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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Retour sur la deuxième semaine

SUONI PER IL POPOLO 2011 (3ième partie)

Semaine du 13 au 18 juin 2011, Montréal

lundi 20 juin 2011, par Frédérick Galbrun

Lundi 13 juin Sala Rossa

Le mot s’est répandu comme une trainée de poudre ; il fallait être au spectacle d’Omar Souleyman. C’est sur la scène d’une Sala Rossa remplie à pleine capacité que s’est donc produit la mascotte du besoin d’ethnicité des jeunes occidentaux. D’abord, il faut souligner la performance intéressante du groupe AroarA qui assurait la première partie. Un duo voix et guitare, s’accompagnant en même temps d’un beatbox désuet. Le visuel était intéressant, l’esthétique aussi. On a droit à un hybride de blues rock aux teintes sahariennes, un peu comme les groupes Tinariwen ou Groupe Doueh. De plus, les chants orientalisants ne faisaient que confirmer l’emprunt à un style musical déjà bien exploité. À la différence près que les paroles sont chantées en anglais et rudement bien assurées par Ariel Engle, qu’on a pu entendre dans des contextes semblables sur les disques du projet Land Of Kush de Sam Shalabi.

Omar Souleyman est entré sur scène comme une rock star et a entamé un set de rythmes dabke endiablés, ponctués par deux pièces un peu plus retenues. Omar Souleyman est un peu le Normand L’Amour du Moyen-Orient ; une sorte de curiosité locale. Pour quelqu’un qui comprend moindrement l’arabe, on se rend bien compte qu’il ne dit pas grand chose et qu’il se veut plus animateur de foule que chanteur. Une mascotte, comme j’ai dit plus haut, avec le look bien exotique pour plaire à la populace de hispters se précipitant sur la nouveauté comme des chiens affamés. C’est plutôt sur Rizan Said, le claviériste qui l’accompagne en tournée, que devrait retomber les honneurs et la reconnaissance. Somme toute, le spectacle était agréable, le public réceptif et Souleyman semble s’en être donné à cœur joie, quoique c’est difficile à dire derrière ses lunettes fumées. Je me demande si cette joie était partagée par la nymphette en micro-jupe qui l’accompagnait….

Mardi 14 juin Casa del Popolo

Après avoir aperçu Daniel Higgs au spectacle d’Omar Souleyman la veille, j’ai appris qu’il était arrivé plus tôt pour enregistrer quelques chansons en studio avec le technicien Radwan Moumneh. Paraît-il qu’il pratique le banjo plus de douze heures par jour et que lors des sessions d’enregistrements, c’est le manque de ruban qui a du l’interrompre, enregistrement analogue oblige. En spectacle ce fut semblable. Daniel Higgs a joué pendant près de deux heures de façon quasi ininterrompue. C’est seulement quand une des cordes de son banjo est sortie du pont qu’il a arrêté. Celui-ci a alterné entre des chansons interminables et des pièces instrumentales tout aussi longues. Son jeu de banjo, vaguement oriental, est impressionnant et sa voix l’est encore plus. Malgré la longueur, il nous a hypnotisé et a chanté l’éloge de revenir, un retour qui ne devrait pas attendre trois ans.

Mercredi 15 juin Sala Rossa

Le Moyen-Orient à la cote on dirait. Ici aussi le mot s’était passé pour le spectacle de Jerusalem in My Heart. Je ne sais pas comment on réagit les gens en général, mais j’ai personnellement été estomaqué par le spectacle de Radwan Moumneh et ses acolytes. Accompagné de Malena Szlam aux projections, il a su créer une ambiance fascinante avec des acteurs torse-nu sur scène faisant semblant de jouer des instruments, mangeant des raisins et une jeune femme en djellaba blanche engouffrant goulûment des pomme-grenades ; le jus de la grenade se répandant comme du sang sur son vêtement immaculé. Radwan a d’abord fredonné une chanson en arabe s’accompagnant au buzuq pour ensuite s’époumoner sur les nappes de synthétiseurs de Xarah Dion. Un spectacle court mais d’une intensité incroyable. Pour ceux qui connaissent le personnage, Radwan a joué sans lunettes fumées, un ami a fait la remarque que c’était surement sa façon à lui d’enlever son chandail.

Samedi 18 juin Casa del Popolo

Pour cette soirée étiqueté comme Métal/Expérimental, je ne suis arrivé que pour les deux derniers groupes, soit Mammifer et Locrian. J’avais lu de très bonnes choses sur le plus récent disque de Mammifer « Mare Decendrii » et j’étais curieux de découvrir le projet de Faith Coloccia sur scène. Celle-ci dirige l’ensemble derrière son piano et est accompagnée d’un bassiste d’un guitariste /électroniques et batteur très quasi absent en raison du minimalisme des rythmiques. Leur son est lourd et lent, se déployant tranquillement, cependant surmonté par un ton de piano beaucoup trop élevé pour l’acoustique de la Casa. De plus, quand on mélange piano, chanteuse, lourdeur et harmonies vocales à plusieurs, il est difficile de ne pas tomber dans le cliché du gothique, Mammifer n’a pas échappé à cette règle.

Je n’avais pas d’attentes face au groupe Locrian, je m’attendais à un genre de noise-métal intense mais pas à ce que ceux –ci contribuent à rehausser mon niveau d’excitation vécu jusqu’à présent. Après avoir littéralement enfumé la Casa, le trio synthé/guitare/drums de Locrian s’est lancé dans un set propulsé par un cri d’hydre d’une intensité incroyable. Pouvant à peine distinguer à deux pieds devant nous, Locrian ont fait sortir de ce nuage de fumée les monstres cachés de notre enfance, culminant par l’ouverture de deux projecteurs derrière le groupe. Une performance courte, forte et intense.

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