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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Comme une catapulte chargée à bloc !

SUUNS

Dimanche 24 octobre 2010 à la Sala Rossa

vendredi 29 octobre 2010, par Olivier Boivin

Anciennement Zeroes, maintenant rebaptisé Suuns, le quatuor déglingué ne tente plus comme avant de pousser la note pour se faire remarquer. Ayant laissé émerger leur pulsion organique, un son plus transcendant que jamais s’est créé de lui-même. La formation, menée par le compositeur, chanteur et multi-instrumentaliste Ben Shemie, entouré du guitariste et bassiste Joe Yarmush (Kill the Lights, Land of Talk), du batteur de Young Galaxy et Silver Starling nommé Liam O’Neill, ainsi que du bassiste et claviériste Max Henry, se sont tous armés de leurs instruments respectifs devant une foule remplie d’attente. Suuns ne tombe pas dans le panneau de sortir des galettes à la hâte. Ils en ont pris du temps à aboutir leur premier album Zeroes QC au plus grand bonheur d’amateurs de musique recherchée. C’est à la Sala Rossa que le lancement-spectacle a eu lieu, avec en première partie un quatuor féminin nommé Kinds of Light Quartet, formé de trois violonistes et d’une contrebassiste. Elles ont joué des airs classiques charmants.

Suuns a débuté vers les 23h et on joué un peu moins d’une heure, ce qui est court quand on aime. Dès le premier coup d’envoi, ma propre ouïe m’a semblé vouloir s’échapper tellement le son résonnait jusque dans mes tripes, mais ma vue s’est braquée sur les acrobaties quasi olympiques du batteur, qui a décidé de s’incarner une bonne fois pour toutes. Au clavier et à la basse, la prestance était moins assumée, mais que dire du chanteur, sinon qu’il aurait pu meubler la salle à lui seul s’il l’avait voulu. Son approche et son attitude étaient intrigantes ; de forcer avec tout son corps afin de faire apparaître ses veines de cou et rougir sa tête jusqu’à ce que sueurs s’en suivent, tout en saccadant d’une vitesse fulgurante sa guitare jusqu’à ce qu’une corde explose, voilà ce qui s’est passé à la Sala Rossa.

Il y en avait pour tous les goûts : des élans musicaux frôlant la folie de jeunesse, des états d’âme se voulant complexes, des froncements de sourcils pour les oreilles fraîches, des moments chaotiques, de l’harmonie sublime qui sort de la clairière par magie, etc. Dans la musique de Suuns, il y a assurément beaucoup d’insécurité et d’angoisse, tandis que rien n’est vraiment laissé au hasard. Somme toute, une prestation captivante, quoique j’aie préféré l’enregistrement studio plutôt que « live ». C’est toujours agréable d’assister à un concert où d’excellents musiciens savent délivrer la marchandise au bon endroit. Cela a propulsé mon début de semaine comme une catapulte chargée à bloc.

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