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L’homme derrière les claviers : Casiotone For The Painfully Alone démystifié

Casiotone For The Painfully Alone

dimanche 16 mars 2008, par Maryse Boyce

Owen Ashworth est grand, très grand. Lors de son passage dans la grotte du Zoobizarre, en octobre dernier, on aurait facilement pu imaginer un géant emprisonné dans un cachot, emmuré par ses nombreux claviers et boîtes à rythmes. Bonne nouvelle pour nous, il n’était pas là pour nous mimer un conte de fées version post-moderne, mais bien pour nous enchanter de ses chansons, en toute intimité. Et comme il tenait à regagner ses États-Unis nataux au plus vite pour poursuivre sa tournée, c’est par courriel qu’il a répondu à nos questions, quelques jours après sa première performance en contrée montréalaise. En voici le compte-rendu.

Comment as-tu commencé à faire de la musique, et pourquoi avec un clavier spécialement ?

J’ai commencé à enregistrer des sons avec une petite enregistreuse portative quand j’avais 15 ou 16 ans. Juste des sons. J’avais enlevé la partie de l’enregistreuse qui peut effacer les cassettes, et comme ça, je pouvais enregistrer d’autres sons par-dessus les premiers. C’était pour voir ce qui allait arriver. Je n’ai jamais vraiment joué ces enregistrements à qui que ce soit. C’était pour mon propre amusement, quelques années avant que je fasse des chansons dignes de ce nom. Plus tard, j’ai emprunté à mon frère son clavier à piles Yamaha et j’ai commencé à enregistrer des petites chansons sur un répondeur. Un ami m’a appelé et a aimé le résultat, puis il m’a demandé d’enregistrer une cassette avec plus de chansons. Il m’a même prêté un autre clavier. Ces petites machines étaient une bonne façon pour quelqu’un sans aptitude musicale particulière de faire des chansons. Je suis devenu accro à ces sons et ces beats et je me suis mis à acheter de plus en plus de claviers.

Avant de faire de la musique, tu faisais du cinéma. Est-ce que tu crois que cela t’as influencé dans ta manière d’écrire des chansons ? Crois-tu qu’elles ont un côté narratif plus important ?

Oui, je crois que tu as raison là-dessus. Je pense que la raison pour laquelle je n’aime pas vraiment les vidéoclips, c’est parce que pour moi, les chansons sont déjà des films en soi. Ajouter un film à un film me semble tout simplement excessif. C’est comme refaire Psycho ! Quelle idée terrible.

Crois-tu que vivre à Chicago a influencé la musique que tu composes maintenant ? De quelle manière ?

J’aime ces longs hivers qui font en sorte qu’il est tout à fait acceptable de rester à l’intérieur et de travailler sur des projets pendant des jours entiers. Je ne suis pas sûr que Chicago en elle-même ait été une influence, mais la neige me donne définitivement plus de temps pour faire des chansons. (Owen vient de San Francisco.)

Comment composes-tu tes chansons ? Est-ce que c’est plus facile pour toi quand tu es en tournée ? Est-ce que ça te prend beaucoup de temps avant d’arriver à une chanson dans sa forme définitive ?

Habituellement, je n’écris pas quand je suis en tournée. Parfois, dans la voiture, je vais avoir des idées pour des rimes, ou peu importe, et je griffonnerai des notes. Ou encore, parfois, une erreur bizarre sur scène va m’inspirer de nouvelles chansons, mais j’ai surtout besoin de passer du temps seul pour composer, et quand je suis en tournée, je suis plutôt occupé à faire autre chose.

Tu as joué tes chansons en compagnie du groupe The Donkeys récemment. Est-ce que c’était ta première expérience en tant que Casiotone version « orchestre » ? Comment as-tu aimé l’expérience ?

J’ai déjà joué avec d’autres groupes par le passé. En fait, j’ai déjà joué de la batterie pour l’ancien groupe d’Anthony des Donkeys, The Anchors, pour une petite tournée. Je connais les gens des Donkeys depuis quelques années et nous aimons tous beaucoup la musique que les autres font. C’était vraiment bien de jouer avec eux. J’aimerais que l’on habite tous plus près les uns des autres pour que nous puissions faire ça plus souvent.

Quelle genre de musique écoutes-tu en tournée ?

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J’écoute beaucoup de pop de d’autres pays et en d’autres langues que l’anglais. J’aime entendre ce qui est chanté sans pouvoir comprendre les mots. C’est facile d’imaginer que les paroles sont aussi bonnes qu’elles en ont l’air. Et c’est plaisant aussi de juste laisser son esprit divaguer et d’apprécier le son du chant. J’apprécie aussi les compilations obscures de soul, funk et de r n’ b, The Wu-Tang Clan et les baladodiffusions à propos de science.

Tes premiers albums étaient très lo-fi, dépouillés. Sur Etiquette, tu as introduit d’autres instruments en essayant rester fidèle à l’esprit de Casiotone For The Painfully Alone. Qu’est-ce que c’est essentiellement pour toi l’esprit de Casiotone ?

C’est un projectionniste décédé du nom de Joe Trish. Il est un fantôme et il m’a approché un jour alors que je regardais un film de vampires au Castro Theater à San Francisco.

Est-ce qu’on pourra entendre un nouvel album de Casiotone for The Painfully Alone dans le futur ? Oui ! Et il sortira très certainement en 2008 ou 2009.

Quels sont tes plans pour la prochaine année ? Penses-tu collaborer à nouveau avec des groupes, comme tu l’as fait avec les Donkeys ?

Probablement ! Je travaille présentement sur la musique d’un film qui s’appelle Stay The Same Ever Change. Ça implique des sonneries de téléphone. Je fais aussi quelques singles, des chansons pour des compilations et d’autres choses. Mon frère et moi avons collaboré à quelques pièces qui reprennent des chansons de Bruce Springsteen, pour une compilation qui paraîtra sur un vinyle 9". J’ai aussi enregistré Hark ! The Herald Angels Sing pour une compilation bénéfice pour la fondation Toys For Tots. Il y a aussi un vinyle 7" qui sortira le mois prochain [décembre 2007] qui comprend des collaborations avec Nick Krgovich du groupe No Kids, et aussi Jenn Herbinson qui chante sur beaucoup de matériel de Casiotone. Bref, occupé occupé occupé !

P.-S.

Photos : Ky Vy Le Duc

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