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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Étoile de jour

AVEC PAS D’CASQUE

dimanche 22 avril 2012, par Cynthia Quellet

Après deux longs métrages et deux albums acclamés par la critique, Stéphane Lafleur et son groupe de têtes dénudées nous offrent enfin un nouvel album officiel. L’univers original dans lequel il nous plonge est familier mais tout de même un peu plus mature et différent de son prédécesseur. Nous nous entretenons de vive voix avec la tête dirigeante des "sans casque" pour en apprendre davantage sur l’Astronomie.

Tout d’abord félicitations. Votre 3ème album Astronomie est sorti mardi et vous donnez un concert-lancement ce soir au Cabaret du Mile End. C’est un peu l’effervescence cette semaine ?

Stéphane Lafleur : Oui les dernières semaines ont été quand même assez occupées, mais on est surtout contents que ça sorte finalement. Ça fait des mois qu’on travaille là-dessus et puis il y a toujours le dernier bout qui est un bout d’attente, surtout là, tu sais, l’album est fini depuis quelques semaines et puis là ben on attend juste de le partager, que les gens l’entendent. C’est aboutissement de plusieurs mois de travail.

Que représente l’image que l’on retrouve sur le nouvel album, a-t-elle une signification spéciale ou est-ce seulement une foutu belle pochette de disque qui t’inspirait ?

En fait la pochette a été dessinée par Joël Vaudreuil le batteur du groupe, comme ça a été le cas pour les disques précédents. Écoute, faudrait lui demander à lui, mais quand on a décidé il y a quand même un petit bout de temps que l’album allait s’appeler Astronomie, tout de suite Joël s’est mis à dessiner des trucs. Il est arrivé avec ce truc là, la ballerine, qui au départ ne devait pas être l’image qui serait sur le dessus mais que moi j’aimais beaucoup parce qu’il y avait une espèce de beauté et de violence en même temps dans le fait qu’elle ait une jambe coupée. C’est cette mention là que je trouvais très belle et qui collait, je ne sais pas… à ce qu’on essayait de construire à ce moment là.

Pourquoi un 4ème membre dans le groupe (Mathieu Charbonneau au baryton) ? Rencontre fortuite ou ajout artistique réfléchi ?

Il n’y a pas grand-chose qui soit très réfléchi dans ce groupe là…C’est vraiment une rencontre fortuite. C’est toujours un petit milieu et tout le monde joue avec tout le monde. Mathieu a partagé la scène avec d’autres membres du groupe notamment Nicolas (NDLR : Nicolas Moussette, le bassiste) qui faisait partie d’un autre groupe qui s’appelait Moussette. Mathieu avait joué un peu de baryton avec eux et de fils en aiguilles alors qu’on jouait au Festival de la chanson de Tadoussac, voilà presque deux ans, Mathieu nous a proposé de jouer avec nous. Moi j’étais en grand fan de Torngat dans lequel Mathieu jouait, mais on ne se connaissait pas. Voilà, ça a commencé comme ça. Cette série de shows là, avec un baryton en plus, nous a nous a fait redécouvrir un peu le vieux matériel et puis on commençait à avoir des nouvelles chansons auxquelles Mathieu s’est tout de suite ajouté. On a décidé de garder cette formule là.

Vous partez en spectacles dans la belle Province pour une dizaine de dates. Est-ce que vous prévoyez étendre votre tournée en 2012 ?

Honnêtement on n’a pas vraiment de projet concret dans ce sens là pour l’instant. En ce moment des dates s’ajoutent chaque semaine pour l’été et déjà pour l’automne ; c’est un peu au compte goutte.

Est-ce que le marché de la France intéresse Avec pas d’casque ? L’album paraitra-t-il là-bas ?

Pour les trucs en France nous, on l’a jamais fait, on n’y est jamais allé. C’est toujours un peu plus compliqué je te dirais, faut s’y prendre d’avance. J’ose espérer que ce disque sera un album qui rendra la chose possible mais ce n’est pas nécessairement notre plan de carrière. On n’a pas vraiment de plan de carrière en fait. On y va comme ça se passe, ce n’est pas très réfléchi tout ça mais pourquoi pas, y aller ensemble ça pourrait être un truc intéressant, mais de là à développer quelque chose… Je ne sais pas, on verra. On va voir déjà voir comment les gens réagissent et où on est rendu et on verra. On va commencer par ça.

Si tu devais exprimer chacun des albums d’Avec pas d’casque en un mot : (NDLR : après une longue réflexion, un "c’est une bonne question" et "tu me prends de court là", des hésitations et des changements, voilà le résultat)
-  Le démo sans titre (2004) : embryonnaire
-  Trois chaudières de sang (2006) : broche à foin
-  Dans la nature jusqu’au cou (2008) : Nicolas
-  Astronomie (2012) : achevé

Tu as aussi personnellement une actualité cinématographique. Ton film "En terrains connus" (2011) a récemment remporté le Prix collégial du cinéma québécois. Dans ton univers est-ce que le cinéma et la musique se parlent ou est-ce qu’au contraire tu sectorises chacun ?

Comme les films prennent environ 3 ans à faire, évidemment avec des temps d’attente, la musique vient s’insérer dans ces temps là ou c’est peut-être le cinéma qui s’insère entre les albums, je ne sais pas… Jusqu’à maintenant j’ai réussi à faire les deux et à faire que les deux ne se pilent pas trop sur les pieds et je vais essayer de continuer comme ça.

Considérant qu’En terrains connus est un des meilleurs films de 2011, aurais-tu aimé te retrouver propulsé comme tes collègues avec M. Lazhar ?

Je suis très content du parcours, il est arrivé plein de belles choses pour le film. Il a joué et a gagné des prix à travers le monde. Les Oscars c’est une chose mais je pense que Philippe Falardeau a le mieux résumé ce que c’était pour lui les Oscars et je partage un peu sa vision. Il a dit « C’est comme un rêve que j’ai jamais eu qui se réalise ». On ne pense pas à ça quand on fait des films. Vraiment, vraiment, on ne pense aucunement à ça. On fait le film. Et puis moi je sais bien que je ne fais pas des films qui sont matières à ce genre de truc là. Un film ça se mesure avec le temps. On verra dans 20 ans s’ils ont encore une signification, une portée, une place dans le paysage. Là en ce moment on est beaucoup dans une époque de consommation, tout va vite. C’est la même chose pour le disque, faut voir maintenant et faut voir avec le temps ce qui peut se survivre à lui-même. Il y a tellement d’offres, tu sais, moi je suis toujours très très reconnaissant quand les gens regardent les films, écoutent la musique, viennent aux spectacles, parce que je me dis qu’ils ont l’embarras du choix de ce qu’ils font de leur temps.

Quelles sont les influences de Monsieur Lafleur autant en cinéma qu’en musique ? Qu’est-ce que tu écoutes, qu’est-ce que tu regardes, c’est quoi qui t’inspire ?

C’est la question que j’haïs le plus parce qu’à partir du moment où tu commences à nommer des choses les gens font des connotations. Mettons en musique aux États-Unis des gens comme Will Oldham, c’est des gens dont je suis la carrière de près, je trouve qu’il y a une œuvre foisonnante, il construit son sillon et puis il se renouvelle aussi. Il essaye des choses. C’est des gens qui m’inspirent et qui sont dans un style musical parallèle au nôtre, le folk. Au cinéma c’est différent, c’est beaucoup des visions particulières du monde ; David Lynch c’est complètement cliché de dire ça, mais c’est un bon exemple. Il y en aurait probablement d’autres mais je n’ai pas trop de cinéaste fétiche j’aime plus des films en particulier que des cinématographies complètes.

Votre album sort aussi en vinyle en édition limitée, aimes-tu le retour vers ce médium ? En achètes-tu et si oui qu’as-tu acheté récemment ?

Ouais, mais tout le monde dans le groupe en achète, Nicolas étant peut-être le plus grand consommateur du groupe. C’était comme un petit plus d’en faire au moins une petite quantité. Le dernier vinyle que j’ai acheté je crois que c’est Karen Dalton qui est une folk singer, c’est une réédition d’un disque qu’elle a fait dans les années 60/70 si je ne m’abuse.

Merci beaucoup pour ton temps Stéphane et bonne chance à vous pour le disque !

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