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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Broklyn Beats Records

dimanche 10 octobre 2004, par François Legault, Pascal Asselin

Comment est né Broklyn Beats et pourquoi ?

Criterion : Nous avons commencé à imprimer nos disques par éditions de cent à 400 copies quand les graveurs CD-R devinrent finalement abordables. Nous avons grandi à partir de ce moment et continué de persévérer tel que nous l’avions fait pour des projets similaires avant Broklyn Beats.

Heather (Doily) : Avec peu de ressources et aucune connaissance de l’industrie du disque ! Nous avons senti qu’il n’y avait pas d’étiquette électronique (du moins aux États-Unis) qui ferait paraître notre style de musique tout en prenant des engagements au plan mondial comme nous souhaitions le faire ou qui nous permettrait d’être représentés de la façon dont on le désirait.

Percevez-vous votre passage d’une étiquette de CD-R à celle de vrais disques comme un mouvement dans l’industrie du disque ?

C : Non, parce que nous avons toujours vendus exclusivement nos disques à des distributeurs indépendants qui partagent une attitude similaire à la nôtre. La demande était présente dès le départ mais ça nous a pris du temps pour accumuler suffisamment d’argent pour imprimer des vinyles. Le procédé complet de faire rouler une petite entreprise qui vend de la musique constitue une expérience très créative et gratifiante. Nous nous concentrons sur l’échange équitable. Je constate que s’occuper d’une entreprise confère un certain pouvoir.

H : La légitimité de notre projet fût acquise longtemps après nos premières parutions. C’était surtout une question d’argent… Nous avons débuté sans le sou, les CD-R sont beaucoup moins dispendieux que les disques officiels et surtout moins que les vinyles. Nous avions par contre l’impression que nos CD-R ne circulaient pas suffisamment. Les magasins et distributeurs ne les achètent pas.

Quand j’écoute la plupart de vos parutions, je constate que l’expérimentation, telle que l’innovation, se distingue dans la majeure partie de celles-ci, particulièrement dans les sections rythmées. Est-ce que vous voulez ou souhaitez être reconnus comme une plate-forme pour les artistes qui traitent une rythmique expérimentale ?

C : Oui, mais nous sommes également heureux de fournir à une communauté de musiciens leur plate-forme. Nous essayons de ne pas nous limiter à un certain son avec nos parutions. L’intuition et l’amitié nous prêtent généralement main forte. Oui, nous sommes obsédés par la musique et le rythme et apprécions être reconnus pour nos efforts. J’ai besoin de me trouver un passe-temps pour me changer les idées de toute cette musique.

H : Oui. J’ai récemment dû refuser quelques pièces d’un artiste parce que je trouvais qu’elles sonnaient trop drum and bass conventionnel (nous avons d’ailleurs certaines pièces de l’artiste en question qui sont définitivement inspirées du drum and bass mais qu’il a découpées en morceaux). Ce n’est pas que les pièces ne me plaisaient pas mais parce que je suis intéressé à repousser les frontières et éviter de me coincer dans un style particulier. Comme Criterion l’a dit nous espérons élaborer des communautés de musiciens qui travaillent sur plusieurs différents éléments. Des ponts et non des tunnels, baby. J’en ai assez de ces gens qui ne nous donnent pas notre chance parce que nous ne sommes pas ce qu’ils ont l’habitude d’entendre (peut-être trop abrasifs ?) ou parce qu’ils sont trop aveuglés par la scène new-yorkaise rock ou techno ou quoi que ce soit et qui sont trop fermés d’esprit et inaptes à l’aventure pour découvrir autre chose. Je crois toutefois qu’un jour cette distinction sera notre force. Je sais que ce l’est déjà pour un petit groupe de personnes.

Est-ce qu’il vous arrive de signer avec des artistes qui proviennent de l’extérieur de New York ou qui ne sont pas d’abord des amis ?

C : Oui, c’est arrivé quelques fois. Nous communiquons beaucoup par courriels et nous avons visité l’Europe, le Canada et les états de l’ouest cinq fois et nous y rencontrons toujours des gens intéressants qui créent de la musique étrange. C’est une petite scène mais le talent en déborde. Notre nouvelle parution est signée Drop the Lime et nous l’avons rencontrée il y a à peine un an. La précédente nous vient de Troy Geary, quelqu’un que nous connaissons depuis près de dix ans.

H : 1-Speed Bike est un vieil ami de Criterion rencontré à Minneapolis qui vit à Montréal, /rupture vit en Espagne, Troy Geary vit à Portland, Oregon, Rotator vient de Rennes, France… Mais oui, plusieurs des artistes nous ont été présentés par des gens de New York ou sont de vieux amis. Nous sommes présentement en contact avec un certain nombre de personnes que nous n’avons jamais rencontré mais dont nous aimons la musique : nous espérons les faire connaître prochainement. Un collectif de Toulouse qui se nomme Trolls, par exemple.

Vous semblez beaucoup vous impliquer dans la ville de New York et supportez aussi des mouvements politiques. Est-ce aussi important que l’étiquette et/ou quelque chose qui a besoin de l’être en parties égales ?

C : Je crois que la meilleure façon de répondre à cette question est d’affirmer que nous nous inspirons du climat politique qui nous entoure et y référons, du moins aussi loin que notre musique est concernée. Nous pouvons aussi déclamer que nos choix de parutions reflètent la situation dans laquelle on vit. Il y a une collectivité invisible parmi les gens impliqués, je crois. Nous avons récemment payé 600 dollars à un centre communautaire anarchiste (ABC-NORIO) obtenus grâce à la vente d’une compilation bénéfice intitulée Brutal Police Menace.

H : Nous pourrions définitivement nous impliquer davantage que nous le sommes mais, oui, nous nous inspirons de la scène politique et y participons. C’est plus mon entourage que moi-même qui informe ma musique. Je ne sais pas si c’est à parties égales mais les deux font partie de tout ce qu’on fait paraître. Certains disques tels que le 45 tours de Donna Summer n’est qu’un vent d’air frais pour nous. Nous avons tendance à être un peu trop sérieux parfois et c’est bien de se laisser aller aussi.

Que peut-on attendre de vous prochainement à part de bons disques ?

C : Nous produirons sans doute des dommages audio au 103.9 FM durant la convention GOP. L’été ne fait que nous diriger vers la convention et les élections. Cet été fût l’un des meilleurs depuis que nous avons déménagés vers Brooklyn il y a six ans. Nous apprécions le climat et travaillons de jour. Je m’occupe d’un restaurant, Heather jardine et sert au bar. Nous espérons pouvoir tourner au Canada et en Angleterre dans la prochaine année. Doily et moi ferons chacun paraître un album au début de l’année prochaine. En attendant, visitez le www.broklynbeats.net- pour des MP3 et notre magasin en ligne. Le magasin est un autre effort dont nous sommes fiers. Il contient plus de 200 CD et vinyles de musique électronique expérimentale ésotérique d’un peu partout dans le monde. Finalement, nous aurons une émission en direct à Barcelone sur www.burn.fm. Jetez-y un coup d’œil. C’est ce qui nous tiendra occupés !

H : J’ai besoin d’étudier mes machines de fond en comble pour être un meilleur producteur. Je dois les considérer comme mes amies et co-conspiratrices. Je viens d’obtenir une basse donc je dois réussir à en tirer profit et créer de bonnes lignes pour mes prochaines pièces. Ça m’excite de créer mes propres échantillonnages. Peut-être même vais-je utiliser des voix. Je dois arrêter de fumer (encore). Aussi, je considère quitter la civilisation pour une période de deux ans afin de suivre un cours de jardinage en Pennsylvanie (le cours débute en mars 2006 j’ai donc encore le temps d’y penser). Le jardinage est mon autre passion qui s’avère souvent plus rentable que la musique. Il y a une forte demande de verdure plus le monde se concrétise et recherche de petites jungles. L’étude des plantes et des technologies devrait s’harmoniser.

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