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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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À la Sala Rossa

Stuart A. Staples

Concert du 3 novembre 2006

mardi 28 novembre 2006, par Jean-François Sénéchal

La Sala Rossa a pris des airs de cabaret le 3 novembre dernier pour recevoir Stuart A. Staples, tête pensante et vocaliste de l’excellente formation Tindersticks. La chaleureuse salle rouge s’était meublée de tables éclairées à la chandelle pour suggérer l’univers feutré et élégant dans lequel Staples a l’habitude de convier les spectateurs. L’événement avait d’ailleurs un petit côté « glamour » indéniable, peut-être surtout parce que Tindersticks et son meneur possèdent encore et toujours une prestigieuse cote chez les aficionados d’un rock exigeant et sophistiqué. À noter également la présence d’un grand nombre de spectateurs d’origine française dans la salle, preuve indéniable que Tindersticks, originaire de Nottingham, est une formation dont les racines ont tout d’abord creusé le sol européen.

Fort de son expérience au sein de Tindersticks, le quadragénaire au charisme certain a interprété ses pièces avec sincérité et générosité. Staples sait comment exploiter au mieux sa voix éminemment unique, chaude et grave, pour donner à son chant toute l’intensité et la résonnance qui le caractérisent. C’est souvent les yeux mi-clos ou encore complètement fermés, la tête agitée par l’émotion, le corps en mouvement, mais sans aucun excès théâtraux, que l’artiste se laissait pénétrer par ses pièces et qu’il habitait littéralement la scène. S’accompagnant à la guitare sèche, Staples était soutenu par quatre musiciens, notamment Dave Boulter et Neil Fraser, respectivement claviériste et guitariste de Tindersticks. Conformément à l’habitude de Tindersticks, Staples et sa bande ont interprété leurs pièces avec une grande fidélité aux versions enregistrées, essentiellement les titres des deux albums solos de Staples, Leaving songs et Lucky dog recordings 03-04, parus sur l’étiquette Beggars Banquet. Moins complexes et plus dépouillées, ces pièces possèdent cependant la personnalité tourmentée et ombrageuse de Tindersticks, et ce même avec des ballades plus conventionnelles au niveau de la forme.

Le clou de la soirée fut néanmoins la présence sur scène de Lhassa de Sela, artiste d’origine mexicaine et américaine basée à Montréal depuis plusieurs années. Lhassa a l’habitude de côtoyer d’excellents artistes, sur disque et sur scène. Elle a notamment fait une brève (mais fort appréciée) apparition lors du dernier concert de Calexico à Montréal dans le cadre de l’édition 2006 du Festival international de jazz. La jeune femme et Staples ont chanté That leaving feeling, la pièce qu’ils interprètent en duo sur le dernier album de Staples. Lhassa est également revenue sur scène au deuxième et dernier rappel pour interpréter, seule avec le chanteur, l’excellente pièce Sometimes it hurts. Celle-ci apparaît sur le denier album de Tindersticks, Waiting for the moon, mais également sur le 7 pouces portant le même nom. La complicité presque palpable entre les deux musiciens a marqué la fin du concert, visiblement fortement apprécié des spectateurs montréalais.

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