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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Surface et Profondeurs

Below the Sea

dimanche 20 février 2005, par François Legault

À cheval entre la métropole et la vieille capitale, la formation Below the Sea s’est forgée une solide réputation au fil des années suite à de prestigieuses prestations en province, mais aussi outre-mer. En effet, la musique du trio, à la fois ambiante et progressive, prend son essor lors de leurs performances sur scène alors que rythmes et mélodies atteignent leur apogée. À l’aube d’une nouvelle année qui semble prometteuse pour le groupe, Patrick Lacharité, guitariste de la formation, s’entretient avec Emoragei.

Votre public, de plus en plus large, a su faire honneur à vos deux albums, particulièrement Les arbres dépayseront davantage qui s’est très bien vendu en Europe et même au Japon. Comment expliquez vous ce phénomène alors que bon nombre d’artistes québécois ont peine à exporter leur musique même suite à un succès au Québec ?

Je crois qu’on peut expliquer ça par le fait que Montréal est considérée comme une ville phare au niveau du post rock. La formation Godspeed You Black Emperor ! a grandement contribué à placer Montréal sur la carte grâce à sa renommée internationale. Les gens considèrent maintenant la ville un peu de la même façon que Chicago. Cette réputation ne peut pas nuire à notre musique. D’autre part, notre premier album est paru en Europe, ce qui nous a permis de faire une visite en Belgique. Ces deux facteurs peuvent expliquer les ventes d’albums outre-mer.

Un nouveau bassiste a pris la relève au sein du groupe depuis quelques mois déjà. Comment Victor s’est-il retrouvé à jouer avec vous et pourquoi Mathieu Lévesque a-t-il quitté le groupe ?

En fait, Mathieu Lévesque ne s’est pas fait indiquer le chemin de la porte et n’a pas quitté le groupe par lui-même non plus. C’est un détachement qui s’est lentement instauré parmi nous. Il était attiré par une musique actuelle et expérimentale, alors que Pascal et moi avions d’autres motivations. Le fait d’être attirés vers des directions opposées rendait la composition difficile et nous a forcé à séparer nos routes. Mathieu travaille maintenant à d’autres projets. Victor est un ami commun à Pascal et moi, il aime la même musique que nous. Il jouait de la guitare lorsque nous lui avons proposé de prendre la relève et il a commencé à jouer de la basse dans le but de faire partie du groupe.

Deux maxis et quelques pièces composées afin de soutenir divers projets et compilations ont vu le jour depuis la parution du deuxième opus. Peut-on s’attendre à un nouvel album pour bientôt ?

Oui, probablement pour cet été, en tout cas avant la fin de l’année. Pascal habite la ville de Québec et il est plutôt difficile de nous rencontrer. Nous avons tous des horaires surchargés, mais si tout va bien nous aurons du nouveau pour l’été. Nous n’avions rien fait paraître depuis deux ans au moment du lancement de notre dernier maxi. Nous avons trimé dur pour le sortir à temps pour le spectacle.

Les multimédias font depuis longtemps partie intégrante de vos concerts, chacun d’entre eux étant accompagnés d’un film ou de projections qui fournissent une dimension additionnelle à vos compositions. Quels sont vos projets actuels de ce côté ? Prévoyez-vous un vidéoclip ? Un DVD ?

Les vidéos qui accompagnent nos prestations sont tournés et montés par Marilyne Houde, une amie d’enfance. Lors de nos débuts, elle avait l’aide d’une amie pour préparer ses films, maintenant elle le fait seule. C’est beaucoup de travail pour elle de préparer ses films et nous lui en sommes très reconnaissants. Lorsqu’il est possible pour nous de voyager ensemble, les concerts de Below the Sea sont accompagnés d’un de ses films. Un collectif montréalais du nom de Fluorescent Hill nous a approché récemment afin que nous produisions la trame sonore d’un film d’animation de leur cru. Ces trois personnes ont collaboré avec des artistes tels que Badly Drawn Boy, Pilate et Sixtoo. Ils créent des montages à partir de séquences vidéo auxquelles ils ajoutent des animations.

Après avoir côtoyé des artistes tels que Calla, Sylvain Chauveau et Ulrich Schnauss, la portée de votre musique s’agrandit autant en terme culturel que géographique. Quelle est la réaction du public à votre égard lors de concerts loin du Québec et comment percevez-vous la mission du groupe face aux tournées ? Est-ce une nécessité ou un plaisir en premier lieu ?

Les deux en même temps. Nous aimons faire découvrir notre musique à d’autres publics que ceux de Montréal et Québec. Je ne crois pas que les artistes que nous côtoyons aient une influence particulière sur notre musique, à part peut-être Sylvain Chauveau que nous admirons beaucoup et avec qui nous avons déjà collaboré et Ulrich Schnauss, de prime et d’abord, qui fera sentir sa présence sur notre prochain album. Les gens des villes étrangères nous perçoivent simplement comme un groupe qui fait de la musique instrumentale. L’avantage de tourner en Belgique ou en Italie est que nous atteignons plus de monde, ce qui nous permet de vendre des disques et de voyager. Souvent, les voyages sont éprouvants, mais ils nous permettent de joindre l’utile à l’agréable.

La distance entre les membres du groupe vous a longtemps obligés à composer chacun des morceaux séparément pour ensuite partager le travail lors de vos rencontres. Composez-vous toujours vos pièces de la même façon ? Avez-vous de plus fréquentes rencontres ?

Nous ne composons pas du tout à distance, c’est pourquoi chaque minute a son importance lors de nos rencontres. Nous ne pratiquons pas vraiment chacun de notre côté non plus d’ailleurs. Quand nous sommes réunis, Pascal compose des rythmes un peu au hasard et j’essaie de travailler dessus pour qu’on s’en reparle par la suite, mais nous composons généralement tous ensemble.

Si je demande aux membres leurs morceaux ou albums préférés, aurai-je les mêmes réponses ? Y a-t-il une bonne entente entre vous trois pour le choix des pièces ou est-ce difficile de rassembler vos idées pour le produit final ?

Cela a déjà été une complication dans le passé pour environ le tiers de nos morceaux. Quand nous croyons en une pièce, nous l’enregistrons tant et aussi longtemps qu’elle nous intéresse, sinon on l’abandonne en chemin, si bien que pour un album qui nécessite douze pièces, nous en avons treize de prêtes au moment de l’endisquer. Nous procédons d’une façon semblable pour nos pratiques : si nous prévoyons jouer neuf pièces, nous en pratiquons dix. Nous essayons de jouer en spectacle les pièces qui n’ont pas trop d’instrumentation, sans quoi nous serions obligés d’en créer des versions plus minimalistes ou dénudées, ce que nous préférons éviter. L’entente entre les membres du groupe est très bonne. Nous préférons rire ensemble que s’obstiner.

Auprès de quels artistes est-ce que Below the Sea serait intéressé de se produire ou collaborer dans le futur ? Avez-vous un souhait pour l’année 2005 ?

Nous aimerions collaborer avec des artistes qui ne composent pas le même genre de musique que nous. Comme nous maîtrisons déjà la batterie, la basse et la guitare, nous préférons inviter quelqu’un qui joue d’un instrument différent. Dans la plupart des cas, il s’agit d’amis personnels plus ou moins connus de la scène. Michael Feuerstack de la formation Snailhouse s’est proposé de jouer de la slide guitar pour nous dernièrement. Nous serions plus intéressés par des artistes hip-hop ou électro-minimalistes que par des groupes shœgaze ou post-rock étant donné que c’est déjà notre domaine. Je ne sais pas trop avec qui par contre, Christian Fennesz ça pourrait être drôle. Notre souhait est de partir en tournée européenne pour soutenir la sortie de notre prochain album. C’est toujours agréable d’y jouer, les gens y sont très réceptifs.

P.-S.

EN SPECTACLE : Vendredi, 4 mars 2005 Sala Rossa

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