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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Chronique du Far West

SASQUATCH #4

Du 25 au 28 mai 2012, George WA USA

mardi 29 mai 2012, par Cynthia Quellet

Dimanche 27 mai

Soleil de plomb ce dimanche & journée chargée au Sasquatch. On entame gentiment avec la pop acidulée du trio new-yorkais Hospitality dont l’album éponyme est sorti en début d’année. C’est léger, friendly et malgré l’heure "matinale" (2pm..) quelques festivaliers sont là. Ok, la moitié git parterre mais bon !

Les enfants du pays The Head & The Heart débarquent dans "l’acoustic tent" pour un set indie-folk de 5 chansons quelques heures avant leur prestation officielle de l’après-midi. Au grand bonheur des fans, le chanteur prend un bain de foule et ne tarde pas à inviter tout le monde à les rejoindre sur scène. Ça chante en cœur, ça s’embrasse. La vie est belle. Ils remettent ça en fin d’après-midi avec une heure de show devant un parterre de fans et sous un tonnerre d’applaudissements cette fois sur la scène principale.

Direction la petite scène pour Hey Rosetta ! Ni les ajustements de son à rallonge, ni le vent & le soleil en pleine face n’auront eu raison de la bonne humeur de Tim Baker. Au milieu d’une foule massive et connaisseuse, on a assisté à 45 minutes de pur plaisir. "Seeds" est repris par la foule tout comme "Bandages" et nombre d’autres excellents titres des canadiens. Un des seuls bands si ce n’est le seul dont on a entendu le public scander le nom. On échange quelques mots avec Tim Baker qui semble être surpris de la foule et étonné que les fans aient autant apprécié le show ! En tout cas il est d’accord avec nous pour dire que l’ambiance était magnifique.

On court rejoindre M. Ward (moitié de She & Him et membre de Monsters Of Folk entre autres) sur la scène principale. Même s’il sortait son nouvel album solo "A Westland Companion" il y a quelques jours, on a eu le bonheur d’entendre des titres des anciens Post-War et Transistor Radio. Un plaisir. Pas le temps de souffler, on repart.

Il me semble que j’avais pas vu pareil horde de photographes depuis le début du festival. Même pour Jack White ! M. Ward qui vient de terminer à l’autre bout du site, se précipite lui aussi. Bref, les filles de Wild Flag ont la côte ! Il faut dire que les belles de Portland en envoient. Beaucoup de prestance, une énergie rock contenue mais puissante et un public dense qui répond. On regarde Carrie Brownstein et Mary Timony se défier à la guitare et on se dit que ce ça valait vraiment le déplacement !

Décidément une belle programmation sur la scène Bigfoot ce dimanche. Les quatre américaines laissent place à The Walkmen (photo) dont le nouvel album "Heaven", qui paraîtra dans quelques jours, est sans surprise dans la veine de ce qu’on connaît du groupe. Nouveaux titres et pièces de "Lisbon" entre autres pour une heure de concert au coucher du soleil. Des bonnes chansons, un batteur de feu, rien d’extravagant, à leur image certes, mais presque dommage. On aurait aimé plus de connexion avec le public qui, malgré tout, semble avoir apprécié la prestation.

On repart à grandes enjambées vers la scène principale pour Beirut et sa délicieuse fanfare folk. The Rip Tide leur dernier album était un des meilleurs de 2011. Ambiance joyeuse et festive. Certains couples dansent, il plane comme un petit air de bal. L’accordéon rend l’âme qu’à cela ne tienne on improvise au piano et le temps de réparer le tout on a le droit à Zach Condon, sa voix chaleureuse et son ukulélé. On est presque contents du couac de l’accordéon ! Au total 1h15 de très beau spectacle. (À ne pas manquer en juillet au Métropolis)

L’heure du headliner a déjà sonné ! Un vrai marathon musical. Ouf. L’amphithéâtre est plein à craquer, le plancher serré et les collines remplies. Bon Iver arrive sous de chaleureux applaudissements. Tout le monde est impatient. Ouverture instrumentale qui nous entraîne lentement dans les profondeurs de son univers, de sa grotte, simplement illuminée de dizaines de petites lanternes. Il n’a pas fait deux chansons qu’il remercie déjà le public et lui exprime sa gratitude, son bonheur de pouvoir jouer ici. Il a quelques mots sympathiques pour le festival qui le programmait 2 ans plus tôt sur la petite scène. La symbiose avec ses musiciens est parfaite. Chaque titre joué suscite une émotion qui lui est propre. Tantôt Bon Iver se défoule à la guitare et enchaîne les riffs rocks, tantôt il s’installe au piano laissant le public suspendu à ses mots dans un silence quasi solennel. Moins timide que je l’imaginais, il s’adresse très souvent à la foule, généreux, complice, il plaisante, nous sollicite pour un refrain... Beaucoup de titres de l’album homonyme sorti en 2011 - un des meilleurs albums de l’année passée, qui lui a d’ailleurs valu un Grammy. "Skinny Love" extraite du brillant "For Emma, For Ever Ago" est reprise en cœur par la foule. En pleine nature sauvage, à la belle étoile, on vit un grand moment. Le set s’achève dans une noirceur quasi complète. On en redemande bien évidemment et on sera plus que gâté avec pour clore en beauté cette magnifique journée : "For Emma", "Flume" et "Wolves".

Justin Vernon est d’un tel talent. Sa musique suscite une émotion qui submerge littéralement. "We are Bon Iver. Thanks for listening." Thank God we were here...

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