublié mes préjugés. Et puis, la fille n’est jamais revenue, alors je suis restée…

Croyez-vous que le succès soit difficile à obtenir aux USA en ayant des textes surtout en français ? Il y a pas mal de groupes français qui marchent aux USA, mais ils sont soit instrumentaux, soit ils chantent en anglais ! Je pense qu’il nous sera difficile de rentrer dans la « mainstream », mais si j’en crois tous nos amis sur myspace - ces ados qui vivent au fin fond des USA et qui ont tous des goûts complètement différents - j’ai l’impression que notre musique transcende la barrière de la langue, ce qui est totalement génial. Je reçois beaucoup de commentaires comme quoi notre musique leur donne envie de danser. Et puis, d’autres me disent que ça les aide pour leurs cours de français ! En concert, vous incorporez plusieurs reprises de chansons, parfois assez actuelles. Prévoyez-vous en enregistrer quelques unes ou pourquoi pas un album de reprises ?

On a joué avec l’idée de faire un album de reprises ultra contemporaines (c’est le genre d’album qui doit se faire ultra rapidement !). Mais pour l’instant, on se dévoue à nos propres chansons et je ne pense pas que notre prochain album en contienne, mais on ne sait jamais... L’album des reprises actuelles peut se faire n’importe quand ! Il y aura toujours de nouvelles chansons ! « That’s the beauty of it ! ». En ce qui concerne nos reprises, on varie selon les concerts et le public, mais en général, pour une prestation d’une heure, on en fait deux ou trois maximum : Tuff ghost (The Unicorns), 99 luftballons (Nena), Ça plane pour moi (Plastic Bertrand), Ces bottes (sont faites pour marcher), version française d’Eilleen mais originellement par Nancy Sinatra, Les cactus (Jacques Dutronc), Shubadubaluba (Serge Gainsbourg), Laisse tomber les filles (France Gall), et puis on fait plein de « gainsbarre » quand on nous le demande pour des ¬occasions spéciales, par exemple, un hommage à Serge...

Vous avez tous des carrières professionnelles parallèles, que faites-vous comme métier mis à part la musique ?

Céline Dijon : hédoniste Jean-Luc Retard : auteur, écrivain « free-lance », guitariste « air » Bonnie Day : « renaissance woman », photographe, graphiste, coordinatrice de soirées Cal d’Hommage : écrivain, traducteur, sommelier, historien gastronomique Prof. Harry Covert : professeur agrégé de sciences politiques à Columbia University François Hardonne : expert en techno de l’info pour une agence bénévole

Tournez-vous en Europe/France et est-ce que votre disque est disponible là-bas (ici, il est un peu dur à trouver puisque vous n’avez pas de distributeur canadien pour le moment) ?

Nous n’avons jamais tourné en Europe. On espère conquérir la France cet automne et l’Italie cet hiver, mais rien n’est dit… et notre album n’est malheureusement que distribué aux States, mais il est disponible en ligne !

Qui écrit la musique des Nous Non Plus le plus souvent et pourquoi ? Quelqu’un te suggère des sujets pour les textes ?

Cal d’Hommage et Jean-Luc Retard sont les principaux écrivains en ce qui concerne la musique. Si la chanson n’est pas toute faite, j’aide à développer la mélodie. Les paroles en français, c’est moi qui les écris, évidemment, étant la seule francophone du groupe. Les paroles en anglais, c’est Jean-Luc. Parfois, il écrit une chanson en anglais et me demande de la traduire (ce qui n’est pas du tout évident, étant donné qu’en plus de devoir tout faire rimer, je dois aussi faire que la cadence ne change pas, et tout le monde sait que l’anglais est beaucoup plus succinct que le français !). Les thèmes sont proposés par tous, en passant, parfois ça accroche, parfois pas. C’est tellement « organique » comme procédé que je ne saurais bien répondre à cette question. Nos thèmes sont souvent inspirés d’événements courants (politique, personnalités médiatiques...) ainsi que de la littérature et des films français, et bien sûr, de notre vie privée, mais en déguisant un peu...

Question concernant Jean-Luc : quand et comment a-t-il découvert qu’il avait un don pour le « air guitar » et qu’il a décidé de faire des compétitions ? Comment choisit-il ses pièces ? Et si sa carrière d’« air guitariste » fonctionne très bien, qu’adviendra-t-il des NNP ?

« The gift ? I discovered while listening to Pink Floyd as a young boy. I decided to compete in 2003 when competitive air guitar first arrived on U.S. shores. It was a chance to play a sold-out show, drink free beer, and meet some air groupies. All without carrying any gear. In other words, a no brainer. I choose my songs by listening to a lot of music, and finding the song that has the right drama : tempo changes, sudden stops/starts, and an asskicking riff or solo. Also drinking and recreational drugs help. My air guitar has already taken off, allô ?! NNP will live forever ! Long live NNP ! »

Vous avez des détails à nous divulguer concernant votre prochain album, date de parution, invités et sera-t-il également sur la même étiquette, Aeronaut ?

Pas de détails, mais nous sommes en train d’écrire et on espère vous donner un nouvel album au printemps ou en été…

Est-ce que quelque chose vous gêne, que ce soit de vous faire cataloguer « rock’n’roll » ou « frenchy pop », de vous faire comparer à des groupes tels que Stereo Total, ça vous déplaît ou vous vous sentez bien là-dedans ?

De toutes les manières, il est impossible d’échapper aux comparaisons, ça fait partie du jeu, et puis, ça rassure les critiques... On adore être en bonne compagnie, alors oui, Stereo Total, c’est bon ! (quoique nous soyons un peu plus garage qu’eux). Ce que j’adore, c’est de voir des gens nous cataloguer dans tous les genres parce qu’on est un peu inclassable en fin de compte ! Par exemple : « Nous Non Plus are a superb splinter group of the faux French band Les Sans Culottes... as Slipcue.com describes, Nous Non Plus display "musical depth and variety, ranging from breathy, Francoise Hardy-esque ballads to nervy ’77-style punk, jittery technobleepery à la Stereo Total, steamy Roxy Music-ish synthpop and New Wave, dreamy modern indie stuff..." ». Je crois que rien ne nous dérange. Ça fait depuis assez longtemps qu’on baigne dans le monde de la musique et on sait à présent tout prendre avec un grain de sel (rien de tel qu’un petit tour en cour fédérale pour tout remettre en perspective !).

Quelle est votre plus belle expérience de tournée et pourquoi ce concert est si inoubliable ?

Ça va faire très lèche-cul, mais je dois dire que ma plus belle expérience de tournée fut la dernière. Le concert à Québec était vraiment génial parce que non seulement y avait-il une foule, mais les gens dansaient, et en PLUS de ça, ils connaissaient les paroles !!! Ils étaient là pour nous !!! Ça, c’était le top ! Il faut comprendre qu’aux States, les gens dansent, mais personne ne comprend ce que l’on raconte, alors jouer dans un pays francophone est extrêmement gratifiant. Ça fait vraiment plaisir quand les gens rient en écoutant les paroles - je ne les aurai pas écrites en vain !

Mis à part LSC, avez-vous été dans d’autres groupes qui ont enregistré des albums ou encore avez-vous des projets solos musicaux parallèles ?

Céline : Semi-Gloss (n’existe plus) : groupe comparé à VU, Stereolab Jean-Luc : Calamine (n’existe plus), indie rock par excellence et compositeur de musique de film, notamment Air guitar nation Cal : joue sur Fresh off boat de Golem (Jdub) et sur Wire waltz de The Last Town Chorus (Hacktone) Bonnie : Greenwich Village Orchestra (violon) Prof. : The Irreversible Slacks (groupe instrumental de musique surf) François : joue parfois pour le groupe Golem (klezmer-punk), compose et joue pour des troupes de danse moderne

En espérant vous revoir très bientôt, Bise Jeff

J’espère que je n’ai rien oublié, dis-le moi si oui ! Superbises, Céline

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0