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Maher Shalal Hash Baz : La naiveté du chaos

POP MONTRÉAL 2014 - Art Pop

Le 21 septembre 2014 à la Casa del Popolo, Montréal

mardi 23 septembre 2014, par Frédérick Galbrun

Cette performance du groupe japonais Maher Shalal Hash Baz, s’inscrivait comme une curiosité dans le paysage du festival Pop Montréal. Drôlement publicisée, on soulignait surtout la présence de Tori Kudo, leader de la formation, qui menait à croire à une performance solo de l’artiste. En effet, dans le cadre de la série Art Pop, on présentait Tori Kudo en tant que musicien et céramiste et on nous conviait à une performance où s’entrecroisait les deux. C’est plutôt accompagné d’une dizaine de musiciens du Maher Shalal Hash Baz que Kudo a envahi la scène de la Casa del Popolo, invitant aussi des musiciens locaux dont Marcello Marandola, Leon Lo et Serene Daoud. Au total, 15 musiciens sur scène dans un fouillis total, faisant fi des règles de bienséance artistiques et générant de sérieux maux de têtes au technicien sonore.

Cela dit, pour ceux qui sont familier avec la musique du groupe et cette esthétique de folk/jazz naïf, on savait à quoi s’attendre ; une performance de mélodies accrocheuses, alternant entre les moments de cafouillis et de symbioses. Probablement que la partie « céramique » était plus questionnable. Car on nous apprenait que Tori Kudo fait partie d’une lignée de céramiste japonais et il s’est installé dès le départ devant son moulin à céramique. Il s’est affairé à la réalisation de trois petits objets (gobelets, tasse…) accompagné par les musiciens, répétant inlassablement la même mélodie.

Le tout s’est arrêté quand la boîte électrique de la Casa a sauté en raison des séchoirs à cheveux utilisés pour sécher les pièces de céramique. À ce moment, l’ensemble du groupe et la foule de curieux présents, se sont dirigés vers la terrasse arrière de la Casa pour assister à la cuisson des trois morceaux. Le groupe a également suivi, tout en continuant à jouer cet air musical qui, inévitablement, est devenu intrusif après une heure de jeu ininterrompu. En raison du grand nombre de personnes présentes, peu on pu vraiment voir ce qui se tramait, seulement qu’on avait mis le feu à une poubelle métallique, utilisée comme four. Le tout avait vaguement des allures de jam de feu de camp, tout en acquérant une dimension artistique particulière, compte tenu du caractère culturel associé à l’art de la céramique japonaise (voir l’excellent film « Kamataki » de Claude Gagnon).

Au début du concert, l’écrivain/metteur en scène/musicien montréalais Jacob Wren est monté sur scène pour témoigner d’une résidence artistique qu’il a effectué au Japon avec Tori Kudo. De plus, dans la cadre de sa série Hospitalité/Hospitality il a posé une question à tous les musiciens présents sur scène et ceux-ci y ont répondu à tour de rôle : « How do you know when to fight and when to compromise ? ». Les réponses naturellement variées, relevaient plus de la badinerie que de la réelle réflexion. Car c’est ce qui caractérise Tori Kudo ; un genre d’insouciance schizoïde, traduite par un sourire niais et une attitude clownesque qui soulève des questions face à sa démarche. Alors qu’il est possible d’attester des qualités musicales de Kudo, il s’amuse à les déconstruire tout en préservant la structure et agit souvent de façon caricaturale, nous emmenant probablement à préférer sa musique sur disque.

Les deux heures d’attentes pour la cuisson de la céramique ont entraîné le groupe à remonter sur scène pour combler l’attente. Les musiciens semblaient jouer les pièces pour une première fois, mettant en relief le caractère chaotique des « premières fois ». Seulement, après quelques chansons, mon niveau de plaisir avait baissé considérablement.

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