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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Retour sur la première semaine

SUONI PER IL POPOLO 2011 (2ième partie)

Semaine du 5 au 12 juin 2011, Montréal

mardi 14 juin 2011, par Frédérick Galbrun

Dimanche 5 juin Sala Rossa

La soirée Soundtracks était présentée sous l’égide de Lisa Gamble, une proche des gens de la Casa del Popolo. Musicienne improvisatrice, elle a déjà joué pour différents ensembles et accompagné plusieurs musiciens de passage. Cette soirée aurait pu être sous-titrée « La grande fête du Mile-End », où plus d’une vingtaine de musiciens et artistes visuel s’étaient réunis pour faire communier musique et arts visuels. De ce fait, le matériel nécessaire occupait déjà la moitié de l’espace disponible ; différents projecteurs ici et là, instruments sur scène et sur le sol, des quadrilatères délimités au ruban adhésif. Séparée en trois parties, c’est à une douzaine de mini-spectacles au total que nous avons eu droit. Naturellement, dans ce genre de soirée il y a des moments inégaux. Mais quand ceux-ci sont doublés de problèmes techniques, de délais impromptus, de pauses un peu trop longues et d’un laisser-aller généralisé, disons que cette soirée s’est considérablement étirée. À vrai dire, Soundtracks ressemblait plus à une fête entre amis, tous issus du milieu de la Casa del Popolo ou du Mile-End. On retiendra cependant une superbe prestation du groupe formé par Hrair Hratchian (De La Caucase) et le Home-made Instruments Ensemble de Steve Godin, Nicolas Moussette et Jordan Mckenzie, en accompagnement du superbe film de Nick Kuepfer « The life of Who’s ». Enfin, une trop courte projection de Leyla Majeri (Yomul Yuk) sérigraphiant une pellicule de film, était tout aussi impressionnant. Il faut souligner quand même la diversité et la richesse des présentations en général. Reste au final, un ensemble un peu trop brouillon.

Mardi 7 juin Casa del Popolo.

Je suis arrivé à la Casa grippé et peu enclin à assister à un spectacle. À mon entrée, Les Beyond, projet de la guitariste Erin Ward, étaient sur scène derrière un petit autel de lumières de noël et un laptop ouvert sur une image de chute d’eau. Cette petite mise en scène a seulement contribué à rendre la musique de Les Beyond encore plus soporifique qu’elle ne l’est et n’a aidé en rien à susciter mon intérêt. Soyons clair, ce que nous propose Erin Ward n’est plus très original ; des boucles de guitares, de l’écho et d’autres effets, quelques vocalises, bref rien d’innovateur en 2011. D’ailleurs, le jeu de mot dans son nom, volontaire ou non, est abominable.

C’est après un gin au miel que Bill Orcutt est monté sur scène. Grand fan de ses disques, j’étais curieux de voir le rendu sur scène. J’avais déjà lu des bonnes choses sur ses performances mais je ne m’attendais pas à ça. Bill Orcutt nous a montré qu’il maîtrise le langage de sa guitare acoustique. Sur scène, il a fait exploser l’idiome folk et laissé les signifiants se dérouler d’eux-mêmes, s’approchant d’un état semblable à la crise psychotique. Tout en jouant notes et accords, il fait résonner les cordes distendues de sa guitare, accroche volontairement le micro placé devant lui, s’accompagne de vocalises où l’on semble distinguer quelques mots, hurle et s’arrête inopinément pour nous révéler le fond sa pensée. En l’occurrence ; est-ce que Miami est en train de gagner la finale de basketball ? Orcutt a développé un langage particulier et réinvente le folk à sa façon. Définitivement un des meilleurs spectacles vu récemment.

Quelques mots sur la présentation de « Stimmung » par Will Eizlini à la Sala Rossa le même soir. Pour ceux qui aiment les jeux de mots. En raison d’un détail technique important, la climatisation de la Sala Rossa a dû être arrêtée le temps du spectacle car elle interférait avec la pièce. Avec la chaleur et le nombre de gens présents, on peut dire que Monsieur Eizlini à réussi à créer une nouvelle version de l’œuvre de Stockhausen « SteamMung » dans le cadre du Sauna Per Il Popolo

Mercredi 8 juin Sala Rossa

C’est en duo que Volcano The Bear ont assuré la première partie de Shalabi Effect. Daniel Padden et Aaron Moore ont su se montrer à la hauteur de mes attentes. Ceux-ci ont marché sur la mince ligne entre musique et théâtre, engageant avec le public un dialogue particulier où nous étions invités malgré nous. Des moments impressionnants sur des instruments inventés, plusieurs chansons, de belles ballades, des passages drôles d’autres touchants. Clarinette, piano, batterie, guitare électrique, trompette, électroniques, ils ont offerts un spectacle éclaté mêlant free-jazz, folk, rock et performance.

Shalabi Effect m’a laissé sur ma faim. Je suis ressorti de leur spectacle insatisfait. Le quatuor original était augmenté de Jason Sharp au saxophone et du violoniste Josh Zubot, deux musiciens que l’on voit partout en ce moment. Les deux invités prenaient beaucoup de place, reléguant littéralement Sam Shalabi à l’arrière de la scène. Les moments plus rythmés, proches de l’esthétique de Land of Kush se sont avérés les plus intéressants et il est décevant d’avoir à comparer les deux projets, un peu malgré moi. L’expérimentation et le risque qui caractérisent la musique de Shalabi Effect se traduisent par un brouillard sonore à la Painkiller au milieu de la prestation. Ils en sont finalement sortis guidés par le bouzouki d’Anthony Seck, comme un phare les dirigeant à bon port, retrouvant les eaux plus calmes de leur musique ethno-psychédélique. Ils étaient accompagnés de Karl Lemieux aux projections, qui s’est occupé du visuel des plus récents spectacles de Godspeed. Celui-ci n’a fait qu’affirmer sa créativité dans la manipulation de pellicules et de projecteurs. Mais il va falloir que quelqu’un d’autre se lève, car malgré son originalité et ses très bon choix d’images, il ne peut être de tous les spectacles.

Dimanche 12 juin Il Motore

Dans un Il Motore somme toute assez rempli et conquis d’avance, Alela Diane nous a offert sa mixture de country-folk devenu un peu générique. Sa voix est superbe mais les compositions de ses plus récents albums sont un peu trop fades et ne se distinguent en rien des autres groupes du genre. En s‘entourant de son père et son mari et en multipliant les tournées, elle solidifie ses assises mais perd la fraîcheur de son premier album « The Pirate’s Gospel ». C’est d’ailleurs les chansons tirés de ce disque qui ont fait le plus d’effet. On ne peut non plus s’empêcher de ressentir un malaise quand son mari et elle nous résument les moments forts de leurs tournées, à savoir, dormir, manger un petit déjeuner, boire du bon café et faire des spectacles… On est bien loin du Sex Drugs and Rock’n Roll. Un band plate, sans saveur, à l’image de la musique servie lors de ce concert.

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