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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Promenade en automne

GREAT LAKE SWIMMERS

Entrevue avec Tony Dekker

jeudi 10 novembre 2011, par Vanessa Hauguel

Great Lake Swimmers est la musique idéale de vos balades et de vos randonnés pédestres automnales. La voix douce de Dekker se marie si bien aux feuilles multicolores des arbres qui se dénudent et au doux tapis qui recouvre la chaussée ; cette musique mélancolique ne sème aucune tristesse, elle apporte au contraire chaleur et espoir. Tony Dekker et son groupe seront en concert exclusif, dimanche 6 novembre à Laval dans le cadre du Festival Diapason, afin de nous présenter leurs nouvelles chansons et les plus inoubliables de leur répertoire. Nous avons échangé quelques mots avec le gourou de cette formation si respectée.

La première fois que je vous ai vu à Montréal, vous jouiez de la basse dans Barzin, depuis, qu’est-il arrivé ? Le projet GLS était-il sur la voie à ce moment ou l’avez-vous construit plus tard ?

Mon premier album est paru au printemps 2003, mais je chantais et jouais aussi de la basse dans Barzin. Mon propre projet était donc déjà en cours à l’époque et finalement j’ai commencé à faire pas mal de tournées avec ça. Aujourd’hui, je partage encore beaucoup d’idées musicales avec Barzin et il est toujours un ami proche.

Votre premier spectacle à Montréal en tant que GLS était une performance en solo dans le cadre du Festival Under The Snow, à la Casa Del Popolo, qui était bien silencieuse ce soir là, puisque vous aviez l’attention de tout le monde. Même les serveuses ont cessé de faire des cafés. Cela doit être probablement assez différent maintenant, de jouer et de voir tout le monde sur leur iPhone. Est-ce qu’il vous arrive de vous ennuyer de ces petites salles aux foules tranquilles ? Comment trouvez-vous le public maintenant, pensez-vous qu’il a changé ?

Je me souviens de ce concert, qui fut une prestation mémorable. Je joue encore occasionnellement quelques sets solos, mais présentement je suis plus dans la création d’une atmosphère avec le groupe. C’est définitivement une expérience différente maintenant que les gens sont si préoccupés par leurs gadgets électroniques, plutôt que d’apprécier pleinement le moment présent. Comme en échangeant sur le moment pour le documenter ou quelque chose dans ce genre. Il y avait une certaine pureté qui existait dans les concerts avant les téléphones cellulaires, mais je suppose que c’est le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui…La foule n’a pas changé, juste la technologie !

Même si vous êtes à la tête de ce projet, il semble y avoir une grande synergie entre vous et les autres membres du groupe. Qu’est-ce qui vous a unis et pourquoi pensez-vous « sonner » si unis ? Cette synergie était-elle là au tout début ?

Les gens avec qui j’ai choisi de jouer sont respectueux envers les chansons que j’écris, tout en y apportant quelque chose d’eux-mêmes dans le son dans son ensemble. C’est important pour moi que le groupe soit uni autour de la musique et de laisser tomber notre orgueil et de créer une ambiance autour de ces chansons. La chanson passe avant le reste et je crois que cela crée un assez grand terrain d’entente dans lequel on peut jouer.

D’où viennent les titres de vos deux albums Ongiara et Lost Channels ? D’où vous est venue l’idée pour ces noms ?

L’idée pour le nom Ongiara vient d’un bateau que nous avons pris pour l’île de Toronto pour faire quelques premiers enregistrements pour l’album avec Dale Morningstar. En faisant des recherches, j’ai trouvé que le nom dérivait d’une tribu indigène pacifiste vivant dans la région de Niagara (à partir duquel Niagara a d’ailleurs tiré son nom), et c’est là où j’ai grandi, tout cela faisait donc beaucoup de sens pour moi. Le Lost Channel est le nom de l’un des canaux du fleuve Saint-Laurent, autour des Mille-Îles. Une grande partie de l’album Lost Channels a été enregistrée dans la région de Mille-Îles, le nom fait référence à cela.

Y a-t-il un genre de continuité ou de fil conducteur entre les 4 albums ? Ou même une histoire reliant les 4 albums ? Y a-t-il un événement en particulier qui a mené ou inspiré chacun ?

Il est difficile de dire s’il y a un fil conducteur qui relie tous les albums, mais je dirais retrouver un thème général sur la quête d’une spiritualité dans le monde naturel. Ce thème est devenu assez important dans mon écriture. Outre cela, il y a une continuité sonore, dans le fait que chacun des albums a été enregistré dans des endroits « spéciaux » qui avaient tous une acoustique unique ou des qualités atmosphériques si on veut. Je crois que nous avons été vraiment motivés à chaque fois à tenter de capturer le son d’une place et d’en enrichir nos chansons.

Comment vous sentez-vous envers vos albums précédents aujourd’hui ?

Nous jouons encore des chansons de tous les albums, donc pour moi, même la plupart des premières chansons ont perduré dans le temps.

Vos paroles semblent venir généralement d’histoires ou événements personnels. Écrivez-vous vos chansons juste après un événement ou vous prenez un certain temps avant à l’écriture ?

Je n’ai pas de méthode particulière pour écrire une chanson. A chaque fois ça peut être différent, et parfois je pense qu’il y a autant de façons d’écrire une chanson, qu’il y a de chansons. J’imagine que je me perçois comme une sorte de filtre, ou aussi parfois comme un instrument.

Comment croyez-vous que les autres membres du groupe se sentent ou perçoivent vos chansons qui se rapportent à des histoires plus personnelles ? Croyez-vous qu’ils se les approprient ? Comment vous sentez-vous par rapport au fait d’être l’auteur principal et chef de ce groupe ?

Great Lake Swimmers a commencé en tant que projet solo et aussi comme un véhicule pour mes chansons et je pense donc que c’est entendu par tous ceux qui collaborent au groupe. Je ne suis pas certain de savoir comment chacun se sent par rapport à mes paroles spécifiquement, mais je crois qu’il y a une bonne compréhension.

Est-ce votre regard sur la musique a évolué au fil des albums et des années ? Comment le groupe murit ou évolue au fil des ans ?

Personnellement, mais aussi en tant que groupe, je pense que nous avons vraiment progressé en termes de musicalité et d’écriture. Je pense aussi que nous avons fait beaucoup de chemin pour développer notre son. Je sens vraiment un lien fort entre nous à travers notre musique et la façon dont nous l’incarnons, je crois que c’est à son meilleur.

Vous êtes souvent comparé à Red House Painters, Nick Drake, Iron & Wine, Neil Young et Will Oldham. Trouvez-vous qu’il y a une telle ressemblance, si oui, en quoi ? Que pensez-vous de cette comparaison ?

C’est un compliment que d’être associé à eux et d’avoir son nom prononcé dans un même souffle. Je ne vois pas une ressemblance très forte, mais j’apprécie beaucoup leur musique.

Quels sont les musiciens d’aujourd’hui que vous aimez ou qui vous inspirent ?

Dernièrement, j’écoutais Snowblink, Gillian Welch, Sandro Perri, Old Man Luedecke, Woods, Esmerine, Richard Buckner et bien d’autres, mais j’écoute surtout Townes van Zandt.

Appréciez-vous d’autres types de musique, autant que le folk et l’indie ? Voudriez-vous essayer ou avez-vous déjà essayé un autre genre ?

En tant que groupe nous sommes définitivement des férus de musique, du reggae au punk hardcore, aux trucs de Smithsonian Folkways, et chaque membre du groupe a des goûts assez variés. Je crois que cela aurait été amusant d’essayer un album inspiré par Nashville, la vieille école du country, mais je ne crois pas que ça arrivera prochainement.

Quand pourra-t-on espérer un nouvel album de GLS ? Avez-vous déjà quelques acolytes en tête et quelques détails à nous donner ?

Nous terminons un nouvel album en ce moment et il devrait être prêt au printemps 2012. C’est produit par Andy Magoffin. La composition du groupe pour cet album est la suivante : Miranda Mulholland (aux violons et back vocals), Erik Arnesen (banjo et guitare) et Bret Higgins (contrebasse) et Greg Millson à la batterie.

Vous serez en spectacle dimanche prochain à la Maison des Arts de Laval, un mot avant ce spectacle ?

Ça fait un moment que nous n’avons pas joué au Québec et nous sommes impatients.

Photo : Asli Alin

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