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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Cabaret Road Kill

THEE OH SEES

Le 20 octobre 2011 au Cabaret Mile End, Montréal

lundi 24 octobre 2011, par Vanessa Hauguel

Arrivée au Cabaret du Mile-End l’ambiance a d’emblée un je ne sais quoi de David Lynch imprégné dans la place, ce lieu qui ne ressemble à aucun autre, mais qui en évoque plusieurs semble tout droit sorti des années 90 et bien ancré dans cette époque. La salle a son importance, puisqu’elle se prête et donne vie aux groupes, finissant bien par s’imprégner l’un, l’autre.

Découverte en toute première partie de The Men. Formation de New-York donnant dans le « Kraut-punk », ou de l’échantillonnage hardcore, punk et industriel, quelque part dans les méandres du post-punk instrumental. The Men ébauche un son frôlant le métal, et le béton aussi. De quoi hérisser un peu vos poils de bras.

Les 3 principaux membres, prêtent tous leurs poumons et leurs cordes vocales, à tour de rôle, crachant chacun tout ce qu’ils peuvent, sur un fond brit-punk un peu trash, qui nous laisse un peu transi, saisi du moins, engourdissant l’esprit et les sens juste ce qu’il faut. Toute l’indolence, la fougue et le je-m’en-foutisme adolescent, bien présent, avec en sus un côté animal brut. Évoquant à la fois Wayne’s World et Weezer, ils donnent envie de déraper dans leurs bifurcations « vargeuses ». On a plus 15 ans, mais on hoche la tête nonchalamment. On se souvient du bon temps, pas encore révolu semblerait-il.

Demon’s Claws et leur rock décapant, « slacker », de Road Kill, nous fait surfer sur de la bonne fiction pulpeuse. Entre un rock western et un rock garage acéré, ils sèment une douce confusion. Lorsqu’on entend les paroles « like it when I’m lost », on aime se perdre nous aussi. Claquant du genou, la gorge éraflée, ils rassemblent mais n’arrivent pas tout à fait à faire l’effet désiré, on sent que le public se réserve pleinement pour Thee Oh Sees.

Thee Oh Sees ne déçoit pas, dès son arrivée, ils commencent avec force et enthousiasme. Déjà à la hauteur de leur réputation. Bien sûr il faut savoir mettre son sérieux de côté et revenir en adolescence pour se laisser réellement entraîner par ces grands enfants. Une bourrasque qui semble vouloir déménager le cabaret au grand complet s’amène à une vitesse grand V. Une vigoureuse vague psy-trance surf fait vibrer le plancher, déjà dès la première chanson et ce pour toute la durée de leur performance survoltée. On se demande parfois, sans s’arrêter, quand le plancher finira par céder.

Le body surfing de mise et ce dès le premier refrain. Un son d’alarme semble résonner tout au long du show. Juste assez de grabuge et de bière qui « revole » pour rafraîchir les ardeurs. La soirée s’annonce jeune et belle. Walk the Line et The Kids in the Hall, revues par leur Rockabilly éméché sont denses et ardentes. Thee Oh Sees et leur rock de Série B, combinent à merveille le western, l’horreur et la science fiction ; le groupe sur scène, réussit à donner vie à sa fiction. Des show men au rock surexcité-surexcitant qui décoiffent bien. À voir et entendre live, puisque sur disque on passe parfois malheureusement à côté des belles éclaboussures.

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