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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Chassez le naturel, il revient au galot !

Barzin

samedi 5 mars 2005, par Arnaud Cordier

Si, parfois, deux ans suffisent à enterrer solidement un album dans les méandres d’un oubli sidéral, l’album éponyme de Barzin H. n’a jamais réellement cessé d’hanter la mémoire de ceux qu’il a touchés par sa plénitude fragile et enivrante, songe d’une nuit bleutée. Depuis la sortie de l’album, le Torontois s’est fait discret, repoussant même la date de parution de son deuxième essai à une date ultérieure. À la veille d’un réveil concret lors de deux festivals canadiens, dont la première d’Under The Snow à Montréal, Barzin H. revient sur ces deux années passées dans le Michigan en attendant la prochaine éclosion.

Où étais-tu pendant ces deux ans de discrétion marquée ?

Je me suis installé à Ann Arbor pendant tout ce temps. J’ai tâché d’écrire de nouvelles chansons et ainsi tenter de donner suite au premier album. Je dois dire que ce ne fut pas de tout repos en terme de création. Je suis en train de retravailler sur certaines composantes du prochain album, dans la douleur à vrai dire, je suis dans une phase de réparation si tu veux.

Quel genre de réparation ?

En fait, on a enregistré une première fois le tout et, au mixage, je n’aimais pas du tout le son de la batterie. Normalement, on aurait dû réenregistrer toutes les lignes de batterie, mais à cause du coût de production, on a décidé de ne reprendre que quatre pièces problématiques. Cela nous a pris un temps fou à trouver le son que je voulais.

En fait c’est une sorte de puzzle ?

Oui exactement. On a dû prendre les nouveaux enregistrements de batterie pour les incorporer aux chansons initiales et tâcher de rendre l’enregistrement le plus naturel possible sans que l’on sente la retouche derrière. Un travail de dingue qui épuise à la longue.

Est-ce que tu as essayé d’autres possibilités ou le son et l’ambiance tenderont vers ce que l’on connaît de Barzin ?

Durant ces deux ans, je me suis dit que je devais changer, essayer d’autres genres, de rompre avec mon penchant pour des mélodies à tempo lent par exemple. Je me suis mis à accélérer le tempo, j’ai touché à l’electronica, pris d’autres instruments pour diversifier le cadre et au bout du compte, je me suis rendu compte que je fuyais ce que j’étais. Je perdais dans un certain sens mon âme, mon honnêteté. J’ai parfois l’impression que ces deux années n’ont été qu’un échec à vouloir tout changer pour se retrouver au même point. Maintenant, j’assume mieux ce que je suis capable de composer même si cela n’apporte pas de changements flagrants à ma musique.

On ne peut jamais parler d’échec à apprendre de ses erreurs et essais.

Non, effectivement et je m’en rends compte maintenant, d’autant plus que j’ai appris beaucoup de ces tentatives et j’en ai même gardé des éléments pour le prochain album.

En écoutant dernièrement ton album éponyme, je me demandais si tu planifiais de pouvoir les jouer dans cinq ou dix ans sans que l’auditeur puisse dater les compositions, une sorte de longévité naturelle des chansons ?

Merci pour le commentaire et oui, dans un sens, j’essaie de ne pas minimiser le temps quand je compose et que j’utilise tel ou tel son de guitare, d’atmosphère. Je m’imagine dans le futur avec la chanson et si je sens la projection possible, alors elle a une valeur temporelle. Je fais attention à ce que la personne qui écoute les chansons ne puisse se référer à une certaine période. Un synthétiseur peut facilement se dater ainsi que certains sons de guitares s’associer aux années 1980, par exemple. C’est le même principe pour les harmonies vocales.

Est-ce que tu prends le temps d’écouter d’autres gens en période de création ?

Oui, mais pas énormément. J’ai beaucoup été inspiré par Parker & Lilly. Leur technique vocale est unique et ça m’a fasciné à chaque écoute et puis il y a aussi The Clientele à qui j’ai demandé par « mail » s’il pouvait me donner leur truc, j’étais obsédé par leurs méthodes. Ils m’ont répondu en n’oubliant pas de me donner leur potion magique en quelque sorte.

Ces deux dernières années passées aux États Unis t’on permis de prendre le poux de ce qui se passe en bas de chez toi et de jouer les observateurs ?

Oui, mais en même temps, cette partie du pays n’est pas très représentative de ce qui se passe à une échelle plus grande sur le territoire. Ann Arbor et le Michigan, en particulier, sont très pro-démocrates et très progressistes. La plupart des gens étaient critiques envers l’administration Bush. Mais cela m’a permis d’avoir beaucoup de discussions intéressantes et de confronter ma fausse impression que tous les Américains aiment leur président.

En ce qui concerne ce fameux deuxième album en finition, quand pourra-ton l’entendre ?

Rien n’est encore sûr sauf sa sortie en Angleterre pour la fin de l’été sur Monotrime. En Amérique du Nord je crois que l’album ne sortira pas avant début 2006 à cause des emplois du temps de chacun. D’ici là j’irai en Europe pour quelques dates à l’automne. J’aimerais tourner au Canada mais l’argent à été investi dans l’album.

On peut espérer un « set » de nouveau matériel pour ton concert à Under The Snow ?

Oui la plupart des chansons seront nouvelles et ce sera l’occasion de les tester en grandeur nature ave mes musiciens.

P.-S.

EN SPECTACLE : Dimanche, 6 mars 2005 Sala Rossa

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