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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

OSCILLATIONS MÉTAPHORIQUES

Mahogany

mercredi 15 mars 2006, par Patrick Lacharité

Originaire de Detroit, Mahogany avait à l’époque (1998) tous les préalables nécessaires à l’amorce d’une carrière scintillante pour une formation indie qui déjà recevait d’élogieux commentaires de la part de magazines tels que le New Musical Express, Magnet et le Alternative Press. Depuis la parution de The dream of a modern day en 1998, le « quatuor » (qui produit une pop éthérée scintillante) maintenant établi à New York sera demeuré discret, attendant jusqu’à 2006 pour y faire paraître ce qui fera office de second album officiel. Toutefois, la récente compilation double (Memory column, Darla), regroupant inédits et faces B parus sur différentes étiquettes entre 1997 et 2004, nous montre un groupe qui, pendant tout ce temps, n’aura pas chômé. On s’est entretenu avec Andrew Prinz, principal membre dirigeant, qui nous parle de son prochain passage à Montréal avec Mahogany et de ce qui advient de Connectivity !, ce mystérieux album qui tarde à paraître depuis un bon bout de temps.

Ainsi, dès qu’on a la ligne, on s’informe à savoir si les pistes maîtresses du prochain album furent épargnées : Andrew envoyait il y a quelques mois une liste d’équipement et d’instruments de toutes sortes (laquelle se retrouva sur le très controversé site de pitchforkmedia) sauvagement dérobés par des cambrioleurs à l’intérieur de leur studio. Le genre de truc qui vous met à terre, du moins pour ceux qui s’y connaissent en coûts d’approvisionnement d’équipement audio haut de gamme. Somme toute, Andew conserve sa bonne humeur en nous expliquant avec un certain enthousiasme que certains morceaux y passèrent, mais qu’ils auront été réenregistrés. D’après lui, ç’aura été une bonne occasion de revoir les idées entretenues à l’époque, se disant même que le tout aura peut-être été bénéfique pour ces morceaux touchés, encore meilleurs.

Cet incident n’explique tout de même pas le processus de gestation qui, à ce jour, retient encore Connectivity ! d’être mis sur les tablettes. Sept années auront passé depuis la parution du premier effort, mais pourquoi tout ce temps ? « On ne savait pas trop ce qu’on voulait faire… (rires). En fait, on ne prend pas le processus d’enregistrement à la légère. Ensuite, je ne crois pas que Mahogany soit le type de groupe qui veuille lancer un disque tous les six ou neuf mois. Connectivity ! est un album qui est en chantier depuis 2001. Par exemple, sur un démo de quatre pièces enregistré à l’époque, on en aura conservé une. C’est sans compter tout le lot de matériel jeté avec le temps… De fil en aiguille, on a aussi tenté d’acquérir davantage d’équipement qui nous permette d’accomplir les idées amassées. On a attendu assez longtemps afin d’obtenir ce qu’on voulait, mais on est par-dessus tout très consciencieux du point de vue créatif et on voulait s’assurer d’avoir en notre possession le matériel et les connaissances requis pour passer à la seconde étape. Encore en ce moment, j’apprends continuellement de nouvelles choses qui peuvent être utiles au perfectionnement de l’album, par exemple. »

Pour tenter d’en analyser les grandes lignes, disons que Mahogany œuvre dans un courant musical qu’on pourrait qualifier de « pop complexe atmosphérique », arpentant des charpentes architecturales carrées et asymétriques. De prime abord, le mélange de voix masculines et féminines pourrait nous rappeler Slowdive ou Lush (pour le côté aigu des voix féminines). Toutefois, c’est lorsque mélangée aux nombreuses guitares répétitives et autres rythmiques électroniques que se pointe la vraie personnalité de Mahogany. C’est avec une écoute attentive et répétée que s’apprécie leur musique. D’autre part, leur force se retrouve souvent à l’intérieur de morceaux qui mélangent habilement des rythmes très rapides à des ambiances lentes et épaisses, sans même que cela devienne agressant ou à proprement dit dansant, car les sonorités électroniques (tout comme certains claviers d’ailleurs) empruntent beaucoup à l’époque du New Order des débuts. Là-dessus, Andrew nous glisse que le prochain album, lui, sera plus complexe que le précédent.

En spectacle, la formation occupe présentement huit membres. L’arsenal complet va comme suit : deux guitares, deux basses, deux voix et deux percussionnistes. Ce qui demeure le plus étrange, c’est que les partitions de violoncelles soient jouées à la basse ! À l’origine un quatuor, on s’informe alors à savoir où sont passés les trois autres membres originaux qui semblent avoir disparu. « Je ne crois pas que nous nous soyons déjà considérés comme un groupe, au sens que les musiciens viennent et repartent, apportent leurs idées… ainsi le groupe peut s’élargir ou rétrécir en conséquence. On fonctionne un peu comme une sorte de "network"… »

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