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Complètement magnétiques

Magneta Lane

samedi 5 mars 2005, par Christina Bounhom

Tout s’est passé rapidement pour le trio Magneta Lane. Dès que le désir de s’imposer sur scène s’est développé chez ces trois punkettes, elles se sont emparées de leurs instruments et ont pratiqué sans cesse, jusqu’à ce qu’Enrique Soissa de Paper Bag les découvre lors d’un concert donné dans une salle presque vide de Toronto. Depuis, Lexi Valentine, Nadia King et French font parler beaucoup d’elles grâce à leur musique aux mélodies accrocheuses rappelant celles des Strokes, Velvet Underground et Blondie. Lexi, chanteuse et guitariste pour la formation, s’est entretenue avec Emoragei.

Vous recevez des critiques très élogieuses depuis la parution de votre EP intitulé Constant lover. Les médias ont affirmé à plusieurs reprises que vous êtes « the next big thing » à provenir du Canada. Comment réagissez-vous face à cette affirmation ? Ressentez-vous une certaine pression de vous montrer à la hauteur de ces attentes ?

Lorsque nous nous sommes initialement embarquées dans cette aventure qu’est Magneta Lane, nous avions peine à nous imaginer que quelqu’un nous écouterait, alors toutes les réactions positives que nous avons reçues à ce jour ont été surprenantes et encourageantes. À vrai dire, nous n’en savons rien d’être « the next big thing », mais nous allons accepter à bras ouverts tout ce qui nous arrivera de bien. En fait, tout ce brouhaha de « next big thing » n’existe pas à nos yeux. J’espère qu’il n’y a aucune attente de la part du public envers nous, et s’il en est le cas, j’aimerais m’excuser si nous nous les comblons pas, car nous pouvons seulement être qui nous sommes et qui nous pouvons devenir.

Il y a un peu plus d’un an que Magneta Lane se concrétisait et que ses membres apprenaient à créer de la musique. Vous atteignez déjà un niveau considérable de maîtrise de vos instruments. Qu’est-ce qui vous a poussé à jouer de ces instruments et de former un groupe ?

Je n’irais pas jusqu’à dire que nous maîtrisons nos instruments. Honnêtement, nous ne savons toujours pas comment les jouer, mais nous essayons tout simplement de créer ce qui sonne plaisant à l’ouïe. Au départ, dès que nous avions déterminé quel instrument chacune d’entre nous allait jouer, nous nous sommes laissées emporter sans se poser de question. French œuvrait initialement à la guitare rythmique, mais a finalement opté pour la basse. La transition s’est faite plutôt naturellement, vu qu’elle aimait jouer férocement et avait toujours été fascinée par la basse. De mon côté, j’ai choisi de prêter ma voix et de jouer la guitare, car j’ai toujours trouvé un côté très romantique à ces deux éléments. Je me rappelle que ma grand-mère faisait également des deux lorsqu’elle exécutait des morceaux de folklore mexicain. Dans le cas de Nadia, c’est une personne très enjouée et la batterie lui permet donc d’y canaliser toute son énergie.

Vous avez tourné un vidéo-clip pour la pièce Constant lover. Quelle était votre réaction lorsque vous vous êtes vues à la télévision pour la première fois ? Planifiez-vous de faire paraître un autre extrait vidéo dans un futur rapproché ?

Se voir à la télévision est une des expériences les plus étranges que j’aie vécues. À vrai dire, nous n’avons pas eu de réaction en tant que tel. Tu te regardes à l’écran et tu te dis d’une façon banale : « Oh, je suis à la télé. »... et tu te lèves ensuite de ton divan pour te chercher quelque chose à grignoter parce que tu as faim. Par contre, ce qui est vraiment excitant, c’est la possibilité de collaborer avec des gens extraordinaires. Chris Grismer est une personne sensationnelle. Nous sommes sur le point de tourner ensemble un vidéo-clip pour la pièce Ugly Socialite, probablement d’ici la fin du mois. On ignore par contre quand ça arrivera sur les ondes.

Comment fonctionne le processus de composition chez votre groupe, et qu’est-ce qui vous inspire à écrire ?

Nadia et moi avons composé toutes les pièces du EP ensemble. Habituellement, elle arrive avec une ligne de basse à laquelle j’ajoute par la suite les « riffs » et la voix. Elle s’occupe aussi de faire ses rythmiques à la batterie. Je préfère écrire les paroles par moi-même, car je me sens incapable de chanter quelque chose qui ne me rejoint pas directement. En général, nous arrivons à de bons résultats par hasard, car lorsque nous « essayons » trop, ça ne fonctionne jamais.

Vous êtes parties en tournée à travers le Canada ces derniers mois pour promouvoir votre EP. Vous avez eu la chance de côtoyer des formations incroyables comme Uncut et Controller.Controller qui sont comme vous sur l’étiquette indépendante Paper Bag. Ces formations ont un peu plus d’expérience que vous sur la route. Que retenez-vous d’elles ?

Nous avons appris que faire des tournées requiert beaucoup d’effort. Controller.Controller est l’exemple parfait d’une formation qui travaille très fort et qui mérite tout son succès.

Jon Drew, le batteur d’Uncut, a réalisé Constant Lover. Comment s’est déroulée la session d’enregistrement ? Était-ce plus confortable de vous retrouver en studio avec quelqu’un que vous connaissiez bien ?

Jon Drew est un gars vraiment bien. Le travail en studio requiert énormément de patience. Il est excellent dans son domaine et on lui doit beaucoup.

À la suite de la naissance du mouvement « riot girl » au début des années 1990, de nombreuses musiciennes ont formé des groupes et ont causé beaucoup de bruit sur la scène rock. Des Sleater-Kinney aux Donnas, aux rockeuses plus récentes comme The Sharp Ease et Le Tigre, jusqu’aux Canadiennes The Organ, ces formations composées uniquement de femmes font beaucoup parler d’elles et gagnent de plus en plus d’admirateurs. Lorsque les médias les abordent, on a l’impression que ces formations sont surtout identifiées par leur genre féminin plutôt que par leur art. Estimez-vous que les médias mettent trop d’emphase sur le sexe des musiciens ? Ressentez-vous le besoin de vous « représenter » en tant que femelles ou simplement comme musiciennes ?

Le débat sur le sexe des musiciennes me semble un peu lassant et dépassé. Ça ne devrait plus importer. Nous sommes tout simplement des musiciennes. Je trouve chiant, cette habitude qu’ont les gens de tout catégoriser. Nous ne sommes jamais embarquées dans cette aventure avec l’idée de brûler des soutiens-gorge et/ou de nous battre pour des droits féministes quelconques. Nous sommes un groupe de musique et seulement un groupe de musique.

Que réserve l’année 2005 pour Magneta Lane ?

Que des bonnes choses, on espère ! Nous allons enregistrer le nouvel album durant l’été, une vidéo qui sera tournée prochainement et nous allons partir en tournée, tout en espérant se faire connaître plus.

P.-S.

EN SPECTACLE : Samedi, 5 mars 2005 Casa Del Popolo

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