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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Dans un Placard près de chez vous

DANY PLACARD

samedi 1er décembre 2012, par Sara Hébert

C’est à la fin de l’été dernier que Dany Placard lançait son cinquième album intitulé Démon vert. Quelques mois plus tard, ses chansons les plus accrocheuses tournent toujours sur les radios universitaires locales ainsi que dans nos cerveaux. Question d’en savoir plus sur la suite des choses, on s’est entretenu avec l’artiste.

Dany, t’as eu de bonnes critiques pour ton dernier album. Félicitations. Plusieurs journalistes ont souligné le fait que c’est un disque honnête et sans prétention. On a répété que tu n’avais pas d’objectifs commerciaux en tête en le lançant. Est-ce que c’est écrit dans le ciel que le folk vend moins que le rock ??

En tout cas, moi dans mon cas, ça vend plus quand j’fais du folk que quand je fais du rock [...]. Sur l’album précédent les tounes étaient plus courtes, elles avaient des refrains accrocheurs. Sur celui-là, les tounes n’ont pas de refrains, c’est plus des valses, pis des valses ça passe pas aux radios commerciales.

Dirais-tu que Démon vert connaît un succès inespéré ?

Oui, ça pogne plus. On a participé au festival Coup de coeur francophone récemment et les gens chantaient les nouvelles tounes. Chu vraiment content. Ça a bien été reçu. Neil Young ou Dylan se sont jamais cassé la tête, ils ont toujours fait ce qu’ils voulaient pis ça a toujours ben marché. J’étais peut-être pas honnête sur mon dernier album, celui-là est honnête. C’est tout le temps un coup de dés quand tu sors un disque, l’important c’est de les pitcher les dés.

Dans quel sens est-ce que tu considères que ton dernier album n’était pas honnête ?

C’tait plus un test. On avait envie de faire de quoi de rock, mais là j’avais le goût de faire du folk. J’ai écrit l’album la nuit, aussi. C’est des tounes plus relaxes qui sont sorties faque...on est allés comme ça. Pis aussi, Toots qui joue avec moi, s’était retrouvé à jouer de la guitare électrique sur le dernier album pis lui, y’é pas à l’aise avec ça. Y’avait l’gout de jouer du banjo du dobro, pis de l’acoustique. À c’t’heure [sur démon vert], tout le monde est heureux pis tout le monde joue vraiment de son instrument de prédilection. Moi je jouais du piano sur l’autre album pis j’aime pas ça jouer du piano. Là je joue de la guit’ pis j’ai du fun en maudit.

Les artistes qui font de la musique rock et folk semblent avoir la vie dure au Québec. Est-ce que t’as encore espoir de pouvoir vivre exclusivement de ta musique un jour ?

Ça fait deux ans que je vis de ma musique.

Vivre grassement j’veux dire…

Vivre grassement c’est relatif. Les artistes qui se mettent à tourner pis qui vendent 100 000 disques, s’ils mettent quatre ans avant de ressortir un album, un moment donné ils feront plus 100 000$ par année, ils vont faire 20 000$, comme moé. C’est normal. Pis c’est la même chose pour les acteurs et les monteurs en cinéma, tu peux passer six mois sans avoir de contrat. Desfois, tu peux être la saveur du mois, tu joues, tu joues, tu joues pis après ça, ça tombe. Faut s’organiser, c’est la même chose pour tous les pigistes. Mais vivre grassement, comme Ferland pis toute ça, j’trouve ça inespéré. Moi j’suis heureux dans vie, j’ai pas besoin de ça. Oui, si j’en avais un p’tit peu plus j’s’rais content, mais j’peux rien demander de plus...

Tu parles de ton fils sur ton album, s’il décidait de suivre tes pas et de se lancer en musique, quels conseils tu lui donnerais ?

Ça arrivera pas, il veut rien savoir, le plus vieux en tout cas. Peut-être que le plus petit, de trois ans, va vouloir faire de la musique. Si c’est le cas, je lui dirais de suivre son coeur. Faut pas se faire dire quoi faire, peu importe dans quel domaine tu travailles. Faut être heureux de nos réalisations.

T’es porte-parole des Francouvertes cette année, qu’est-ce que ça représente pour toi ce concours-là ?

Les Francouvertes, j’vois pas ça comme un concours, c’est plus comme une vitrine, un showcase trippant. Moi j’ai fini 20e ou 21e pis j’me suis fait remarquer à partir de ce moment-là. J’étais l’premier qui venait du lac St-Jean. Tu te fais voir. Y’a des gens aussi qui finissent premiers, qui gagnent le dix mille piasses pis qui font pu rien après. Mais c’est le fun, tu rencontres du monde, tu peux monter ton dossier de presse avec ça, Tu donnes tes premières entrevues, tous ces trucs-là.

Tu viens du Saguenay, les Dales, Dédé Fortin, Fred Fortin viennent de là… Pourquoi, selon toi, est-ce qu’il y a tant de bons rockeurs qui émergent de cette région en particulier ?

J’pense que c’est un adon en fait. Je sais pas. C’est peut-être le fait qu’on fait beaucoup d’ski-doo pis d’moto pis qu’y’a rien à faire à part ça pis d’jouer d’la musique. L’hiver est long en crisse, c’est peut-être ça. On s’enferme dans un garage pis on fait de la musique.

T’as fait plusieurs projets en collaboration avec des artistes d’ici, est-ce que c’est plus facile pour toi de créer en équipe ou en solo ?

Ça dépend avec qui. Avec mes musiciens, si j’arrive avec une toune qui est pas finie, c’est sure qu’après la répète, elle va être finie, pas le texte. Avec Michel-Olivier Gasse, pour les textes, ça va bien. Il me donne des belles pistes qui m’allument pis les bons mots qui me font finir mes chansons. Il écrit, il a un blog et il devrait publier un livre bientôt. Musicalement, tout le monde met la main à la pâte.

Tes chansons racontent beaucoup d’histoires, as-tu déjà songé à te lancer en littérature ?

J’me suis fait dire souvent de le faire, mais en même temps faudrait que j’m’y mette pis j’suis un petit peu paresseux. Écrire des chansons, ça se fait ben pis ça sort tu seul mais....Si j’me lançais dans quelque chose ce serait plus dans le style de Bukowski ou de Paul Auster (l’auteur du film Smoke). J’aimerais bien ça mais faudrait que j’me force pis là j’ai pas le goût de me forcer…

Est-ce que le prochain Placard sera rock ou folk ?

C’que j’aimerais c’est de faire un split sur Vinyle avec 4 tounes d’un bord qui seraient plus folk et 4 tounes de l’autre qui seraient plus rock. Soit ça ou quelque chose d’un peu plus Plywood 3/4. J’ai le goût de jouer un peu plus croche, de faire quelque chose d’un p’tit peu moins propre que le dernier album.

En terminant, si tu pouvais faire un album en collaboration avec l’artiste de ton choix, mort ou vivant, d’ici ou d’ailleurs, ce serait qui ?

J’ferais un album avec Tom Waits. Ce serait un nouvel album de Plywood 3/4.

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