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Éviter de se perdre dans trois semaines de méandres : guide d’utilisateur

SUONI PER IL POPOLO 2012 (1)

Du 6 au 23 juin 2012, Montréal

mardi 5 juin 2012, par Frédérick Galbrun

Encore cette année, il me fait plaisir de couvrir certains aspects du Suoni Per Il Popolo ; un des plus grands festivals de musiques expérimentales en Amérique du Nord. Encore, cette année, les trois prochaines semaines risquent d’être chargées, avec d’excellents concerts en prévision. Cependant, à la lecture de la programmation, je ne peux m’empêcher d’éprouver un certain mouvement de recul critique par rapport aux artistes invités cette année. Je suis tout à fait au courant des difficultés liées à la programmation d’un festival d’une telle envergure, les contraintes financières, la disponibilité des artistes, s’arranger pour faire coïncider une tournée avec les dates disponibles… Bref, une logistique compliquée qui se résume parfois à forcer des pièces de casse-tête l’une dans l’autre, tout en sachant que les morceaux ne sont pas tout à fait compatibles. Ainsi, il y a des groupes considérés comme des valeurs sures qui reviennent à chaque année, ou des groupes qui ont joué à Montréal récemment et des musiciens locaux qui se produisent dans quatre concerts différents. Rien n’est parfait, mais cette année, il y a peut-être un peu de lassitude qui s’installe.

La première soirée qui a attiré mon attention est celle de D. Charles Speer, mardi le 7 juin à la Casa Del Popolo. Ce musicien m’a convaincu de sa pertinence avec un album solo paru l’année dernière sur Thrill Jockey. Sur ce disque il crée une musique grecque psychédélique avec des instruments traditionnels et espérons qu’il fera la même chose sur scène. Par ailleurs, il partage l’affiche avec Nina Nastasia, une chanteuse qui pose ses mots sur une musique folk intimiste et minimale. Sa superbe voix me hante depuis « The Blackened Air » paru en 2002. Par contre, pour ceux qui cherchent absolument à assister à « l’évènement », le même soir à la Sala Rossa, on retrouve Voivod dans un cadre plus intime qu’à leurs habitudes et plusieurs ne voudront pas manquer cette trop rare réunion.

Les 8 et le 9 juin sont les soirées du contrebassiste William Parker. Définitivement un habitué du Suoni, le seul festival à Montréal pouvant offrir une vitrine à un musicien de sa trempe. Vendredi le 8, il sera accompagné de son orchestre pour jouer des reprises des classiques de Duke Ellington. Il s’agit d’un projet qu’il a présenté (en partie) en 2007 au Visions Festival de New-York et qui est paru sous le titre de « Double Sunrise Over Neptune » sur l’étiquette Aum Fidelity. Un excellent disque qui laisse présager de bonnes choses. Le lendemain il se produira avec la version quatuor de son projet Raining on the Moon, accompagné de la chanteuse Leena Conquest. Mentionnons que le même soir, soit le 9 juin à la Casa Del Popolo, nous avons la désormais traditionnelle soirée de synthétiseurs, regroupant un savoureux mélange de figures locales et d’ailleurs. Une suite logique à Mutek, pour ceux qui auraient manqué Roger Tellier-Craig et son projet Le Révélateur.

Le 10 juin est une grosse soirée. Il m’est impossible de taire la présence de Penny Rimbaud (membre fondateur du groupe punk légendaire Crass) à la Sala Rossa. Pour ce spectacle il sera accompagné de la saxophoniste free-jazz Louise Elliot. Le même soir, ceux qui l’ont manqué l’année dernière (et l’année d’avant…) pourront se reprendre avec Omar Souleyman au Il Motore (le spectacle devait être à la Tulipe mais la salle a changé), seulement, quand on l’a vu une fois, on ne doit pas s’attendre à quelque chose de bien différent.

Dans la même lignée arabisante, le 11 juin, à la Casa Del Popolo, nous avons droit au duo libano-suisse Praed. Formé de Paed Conca et Raed Yassin, ce duo méconnu risque quand même de nous en mettre plein les oreilles. Leur disque sorti sur le label libanais Annihaya est tout simplement excellent et propose un collage d’influences en passant par l’abstraction sonore, le free-jazz et même de savoureux beats technos. Si leur spectacle ressemble à leur disque, il s’agit d’un show qu’il ne faudra surtout pas manquer. En première partie, une collaboration entre Radwan Moumneh, Marie-Douce St-Jacques et Karl Lemieux aux projections visuelles, risque de débuter la soirée d’une façon intéressante. La rumeur dit qu’ils vont jouer une pièce de Rembetika, soit de la musique souterraine grecque traditionnelle, à saveur psychédélique.

À la Casa Del Popolo, le 12 juin nous retrouvons Daniel Padden et le One Ensemble. Il s’agit du projet solo de ce membre du groupe Volcano The Bear, qui a déjà été invité au Suoni l’année dernière. Il sera accompagné de Sarah Kenchigton qui a déjà collaboré avec lui sur un disque en duo et aussi sur un récent disque du One Ensemble, soit à la trame sonore du projet « Dummy Jim ». Sarah Kenchington est une artiste particulière qui fabrique ses propres instruments activés par des mécanismes automatiques, sa présence sur scène devrait être très intrigante et particulière.

Le 13 juin, l’artiste écossais Alasdair Roberts se produira à la Casa et si on se fie à ses plus récents disques, il devrait jouer un folk anglais intimiste empreint d’airs traditionnels. Le lendemain, dans le cadre des soirées Wyrd MTL (Weird Canada), je me risquerais à aller voir les performances de Bobo Boutin, anciennement des Georges Leningrad et celle d’Alex Moskos (anciennement de Aids Wolf) sous le nom Drainolith. Son plus récent album, paru sur le label Editions Mego est vraiment excellent. Les deux sont à la Casa mais il y a aussi une suite à la programmation Wyrd à la Sala Rossa, pour les amateurs de nouvelles musiques psychédéliques.

Le 18 juin est une soirée chargée qui risque de déchiré les amateurs. À la Casa il y a le duo 200 Years, soit la rencontre musicale entre Ben Chasny de Six Organs of Admittance et sa compagne de vie Elisa Ambrogio, qui s’est fait connaître de son côté dans le groupe noise-rock Magik Markers. Les deux nous offrent un projet plutôt convenu de folk mélodique où leurs voix alternent et s’entremêlent. À la Sala Rossa, c’est une autre femme issue de cette mouvance de rock alternatif qui est sur scène, soit Liz Harris qui se produit sous le nom de Grouper. Fidèle représentante de cette mouvance musicale dite « hypnagogique », la musique de Grouper est onirique, enveloppée d’effets analogues et menant parfois à la saturation. En première partie, on retrouve le duo local Nadja avec leurs drones sombres et pesants. Un rock lourd et lent qui engourdi le corps en entier.

Pour finir, quelques soirées en rafales qui valent le coup d’être expérimentées par les auditeurs curieux. Le 20 juin, un trio formé du légendaire batteur free-jazz Han Bennink, du saxophoniste Brodie West et du guitariste Terrie Ex (du groupe The Ex), risque d’exploser la scène de la Sala Rossa avec un hybride de punk jazz décapant. De plus, on dit qu’il faut avoir vu Han Bennink jouer au moins une fois dans sa vie. Par contre il y a aussi le groupe rock expérimental Psychic Ills à la Casa et le duo féminin Yamantaka //Sonic Titan au Théâtre Plaza le même soir. Ces dernières ont fait paraître tout un disque l’année dernière et il paraît que leurs performances sont très théâtrales, le visuel occupant une place aussi grande que leur musique. Le 22, les incontournables Siskiyou avec en première partie Radwan Moumneh (qui en sera à son troisième spectacle dans le cadre du Suoni…) en duo avec Jessica Moss de Silver Mt. Zion. Finalement, le 23 juin il y aura le guitariste Marc Ribot en solo à la Sala mais en face, à la Casa, le trio formé de Chris Corsano, du guitariste Bill Nace et du saxophoniste Steve Baczowski risque de déchirer les tympans.

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