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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Rencontre au sommet

Calla (2005)

dimanche 6 mars 2005, par Stéphane Martel

Après avoir remporté un succès critique bien mérité et vu leur nombre d’admirateurs augmenter de façon significative avec leur dernier album, Televise, paru à l’aube de 2003, le trio new-yorkais Calla s’apprête à reprendre du service.

Ayant réussi à survivre au départ d’un de ses membres, le bassiste et claviériste Sean Donovan, le groupe que Godspeed You Black Emperor ! fit connaître au public montréalais il y a quelques années a déjà terminé l’enregistrement d’un quatrième album (réalisé par Chris Zane, le même derrière Televise) et se prépare à remonter sur scène pour présenter son nouveau matériel. Une tournée américaine et canadienne est déjà en branle avec le quatuor The French Kicks qui accompagne la bande pour quelques dates. Une année 2005 chargée en perspective pour les Brooklynois.

À l’aube de leur passage à Montréal et de leur participation au festival Under the Snow, on s’est entretenu avec Aurelio Valle, guitariste, parolier et chanteur du groupe.

Votre premier album éponyme était sur l’étiquette européenne Sub Rosa. Votre second, Scavengers, avec Young God et Televise avec Arena Rock. Sur quelle étiquette se retrouvera votre nouvel album ?

C’est difficile à dire pour l’instant. Le nouvel album a été terminé en novembre de l’an dernier et depuis ce temps, nous sommes à la recherche d’une autre étiquette établie à l’extérieur des États-Unis. Nous verrons ce que le futur apportera. L’étiquette qui acceptera de nous prendre sous son aile est celle avec laquelle nous resterons pour un bon bout de temps.

Es-tu satisfait du travail accompli par Arena Rock lors de la sortie de Televise il y a deux ans ?

Lorsqu’un groupe gagne en popularité depuis sa dernière production, tu dois admettre que quelque chose de bien a été fait. Mais d’un autre côté, beaucoup de choses auraient pu être faites différemment de notre part ainsi que de la leur.

Televise avait une balance idéale entre les moments acoustiques et tranquilles, les sons électroniques minimalistes et les pièces plus lourdes et rock. Que peux-tu nous dire à propos du nouvel album ? Est-il dans cette même veine ou explorez-vous de nouveaux territoires sonores ?

À chaque album, nous avons toujours essayé de ne pas nous répéter et en même temps de conserver les éléments qui nous identifient. Avec le nouveau matériel, nous avons adopté une approche davantage « live » et crue, mais tout en demeurant fidèles à notre son de guitares rampantes et notre esthétique « bruitiste ». Nous avons hâte de le sortir et nous jouerons la plupart du nouveau matériel lors de nos prochains spectacles.

Que sera le titre de ce nouvel album et quand devrait-il paraître ?

Son titre est Collisions et nous espérons qu’il verra le jour tard ce printemps ou tôt cet été si tout va bien.

Comment les sessions d’enregistrement se sont-elles déroulées ?

Eh bien, la majeure partie de la dernière année a été un cours intensif de l’industrie musicale pour nous. Nous avons traversé de nombreux obstacles et nous en sommes sortis vivants. Les sessions d’enregistrements ont débuté en juillet avec notre bassiste Sean Donovan qui quitte les rangs du groupe. Souhaitant aller de l’avant, nous avons passé le mois suivant à écrire, ré-écrire et pratiquer. Ce qui s’annonçait comme un véritable désastre à cause d’un manque de préparation s’est avéré une expérience particulièrement enrichissante. Peter Gannon, le deuxième guitariste, anciennement de notre groupe précédent, The Factory Press, a joué au bassiste pour la session d’enregistrement. Nous avons joué toutes les pistes de l’album en direct, à l’exception des « overdubs », des échantillonnages, etc. Ceci démarque Collisions de nos albums précédents qui étaient tous un mélange de séquences préenregistrées et de performances « live » en studio.

Où déniches-tu l’inspiration pour écrire tes textes parfois lugubres, déprimés et drogués ?

Parfois ? Tu sais, je crois que les gens pensent ce qu’ils veulent bien en penser de mes textes. C’est ce que j’aime des chansons. Si tu peux t’identifier à une chanson avant même que tu découvres ce que l’artiste voulait vraiment dire, je crois que ça a davantage de signification et d’importance pour l’auditeur. Même si pour l’artiste, c’est bien de se sentir l’esprit en paix après avoir écrit sur quelque chose qui le dérangeait. Cela peut être extrêmement thérapeutique à vrai dire. Mais pour répondre à ta question de manière appropriée, je te dirais l’expérience.

Est-ce que tu prends en considération tout ce que les critiques et journalistes écrivent sur ton groupe, vos albums et spectacles ?

Oui et non. Je dois admettre que tu apprends plus d’une mauvaise critique que d’une bonne. Bien entendu, les bonnes critiques sont formidables, mais elles ne restent avec toi que pendant une courte période de temps, alors que les mauvaises peuvent rester très longtemps. Lorsque je lis quelque chose de négatif, je vais soit en rire ou simplement penser que ce con a raison ! En réalité, nous nous débarrassons des mauvaises critiques en les acceptant, en étant d’accord avec les propos des journalistes. À la fin du compte, une attitude comme celle-là, te garde constamment sur le qui-vive.

Comment la scène musicale new-yorkaise se porte-t-elle ces temps-ci ? Que penses-tu de toute la scène alternative de l’endroit ?

Il y a une bonne poignée de groupes qui roulent leur bosse depuis longtemps et qui commencent à sortir de l’ombre et gagner en popularité. Je trouve que la meilleure musique demeure ignorée par les têtes des entreprises musicales, mais la scène continue néanmoins d’évoluer. L’industrie est passée près de se faire mâcher et immédiatement recracher, mais en réalité, c’est que les dirigeants ne comprennent toujours pas comment la « business » fonctionne. Ils peuvent signer tous les clones des Strokes qu’ils veulent, mais les vrais de vrais, ceux qui se démarquent du lot et remporteront du succès, les prennent toujours par surprise.

J’ai entendu que tu avais une véritable relation d’amour/haine avec la ville de New York. C’est vrai ?

Oui. Je crois que beaucoup de personnes se sentent aussi de cette façon. Tu te nourris de la haine que tu ressens envers elle et tu vis ta vie de tous les jours en t’apercevant, qu’après tout, tu l’aimes et tu ne pourrais pas t’en passer. Je pense exactement de la même façon en ce qui concerne la musique.

Tu préfères travailler dans le confort d’un studio ou offrir des performances « live » ?

Je pense que nous travaillons tous mieux à la maison, ensuite vient le studio, puis les spectacles. Ce procédé est très important pour nous. Nous échangeons des idées jusqu’au moment où vient le temps d’enregistrer. La plupart du temps, les chansons prennent une nouvelle vie et une énergie différente lorsque vient le temps de les jouer en spectacle.

Calla a déjà interprété des chansons de Neil Young, Steve Miller et même des Beatles en spectacle. Il y aura des surprises et de nouvelles reprises lors de votre prochaine tournée ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Pete et moi avons fait beaucoup de spectacles acoustiques l’été dernier. Nous avons essayé des nouvelles chansons ainsi que beaucoup de reprises. Alors, au milieu de la prochaine tournée, je suis convaincu que nous allons dénicher de nouveaux trucs intéressants.

Je sais que tout le monde dans le groupe travaille à temps plein et est fort occupé, mais pouvons-nous nous attendre à de nombreux spectacles de Calla cette année ?

Oui. Avec notre nouveau bassiste, George Gonzalez qui nous suivra partout, nous avons l’intention de donner autant de spectacles qu’il nous sera possible d’en donner. Nous avons déjà hâte de monter sur scène.

À quoi pouvons-nous nous attendre de Calla lors de son passage à Montréal pour le festival Under the Snow ?

Essentiellement du nouveau matériel. Quelques chansons ont été jouées lors de notre dernier passage à Montréal, mais en majeure partie, vous aurez l’occasion d’entendre presque tout le nouvel album.

Qu’écoutes-tu comme musique présentement ?

J’écoute Colder, Wilco, Gang Gang Dance, la trame sonore du film The Brown Bunny et un extraordinaire disque démo de cinq chansons d’Elton John, très jeune, chantant du Nick Drake ! Qui aurait cru ?

Quels sont les autres projets de Calla cette année ?

En plus des spectacles, nous travaillerons sur un lot de chansons pour le prochain disque. Nous voulons le sortir beaucoup plus tôt que ça a pris pour sortir Collisions.

P.-S.

EN SPECTACLE : Vendredi, 4 mars 2005 Sala Rossa

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