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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Faire cavalier seul

Malcolm Bauld

jeudi 27 octobre 2005, par Alexis Charlebois-Laurin

Malcolm Bauld est présent dans le paysage musical montréalais depuis déjà quelques années et a surtout fait sa marque à travers The Frenetics. Il se concentre maintenant sur son projet d’auteur/compositeur en solo. Avec seulement un démo de sorti, il a déjà réussi à attirer l’attention de bien des gens. Serait-ce son meilleur projet musical à ce jour ?

Pourquoi The Frenetics ont-ils décidé de mettre fin au groupe ? Est-ce que les autres membres avaient d’autres projets ?

The Frenetics ont souvent dû changer de bassiste. Anne et moi en avions assez de toujours avoir à recommencer avec des nouveaux bassistes et nous perdions l’entrain. Donc, une fois qu’Alex est parti, on en est venu à la conclusion qu’on avait bien profité des dernières cinq années et qu’il était temps de passer à autre chose. On a été très contents de Grey veins to the parking lot et ça nous a semblé être le bon moment de passer à autre chose, plutôt que de disparaître pendant encore six mois et réapparaître avec un nouveau bassiste. Anne joue maintenant dans plusieurs groupes comme Dead Letter et Kickers, Alex joue dans un groupe instrumental.

Tu as joué dans Sissy Havoc, ensuite dans The Frenetics, et maintenant, tu t’occupes de ton projet solo et tu as probablement eu d’autres groupes dont nous n’avons jamais entendu parler. Comment vois-tu l’évolution de la scène musicale indépendante au cours des dernières années ? Est-ce que c’est plus difficile pour les groupes de se faire une place dans le milieu aujourd’hui ?

Je crois que, éventuellement, il y a certains « patterns » qui se répètent, surtout en ce qui concerne les modes et les liens entre le « mainstream », la musique commerciale et la musique underground. Par contre, les gens semblent d’autant plus enthousiastes de faire de la musique et de connaître de la nouvelle musique que quand j’ai commencé à aller voir des « shows ». Pour les nouveaux groupes, le milieu semble beaucoup plus saturé et compétitif, bien que d’un autre côté, il y ait plusieurs nouvelles méthodes pour distribuer et promouvoir sa musique qui n’étaient pas accessibles aux jeunes groupes il y a dix ou quinze ans. Je me souviens lorsque j’envoyais des cassettes de démos aux promoteurs en Ontario et que j’accumulais les frais de longue distance pour « booker » des spectacles. Évidemment, l’Internet a changé tout ça.

Pour faire suite aux dernières questions, penses-tu que c’est une bonne période pour la musique indépendante en général présentement ? Puis, que penses-tu de la scène montréalaise en particulier ?

C’est difficile à dire. Que ce soit indépendant ou non, des goûts et des couleurs, on ne discute pas. Les gens peuvent très bien dès demain tourner le dos à ce qu’ils apprécient aujourd’hui. Personnellement, je suis content de voir que Montréal et les groupes d’ici reçoivent l’attention qu’ils méritent. J’espère seulement que ça ne nuira pas aux nouveaux groupes, travaillants et talentueux, qui ont un son différent. Ce serait plutôt dommage que les gens associent un son particulier à Montréal à cause des groupes qui reçoivent de la couverture médiatique.

Y a-t-il une raison en particulier qui explique pourquoi tu as choisi de commencer quelque chose qui n’était pas vraiment du punk rock, mais plutôt orienté vers un son, disons, à la Springsteen ou Joe Strummer (ou encore, peut-être que tu ne considères pas ta musique comme aucun des deux) ?

Une part de ma frustration avec The Frenetics était qu’il semblait que nous devions toujours revenir à un son punk générique. Nous n’étions pas vraiment capables d’arriver à des arrangements stylistiques variés pour nos chansons. Ce que j’essaie de faire maintenant est de présenter des nouvelles chansons de façon plus simple, pour me laisser plus de liberté quand viendra le temps par la suite d’un enregistrement officiel, ce que j’attends avec impatience. La musique de Strummer et Springsteen m’influence beaucoup. Ce sont certainement deux de mes chanteurs favoris. Je n’écoute plus vraiment de groupes punk et je suis de plus en plus intéressé au travail d’auteurs/compositeurs. Ce que les gens associent au punk rock est lié à la composition d’un groupe et je ne sens plus que c’est important pour moi de faire partie d’un groupe. J’espère que d’avoir des chansons composées sous un format plus simple me permettra de collaborer avec une grande variété de musiciens.

Est-ce que tes chansons traitent de sujets politiques ou est-ce que tu préfères te concentrer sur des sujets plus personnels ?

Je crois que parfois les deux sont difficiles à séparer. La grande majorité de mes chansons proviennent d’une perspective personnelle ; je me sens plus à l’aise d’écrire comme ça. Je suis plutôt prudent en ce qui concerne le matériel à caractère politique, surtout parce que j’ai de la difficulté avec ces questions et que je n’arrive pas toujours à bien définir ma position. Tandis que je sens que des expériences personnelles spécifiques sont plus simples à articuler de façon lyrique. Par contre, je ne peux pas m’empêcher d’écrire à l’occasion une chanson à caractère politique bien que, habituellement, ce ne soit que de façon subtile. De toutes les chansons de The Frenetics, il n’y en a que cinq ou six que je considère être à caractère politique.

Changement de sujet : y a-t-il un endroit sur terre que tu voudrais absolument voir avant de quitter ce monde ?

Il y a tellement d’endroits où je ne suis pas encore allé… Cuba, la Russie, le Mexique, l’Inde… C’est drôle, j’ai beaucoup voyagé aux États-Unis, mais il y a encore plusieurs villes que je n’ai pas encore visitées, comme New Orleans, Philadelphie, Las Vegas, Austin. J’aimerais aussi aller à Terre-Neuve et au Nunavut.

Es-tu toujours aussi enthousiaste et motivé de découvrir des nouveaux groupes, de faire des « shows » et d’écrire des chansons comme lorsque tu as commencé à jouer ?

J’aime toujours découvrir de nouveaux groupes, surtout à Montréal puisqu’il y en a tellement. J’aime ce que font The Sunday Sinners, The Hot Springs et Dirty Tricks. J’adore toujours jouer des « shows » et écrire des chansons m’est tout simplement naturel. J’aimerais juste être plus efficace quand vient le temps de les terminer. Ce serait très étrange pour moi si je n’écrivais pas de chansons.

À quelle période de l’histoire de la musique aimerais-tu pouvoir retourner et la vivre en personne ?

Je suis encore très fasciné par ce qui se faisait à Londres en 1976-77.

Une question habituelle : quelles sont les pires et les meilleures villes pour jouer et pourquoi ?

J’aime beaucoup jouer à Winnipeg, surtout parce que, maintenant plus que jamais, je sens qu’il y a beaucoup de gens que j’aime là-bas et qui m’encouragent et apprécient mon travail. Je pourrais faire une liste très longue des villes où j’ai eu de mauvais « shows », mais ça n’aurait probablement rien à voir avec les villes elles-mêmes. Ça arrive d’avoir des mauvais « shows » n’importe où.

Celle-ci est la dernière : selon certains, tu es le meilleur et le plus talentueux compositeur à Montréal. Quelles personnes ou quels groupes t’ont passionné au départ en ce qui concerne la musique et t’ont enseigné à jouer de la guitare ?

J’ai joué dans tellement de groupes en tant que pianiste avant de me dédier à la guitare dans mon début de vingtaine, donc je dirais que c’est à force de regarder tous ces gens jouer dans ces groupes que j’ai beaucoup appris. Aussi, des membres de ma famille font de la musique ; mon oncle était un chanteur de folk en Écosse, je me souviens d’être allé lui rendre visite et d’avoir assisté à ses concerts et écouté ses disques. Mon père a aussi joué un peu de guitare quand j’étais très jeune. Il m’amenait aussi à des festivals de folk, là où j’ai vu Billy Bragg jouer pour la première fois, je devais avoir 12 ou 13 ans à l’époque. J’écoute encore ses disques 20 ans plus tard et il est toujours mon guitariste préféré.

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