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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Apparitions fantomatiques

PURITY RING

Vendredi 23 septembre 2011 au Divan Orange, Montréal

mardi 27 septembre 2011, par Vanessa Hauguel

Mention spéciale tout d’abord pour trois premières parties toutes aussi exotiques, fantasmagoriques les unes que les autres et pour leurs tonalités schizo-frénétiques (sans offense à mes compatriotes schizophrènes) et des airs de Fever Ray inspirés. Le premier, Super Fossil Power, nous livre une expérience dans laquelle le public présent (et quel public ! J’y reviendrai plus tard) semble plonger tête la première, se laissant submerger entièrement, corps et âme intégralement. Un homme d’une trentaine d’année l’air simple d’esprit danse comme jamais, et des dandys-artsys à ses côtés dansant avec lui. Épileptiques, ne pas s’abstenir, on semble célébrer le mal sacré avec de l’electro clash viscéral. Le masque aux lignes fluorescentes, les lumières de Noël sur le plancher, le renversement, l’inversement et la déconstruction du beau, de la musique de masse et de l’underground se fait sentir. Cela expliquerait peut-être aussi la façon de danser : dévertèbrement, une danse dans laquelle l’objectif est de frôler l’effondrement, de ce que j’ai compris. Et cette crowd, pro- weirdo, pro-geek, revêtant des lunettes 3D, aimant l’excès et l’insuccès, est extasiée.

Le groupe suivant de Colombie Britannique, No Gold, arrive sur scène et déjà, on croirait survoler quelques sommets himalayens. L’air maladroit, l’air de rien, les membres du groupe commencent avec rien de moins qu’un groove prodigieux et ahurissant. Du groove ? Vous me direz. Créneau plutôt large en effet, mais No Gold entremêle si bien le rock, le funk et les rythmes reggae, qu’on ne pourrait qualifier leur musique autrement. The Police à leur début revu peut-être, avec une intuition bien à eux annonçant la renaissance de ce genre et de ces couleurs familières mais bien rafraîchissantes. Des arrangements et des motifs aussi captivants qu’entraînants. Du renouveau qui j’espère inspirera une petite vague d’indie funk nouveau genre.

Arrivée de Purity Ring, de Megan James et ses cordes vocales qui nous plonge dans un état psychosomatique : La féerie sombre du groupe emporte la salle et ses variations quasi inaudibles nous jettent dans une atmosphère de purgatoire, pouvant parfois évoquer Björk à ses débuts, mais Purity Ring nous transporte dans des contrées aux décors imagés, conduit par une voix délicate et féminine appuyée par des synthétiseurs (aux mains de Roddick) biscornus. Effet planant, saisissant par moment, même si ces moments me semblent courts et que l’on semble rester dans l’attente d’une ascension, un crescendo, la magie que le duo vient à créer sur scène, nous entraîne sous leurs réverbères aux lumières hallucinogènes où l’émotion, diffuse parfois, nous partage entre le deuil et le réjouissement. D’Halifax (James) à Montréal (Roddick), le duo séparé, reconnecte à travers cette musique, et c’est cette connection qu`on entend. Témoins d’ une intensité pure, quoique brève, mais James s’en excuse. Des samples et voix fantomatiques…pour un duo spectral. Quelques rumeurs promettent un album pour février 2012, déjà cette promesse fait vivre et espérer la peuplade de ces contrées lointaines d’avant-gardistes électro-pop.

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