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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Éruption britannique

PALMA VIOLETS

Samedi 4 mai 2013, Club Lambi, Montréal

mardi 7 mai 2013, par Cynthia Quellet

On a eu chaud samedi soir au Club Lambi. Même si la météo estivale nous a fait préférer un apéro en terrasse à la première partie du concert, Guards, on avait hâte de voir en chair et en os, LE groupe sensation du moment chez nos amis anglais : Palma Violets. Encensés par la critique, des Inrocks au NME en passant par la BBC, les 4 post-ados ont sorti leur premier album, 180, en février dernier, chez Rough Trade (Voir critique). L’album porte le nom du studio / local artistique de Lambeth à Londres, dans lequel l’identité rock garage, psyché, punk de Palma Violets est née : leur antre.

22h15 – Le public est à l’heure, le groupe aussi. Le temps que leur ami qui tient la table de merch déboule sur scène, ’’chauffe’’ la salle et fasse avancer tout le monde au plus près, et nous voilà en place, au milieu d’une fumée persistante. Jusque là on avait chaud, maintenant on bout.

Une chanson à peine, et on se dit qu’on a bien fait de venir : le volcan Palma Violets entre en éruption presque instantanément. Les deux chanteurs, Alexander "Chilli" Jesson, à la basse, et Samuel Thomas Fryer, à la guitare, emmènent le set sur un rythme plus qu’endiablé. Le premier, la voix plus aiguë, trublion charismatique de la bande, se donne à 200%, y va d’une accolade avec les spectateurs entre deux titres et maintient une connexion constante avec un public qui s’en donne à cœur joie. Le second, la voix plus enveloppante, se jette moins dans tous les sens mais s’assure d’emmener les chansons jusqu’au bout même lorsque son micro est perdu au milieu des fans, montés sur scène, pour venir participer à la fête !

On se sent flottés, proches, absorbés. Le Club Lambi pourrait tout aussi bien être leur studio 180. Ils y jouent pour de vrai, dans l’amitié, dans la fusion, dans l’urgence. Des potes qui prennent leur pied en balançant du rock comme s’ils étaient dans leur garage mais qui font ça comme des pros. La très efficace "Best of Friends", lave rock bouillonnante, nous avalera tout entier, tout comme les accents punk de "Chicken Dippers" et même la succincte "14" qui ne se résume pourtant qu’à la répétition de deux ou trois phrases. Ce n’est certes pas tout très abouti, mais sur scène ça prend flamme, ça prend vie. Le clavier est parfois un peu étouffé, la guitare pas toujours très audible mais la fièvre est là.

Plus en retrait, William Martin Doyle (batterie) et Jeffrey Peter Mayhew (clavier) se feront respectivement remarqués, un debout sur son tabouret laissant tomber les baguettes du plafond, l’autre gesticulant de tout bord et donnant de la voix pendant le rappel, sur la chanson cachée de l’album, ’’Brand New Song’’, titre pendant lequel le public sera invité à monter rejoindre la joyeuse bande. Avec un seul album à leur actif, on anticipait aisément un petit 50 minutes de show mais tout comme on a savouré chacune des 55 minutes de leurs compatriotes alt-J voilà quelques semaines, samedi soir on s’est laissé prendre par l’intensité et la fougue contagieuses de Palma Violets. On s’extirpe de l’étuve, une bonne dose de rock dans les veines, contaminés.

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