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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Le calme après la tempête

CALLA (2002)

janvier 2002

image 240 x 150Le groupe de Brooklyn, NY s’est fait connaître à Montréal grâce aux membres de Godspeed You Black Emperor ! qui ont eu la gentillesse de les inviter l’an dernier alors que le trio New-Yorkais était encore parfaitement inconnu ici. La foule de l’Olympia avait rapidement été séduite par le groupe et depuis, Calla a fait paraître un second disque en terre américaine. J’ai profité de cette occasion pour échanger quelques mots avec le groupe lorsqu’il était de passage en ville (le 1er septembre dernier) et cette conversation s’est poursuivit peu après les attentats survenu à New-York le 11 septembre dernier. Les trois membres de la formation, soit le chanteur et guitariste Aurelio Valle, le bassiste et claviériste Sean Donovan, ainsi que le batteur et percussionniste Wayne B. Magruder ont répondu avec enthousiasme à nos questions.

Quand avez-vous formé Calla et comment avez-vous choisi le nom du groupe ?

A.V. : On a formé le groupe à New-York en ’97 ou dans ces alentours, mais nous jouons ensemble dans plusieurs projets depuis fort longtemps. Le nom vient de l’espagnol, où le mot veut dire "silence ou fermé là" ainsi qu’un mot d’argot romain qui veut dire "escroquerie".

C’est étrange qu’un groupe Américain trouve refuge chez un label européen, comment avez-vous été contacté par Sub Rosa ?

W.M. : On a fait un démo sur cd-r et nous l’avons envoyé à très peu de labels, dont Sub Rosa que nous respectons énormément. Il nous ont contacté et ont offert de faire paraître notre premier disque. Peut-être que notre musique a plus de sens pour les Européens !

J’ai aussi entendu que votre prochain disque paraîtrait encore sur Sub Rosa en Europe, mais qu’en Amérique, vous ne voulez pas refaire un disque avec Young God… Pourquoi ?

A.V. : Nous ne connaissons pas encore les plans futurs, mais effectivement, le prochain ne sera pas avec Yound God. Michael nous a offert un second contrat, mais nous avons senti le besoin de bouger quand même.

W.M. : Young God’s a été un bon label pour l’album "Scavengers", mais ce n’est tout de même pas notre choix pour le prochain disque.

Sean m’a dit que vous ne jouez pas souvent en concert, est-ce dû à vos emplois ? Que faites-vous comme travail ?

A.V. : Depuis que nous sommes de retour de l’Europe, on se concentre plus sur de nouveau morceaux. Je travaille dans un club qui s’appelle "Tonic" et qui supporte beaucoup notre groupe.

W.M. : C’est surtout que nous passons plus de temps sur du nouveau matériel qu’à se donner en spectacle. Je travaille à Manhattan, dans une firme d’architecte où je fais du graphisme.

S.D. : Je travaille pour une publication de musique qui s’appelle Harry Fox. Et oui, comme on le dit, on enregistre du nouveau matériel.

Vous ne demeurez pas dans le secteur de l’ex-World Trade Center, mais comment vous sentez-vous avec de pareilles attaques si près de vous ? Avez-vous peur que ça ne soit qu’un début ?

A.V. : Nous habitons tous à Brooklyn, mais comme de n’importe où à NY, nous avions une bonne vue sur les tours. Que ces attaques persistent ou arrêtent, nous avons à ré-évaluer nos vies de chaque jour. Avant d’emménager à New York, peu après le premier attentat du WTC en 96, je n’y avais jamais mis les pieds. Un ami a essayé de m’expliquer comment la destruction aurait pu être massive s’ils avaient réussi. En voyant les tours pour la première fois, ça semblait tellement impossible que je n’y pensais pas tant que ça, ...

Après avoir été témoin de l’impossible comment peux-tu être la même personne ?

W.M. : Je sens que tous ceux qui vivent dans une grande ville américaine devraient se sentir troublé en ce moment et malheureusement, je pense que cela va perdurer, peut-être durant le reste de ma vie. J’espère que ce désastre va pousser le public à en apprendre plus sur les politiques étrangères des États-Unis et qu’il comprendra la relation de cause à effet.

S.D. : Ceci est certainement une époque que personne n’oubliera. Manhattan a été complètement fermé le 11 septembre et je me suis senti très isolé. Personne ne savait vraiment ce qui était en train de se passer et nous ne savions pas comment nous étions censé rentrer chez nous (Il faut dire que le "Emergency Broadcast System" était complètement silencieux. Si ça ne donne pas d’instruction sur la sécurité du public en ce 11 septembre, mais quand est-ce que ça la fera, bordel ?!?). Je me suis retrouvé à rencontrer Wayne et ma petite amie et nous avons marché jusqu’à la maison en passant sur le pont Williamsburg (j’ai dû marcher environ 5 miles). Lorsque je suis arrivé à la maison, notre voiture était couverte de cendres de l’explosion et j’ai trouvé des morceaux de papier qui étaient légèrement brûlés. En ce moment, j’essaie de trouver la fine ligne entre la paranoïa et la vérité.

Pensez-vous que New York est réellement une bonne ville où vivre ou est-ce une ville où l’on va pour les groupes de musique et pour la culture ?

A.V. : Je ne peux m’imaginer une autre ville dans le monde que tu peux haïr, mais aimer y vivre...

W.M. : C’est vraiment une ville d’extrêmes. De la température aux gens qui y vivent, il n’y a aucune autre place comme celle-là, pour le meilleur ou le pire. Parfois tu peux penser ne pas être capable d’y survivre et parfois tu ne peux t’imaginer vivre ailleurs qu’ici.

S.D. : Les meilleures choses à propos de N.Y. ne sont évidement pas les conditions de vie. C’est vraiment triste de voir où certaines personnes demeurent. Je crois que tu dois vraiment vouloir y vivre ou alors les ennuis de tous les jours (les extrêmes dont Wayne a fait mention) peuvent sembler ne pas en valoir le coup.

Lors de votre dernier passage à Montréal, vous avez joué une pièce de Neil Young "Harvest Moon" et vous jouez aussi une pièce de Steve Miller sur votre dernier album. Alors, nous aimerions savoir quelles sont les influences de Calla ?

A.V. : Nous avons beaucoup d’influences. Il est intéressant de faire des reprises, d’essayer et de prendre une approche différente pour une chanson, ça vaut le coup en bout de ligne.

W.M. : Oui, je dirais que toutes nos influences sont très différentes. Nous avons grandi en écoutant plus ou moins la même musique. Je crois que ce sont ces nouvelles influences qui sont filtrées par nos vieilles influences (possiblement de façon inconsciente). En effet, dans mon cas, les beats inspirés d’Autechre et de hip-hop sont passés par les Velvet Underground, qui sont passés par Joy Division qui sont passé par… etc.

S.D. : Un de mes aspects préférés de Calla est nos influences diverses. Je suis très intéressé par la connexion entre les idées d’avant-garde et les populaires.

Qu’est-ce que vous écoutez présentement comme musique ?

A.V. : Depuis le 11 septembre, je n’ai pas été capable de vraiment écouter mes disques, sauf Willie’s red headed stranger. Avant ça, j’étais dans une autre de mes phases New Order.

W.M.:Cannibal ox, Missy e. Janek Schaefer, Bjork, des complilations dub. Je suis en train de retourner aux classiques comme Neil Young, Isaac Hayes, Can, VU, Morton Feldman.

S.D. : Comme Aurelio, j’ai mis une sorte de distance entre moi-même et ma collection de disques. La musique peut ramener des souvenirs très forts et je suis donc retourné à mes racines comme VU, John Cage et U2, et c’est passablement tout ce que j’ai écouté durant les deux dernières semaines.

En attendant un nouvel album ou un prochain passage de Calla en ville, nous ré-écouterons leurs deux premiers disques et nous attendrons impatiemment des nouvelles du groupe. Si vous aimez la musique inspirée et inspirante, tranquille, paisible et minimaliste, sans aucun doute vous apprécierez les albums de Calla.

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