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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Musique éclectique

SUONI PER IL POPOLO 2012 (2)

Du 6 au 23 juin 2012, Montréal

samedi 16 juin 2012, par Frédérick Galbrun

Lundi soir 11 juin, début de la deuxième semaine du Suoni. Je me suis présenté à la Casa del Popolo pour un spectacle signé du nom de Radwan Moumneh, un évènement couru par une foule curieuse de voir et de s’y faire voir. Car c’est probablement ce qu’il s’agit ; au-delà de la musique il y a avant tout un nom et une mythologie qui s’y rattache. Radwan est un ex membre de Pas Chic Chic et d’une multitude d’autres groupes, collaborateur de Sam Shalabi, fondateur du studio Hotel 2 Tango, à la barre du projet Jerusalem In My Heart… L’invitation était donc alléchante, d’autant plus qu’il partageait la scène avec Marie-Douce St-Jacques, elle aussi ex-membre de la formation Pas Chic Chic. Ce ne fut donc pas une surprise de voir la Casa afficher complet dès le début de la soirée. La soirée était complétée par le groupe libanais Praed, fruit des contacts de Radwan avec la scène expérimentale de Beyrouth.

On nous avait promis aussi le vidéaste Karl Lemieux pour s’occuper des projections visuelles mais malheureusement, il n’a pu être présent. Radwan et Marie-Douce se sont donc placés derrière un écran semi-transparent, ont allumé des lumières derrières eux et ont entrepris de tisser la trame narrative du rêve auquel on allait assister. Rêve grâce auquel on a pu se lancer à la poursuite de l’Orient et faire la rencontre de deux mondes, de deux styles de musique qui se sont côtoyés et se sont influencées plus qu’on ne le pense. On m’avait dit qu’ils allaient faire un Rembetiko ; un style particulier de musique grecque, un genre de folk associé aux marginaux et s’inspirant beaucoup de la musique turque. Radwan et Marie-Douce ont placé dans un même creuset la musique grecque et la musique moyen-orientale, le saz de Radwan fusionnant aux sons des synthétiseurs et des boîtes à rythmes. Un spectacle digne de Jerusalem in My Heart, mais surélevé par la voix et le chant grec de Marie-Douce. De notre côté du rideau, on reconnaît en effet qu’on est en train de rêver, fasciner par les ombres se projetant sur cette toile diaphane, un peu plus de temps pour pallier à l’absence de leur collaborateur et une chorégraphie d’ombres valsant et s’étrennant auraient ajouté un visuel superbe. Mais au final on a eu droit à un beau rêve, qu’on oublie cependant au réveil.

En deuxième partie, nous avons eu droit au duo de Paed Conca et Raed Yassin (photo), deux musiciens issus de la scène free-jazz et expérimentale libanaise. J’avais de hautes attentes pour ce spectacle espérant me confronter à de l’inédit et à une schizophrénie musicale tout aussi excitante que sur leur dernier album. Sauf que Praed s’est avéré une déception. J’avais laissé entendre que si le duo jouait une musique semblable à son plus récent album on aurait droit à un bon spectacle. Sauf que voilà, ils ont joué l’album. J’ai été surpris de constater que deux musiciens provenant du milieu de l’improvisation nous proposent des compositions de leur album, rejouée très fidèlement. Même si ceux-ci opèrent une subversion de la culture populaire arabe au travers la musique et le cinéma, leur performance a manqué de risques et d’explorations. Leur set peut être regardé sur Youtube ; les enchaînements étant les mêmes. Paed Conca s’affairait à la clarinette, la basse et aux électroniques tandis que Raed Yassin s’occupait de son laptop et du chant. Ce dernier, avec ses lunettes de soleil, ses culottes bouffantes et sa chemise hawaïenne, passait pour une mauvaise caricature d’Omar Souleyman. Et comme pour ce dernier, ce sont les rythmes dansant endiablés et arabisant qui ont plu le plus à la poignée de spectateurs qui sont restés pour la deuxième partie.

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