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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Dolittle Think Big !

PIXIES, THE

En concert au Métropolis, Montréal, les 13 et 14 avril 2011

vendredi 15 avril 2011, par Nicolas Pelletier

Convaincus par leur reformation en 2004, Frank Black, Kim Deal, Joey Santiago et David Lovering se retrouvent une fois de plus pour souligner le 20e anniversaire de la publication de l’album « Doolittle », qui contient Here Comes Your Man, Monkey Gone to Heaven et Gouge Away, titres phares du riche répertoire des légendaires Pixies.

Le fait de jouer sur scène un album en entier et dans son ordre original est toujours particulier. Ouste, la stratégie de montées et descentes d’intensité tout au long du concert : on se concentre ici à savourer des morceaux qui n’ont pas souvent été interprétés (comme Silver, chanté par Kim, soutenu par la voix de tête de Frank), ou si ce fut le cas, il y a longtemps.

Le quatuor originalement formé à Boston – où les membres fréquentaient l’université – a bien fait les choses. Pas de flafla ni de blabla. Pas de variations des morceaux qui seront exécutés comme ils ont été enregistrés, sous la férule de Gil Norton en 1990. Black et sa bande intègreront en plus tous les B-sides, dont Dancing the Manta Ray, la version « UK surf » de Waves of Mutilation et des plus obscures comme White, qui était accompagné d’un épais brouillard dans lequel on a perdu de vue les quatre musiciens.

Là où les Pixies ont fait les choses en grand, mais encore une fois sans exagération, c’est au niveau du visuel. Le concert débute avec des extraits du film dadaïste Un Chien andalou de Luis Bunuel (1929) qui nous mène à quatre « B-sides ». Puis, on est exposés à des projections immenses et des couleurs ambiantes marquées (très rouges, très bleues…) qui soutiennent la performance du groupe sans jamais l’éclipser ni trop distraire le public de fans finis qui connaissaient souvent les paroles de chaque titre. Cercles rouges électroniques hypnotiques, portraits géants animés des quatre lascars savourant eux-mêmes Here Comes Your Man, etc. On ne parle pas ici d’art abstrait incompréhensible comme on voit parfois, ni de mise en scène complexe et théâtrale à la Jonsi, mais simplement de soutien efficace et bien dosé.

Au rappel, Black et compagnie seront généreux, avec l’interprétation de quelques classiques : Alec Eiffel, Gigantic et l’inévitable Where Is My Mind ? Seule la souriante Kim aura prononcé quelques « merci bowcoo » à la foule. Un des beaux clins d’œil de « Doolittle » étant qu’il permette pour une rare fois au batteur Lovering de s’exprimer vocalement (sur LaLaLove You) et à Kim de prendre le micro aux chœurs ou en avant-plan. Tous participent richement sur ce 3e album des 4 publiés par la formation durant leur trop courte carrière.

Bref, un bon concert qui sentait un peu la routine mais qui a le mérite d’être bien monté, bien exécuté et surtout, de comporter de l’excellent matériel musical. Pour fans comme pour néophytes !

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