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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Brooklyn sous la neige

CHARLES ATLAS

à Montréal le 8 mars 2008 pour le festival Under The Snow

mercredi 5 mars 2008, par François Legault

Charles Wyatt et Matt Greenberg se sont rencontrés il y a plus de dix ans alors qu’ils faisaient tous deux partie de la formation Dart. Aujourd’hui, les deux musiciens sont à nouveau réunis au sein de Charles Atlas et ont fait paraître cinq excellents albums sous ce nom jusqu’à présent. Charles Wyatt, le fondateur de la formation, a composé quelques pièces avec Eric Kowalski, mieux connu sous le pseudonyme Casino Versus Japan, et a également fait partie du groupe Piano Magic quelques temps pour maintenant se retrouver en charge d’un groupe bien à lui qui sera présent à Montréal ce samedi huit mars à la Casa del Popolo dans le cadre du festival Under the Snow. Il a gentiment daigné nous accorder un bref entretien.

Charles Atlas semble être un nom tout désigné pour le groupe étant donné que vous avez beaucoup voyagé depuis sa formation ; San Francisco, Milwaukee, Brooklyn et même l’Angleterre ont vu le groupe évoluer avec les années. Ressens-tu que les différents paysages et endroits visités au fil du temps ont affecté ton processus de création ?

En effet, chaque endroit où j’ai vécu a eu un effet sur moi. New York a été le plus grand défi jusqu’à présent parce que cet endroit est complètement fou et ne s’arrête jamais. Depuis que j’habite ici, j’ai constaté que je me sers de la musique principalement comme outil de méditation... Plus je m’y perd à jouer plus j’échappe au monde extérieur. New York est aussi l’endroit qui m’inspire le plus : on perd moins de temps à discuter et on l’utilise plus à créer. J’adore ça. Chicago semble posséder son propre cercle difficile d’accès si on ne connaît pas quelqu’un qui en fasse déjà partie et San Francisco est une ville très décontractée (ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose) et parfois les choses prennent plus de temps que prévu à s’y concrétiser. Je me sens vraiment à l’aise ici.

Tu as fait partie de la formation Piano Magic durant l’écriture et l’enregistrement de l’album A trick of the sea, paru sur l’étiquette Darla. Cet album a été enregistré dans un studio aménagé dans une petite chambre à coucher de Gospel Oak en 1998. Comment as-tu trouvé l’expérience ? As-tu cru Glen Johnson quand il a affirmé en entrevue avec la revue Losing today qu’il allait mettre fin à son projet Piano Magic, considérant que quatre ans d’existence étaient suffisants pour n’importe quel groupe ?

Quand je repense à cette expérience maintenant, je constate à quel point Glen a été d’une grande influence pour moi. Quand j’ai entendu Piano Magic pour la première fois, j’ai trouvé ça intéressant, mais ce n’était pas un style de musique qui se rapprochait de ce que j’aimais. Je n’ai jamais vraiment compris d’où il provenait. Nous avons commencé à nous fréquenter et avons réalisé que nos influences et la musique que nous avions écoutées en vieillissant étaient très similaires, mais même à ce point, je n’aurais jamais pu imaginer que nous collaborerions éventuellement. Il se servait beaucoup de claviers analogues et de batteries électroniques et ça me laissait froid. Je n’aimais que les guitares lourdes et pesantes à ce moment. Il m’a appelé un jour et m’a dit que Darla lui avait demandé d’écrire un « bliss out » et m’a demandé si je serais intéressé à l’accompagner en studio pour composer avec lui... et ça a cliqué. Je me suis un peu éloigné de ta question (désolé). À propos de l’existence du groupe, à ce moment, Glen n’avait pas réellement un groupe, les musiciens entraient et sortaient constamment d’un disque à l’autre... chaque disque sonnait nouveau. J’ai toujours trouvé ça incroyable. Maintenant que le noyau de Piano Magic est plus soudé, peut-être y mettra-t-il fin dans quatre ans ?

Maintenant que vous êtes installés à Brooklyn, ressentez-vous que vous faites partie d’une scène là-bas ? Y a-t-il d’autres groupes qui jouent une musique semblable à la vôtre ou êtes-vous ce mouton noir qui joue continuellement avec des musiciens qui ont une toute autre approche avec la musique ?

Je n’ai jamais ressenti que je faisais partie d’une scène en particulier. Je me sens plus apparenté aux arts visuels qu’au monde de la musique... Je crois qu’on peut dire la même chose du reste des membres du groupe également. Matt fait beaucoup de photographie et Sacha est passionnée de cinéma. Je crois que c’est ce qui nous a le plus inspirés. Je sais que je suis plus inspiré par l’image que par le son. Je ne comprend pas du tout ce qui se passe ici à New York aujourd’hui. Peut-être que je me fais vieux. Je crois que le moment est bien choisi pour un éloge au Canada. Je crois que les Weakerthans forment un des meilleurs groupes actuellement.

Jon Attwood, mieux connu sous le nom Yellow6, est un fan de longue date de Charles Atlas et vous avez commencé à composer ensemble et vous vous faites appeler Council Flat. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment décrirais-tu la musique de Council Flat et quelle a été la réaction du public lors de votre récente performance à New York ?

Je n’arrive pas à me souvenir comment Jon et moi nous sommes rencontrés. Je crois qu’il m’a écrit il y a de cela plusieurs années. Yellow6 et Charles Atlas sont partis en tournée deux fois ensemble : une tournée aux États-Unis et une en Angleterre. Jon est toujours agréable. C’est un excellent musicien. Nous avons joué avec l’idée d’enregistrer quelque chose ensemble durant des années. Puisque nous avons décidé d’un nom pour le projet, autant nous y mettre. Le concert de Council Flat était plutôt étrange. Nous n’avions pas la moindre idée de ce que nous allions jouer, alors nous avons simplement joué quelques pièces de nos répertoires respectifs en les changeant un peu.

Vos albums sont parus sur quatre différentes étiquettes jusqu’à présent : Star Star Stereo, Static Caravan, Ochre et Audraglint. Comment êtes-vous parvenus à faire affaire avec ces étiquettes ? Est-ce elles qui vous ont contactés ou en avez-vous contacté quelques unes vous-mêmes ? Avez-vous apprécié travailler avec toutes ces quatre étiquettes ?

Les gens qui s’occupent de ces étiquettes respectives ont toujours été des amis pour moi avant même d’avoir fait paraître nos disques. J’ai toujours été un de ces types qui écrivent aux groupes et aux « labels ». Je crois que ça a porté fruit en bout de ligne. Je crois que notre relation la plus approfondie est avec Static Caravan. Ils se sont toujours tenus derrière nous et nous ont laissé faire comme bon nous semble. J’espère continuer à travailler avec eux. Star Star et Ochre ne sont plus... hmmm ? Peut-être est-ce nous qui sommes passés à autre chose. David chez Audraglint a été très correct avec nous. Il est aussi un des mes concepteurs graphiques préférés. Il est vraiment un ROI.

Les dernières parutions de Charles Atlas sont deux splendides pièces qui accompagnent quelques compositions du nouveau projet de Glen Johnson Textile Ranch et une nouvelle pièce a vu le jour au sein d’une compilation qui célèbre les cinq ans de l’étiquette Audraglint. Ces récentes pièces semblent démontrer une orientation plus mature et classique qui se rapproche d’une musique de trame sonore. Quels sont vos plans pour le futur de Charles Atlas ? Seriez-vous intéressés à enregistrer une trame sonore ? Si oui, quel type de film aimerais-tu voir associé à votre musique ?

Nous avons élaboré des trames sonores pour les films qui jouent dans nos têtes depuis des années. À l’exception des frères Cohen, tous les réalisateurs pour lesquels j’aimerais travailler sont morts. À propos des deux nouvelles pièces, je crois que nous avons voulu nous lancer le défi d’enregistrer deux pièces qui sonneraient supérieures aux précédentes. Oakland est une de mes pièces préférées et je suis content de voir ce que nous avons su en tirer. Scott Scolter (qui a travaillé avec les Mountain Goats, Spoon et John Vanderslice) a vraiment su nous pousser et est parvenu à capturer l’essence même de ce que nous avions en tête.

Que pouvons-nous espérer de votre concert au festival Under the Snow ? Quels sont vos projets pour cette première prestation à Montréal ? Est-ce votre première visite dans la métropole ou y avez-vous eu affaire pour une autre raison que la musique dans le passé ?

Ça va être notre première fois au Canada et nous sommes très excités. Je n’ai entendu que du bien de Montréal. En ce qui a trait à notre prestation, je n’en aurai aucune idée tant que je n’aurai pas absorbé tout ce qui sera autour de moi. L’événement, les gens, la nourriture et la température auront tous leur part à jouer lors de la sélection des pièces que nous aurons envie de présenter. J’ai un très bon pressentiment. L’endroit a l’air bien et les noms à l’affiche sont intéressants, nous avons donc un bon début.

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