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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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OSHEAGA 2011

Le 30 et 31 juillet 2011, Parc Jean-Drapeau, Montréal

samedi 20 août 2011, par Cynthia Quellet, Olivier Boivin, Thomas Jennequin

Le week end de Cynthia Quellet

Pour sa 6ème édition, le festival Osheaga a fait le plein d’entrées ! Plus de 81 000 spectateurs se sont rués au Parc Jean Drapeau pour venir assister aux 92 concerts proposés. Avec sa programmation diversifiée et son site privilégié, Osheaga attire les foules. Le festival n’a pas d’égal pour enchaîner les prestations, nous laissant à peine le temps de souffler ou plus exactement de courir d’une scène à l’autre ! Petit plus, cette année Evenko a pensé « vert » avec l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires pour venir soutenir les génératrices nécessaires pour les concerts.

Samedi 30 juillet

Coup de cœur pour l’énigmatique Anna Calvi.

Après l’annulation de son concert prévu le 12 mars dernier au Cabaret du Mile End, on se réjouissait de pouvoir enfin découvrir la belle anglaise, chouchou de la critique, depuis la sortie de son premier album homonyme, produit par Rob Ellis (batteur de PJ Harvey). Sous ses airs de matador, la tête haute, chemise rouge sang, elle nous entraîne de suite dans son univers rock grave et envoûtant avec le titre Suzanne And I. Blackout, Desire et bien d’autres viendront compléter les 40 trop courtes minutes d’une prestation pas comme les autres. Lumineuse et sombre à la fois, Anna Calvi murmure, Anna Calvi domine, laissant la foule intriguée, subjuguée. On aurait presque voulu qu’il fasse nuit noire à la scène des Arbres pour frissonner jusqu’à son dernier râle.

Sur fond de feu d’artifice, Elvis Costello & The Imposters offrent un bouquet final magistral.

À ceux qui ont choisi de rester, Elvis Costello et sa troupe ont offert un spectacle intense et de qualité. Chaleureux et généreux, il a enchaîné de nombreuses pièces maîtresses telles que Everyday I write the book, Alison ou encore What’s So Funny ‘Bout Peace, Love And Understanding. Difficile de ne pas sourire, difficile de ne pas se laisser embarquer, quand une légende du rock vous propose ce qu’il a de meilleur avec un brin de fantaisie. On aura tous remarqué la danseuse en « cage » et les deux éberlués pêchés dans la foule qui sont venu la remplacer ! C’est devant un public clairsemé mais sous le charme qu’il a terminé le spectacle en reprenant Substitute (The Who) et Purple Rain (Prince). Pour notre plus grand plaisir Elvis Costello a fait son cirque ce samedi soir à Osheaga et on a adoré ça !

Coup de foudre pour The Joy Formidable

Les trois complices du Pays de Galle nous en ont mis plein la vue ce dimanche à Osheaga. Emmené par la survoltée et sexy Ritzy Bryan, le trio a littéralement enflammé la scène des Arbres. Il faut dire que pour leur premier festival canadien ils ont sorti l’artillerie lourde : du rock (du vrai), des rythmes cinglants, une bonne dose de distorsion, le tout dans une énergie grunge détonante. Le titre de leur premier album « The Big Roar », sorti en début d’année, résume plutôt bien le phénomène : une vague déferlante au bruit fracassant ! Le public présent ne s’y est pas trompé, s’il y avait un groupe « émergent » à ne pas manquer ce dimanche, c’était celui-là.

Le week end de Thomas Jennequin

Samedi 30 juillet

Arrivé sur site en début d’après-midi, ambiance décontractée et festive au rendez-vous. Coté musical, pas grand chose à se mettre sous la dent avant le spectacle de Oh Land.

Oh Land

Ce trio danois nous a offert une prestation assez plaisante avec une musique électro-pop énergique. La présence scénique de Nanna Øland Fabricius (chanteuse du groupe) a assurément grandement contribué au succès de ce spectacle. Juste le temps de quitter cette scène pour voir la fin du concert de Manchester Orchestra, Indie-Rock sans grand intérêt et manquant cruellement d’originalité.

Hey Rosetta !

Voila une formation assez intéressante avec notamment la présence d’un violon et d’un violoncelle dans l’orchestration. Le tout nous a donné un pop-rock efficace pas très original mais plutôt plaisant dans son ensemble.

Braids

Selon moi le groupe à découvrir de cette journée. Ce groupe montréalais (Mile End) nous a offert un très bon show avec leur pop expérimentale/psychédélique. La voix de Raphaelle Standell-Preston crée une atmosphère tout à fait singulière, planante et hypnotique avec parfois aussi quelques touches noise à la Deerhoof. Un groupe à suivre ! Écoute rapide du show de Tokyo Police Club, sans grand intérêt...

John Butler Trio

Sans doute le meilleur concert de cette journée, bête de scène et musicien hors-pair John Butler a rapidement conquis le public d’Osheaga qui n’attendait que ça pour danser !

Karkwa

Pour leur première participation à Osheaga, Karkwa a offert un bonne prestation qui a ravi le public et s’est achevée sur les incontournables ‘Marie tu pleures’ et ‘Oublie pas’ chantés en cœur avec le public.

Ratatat

Il est assez étonnant que Ratatat ait été programmé sur une un aussi petite scène que la scène verte mais cela n’a pas empêché les spectateurs de venir nombreux n’hésitant à grimper dans les arbres pour certains. Le show était au rendez-vous et si la prestation du groupe a pu sembler un peu courte on a pu tout de même se régaler avec les impressionnantes projections vidéo et 3D finalement plus convaincantes que la musique elle même.

Bright Eyes

Conor Oberst nous a donné un très bon concert, impeccable musicalement et affichant une très bonne présence sur scène, Bright Eyes a effectué une prestation intense qui a conquis le public. Motion spécial pour la pièce ‘one for you, one for me’ clôturant le spectacle, interprétée furieusement et brillamment par un Conor Oberst déchainé. Il n’a pas non plus oublié ses fans en s’offrant un bain de foule à la fin.

Fucked Up

Ce groupe punk torontois a fait ce qu’il sait très bien faire depuis pas mal d’années désormais, à savoir mettre le feu sur scène ! Après deux tounes, Damian Abraham, chanteur du groupe, surfait déjà sur la foule. Bref ambiance survoltée et musique très efficace. On a même vu Sebastien Grangier de Death From Above 1979 les rejoindre sur scène pour la fin du concert.

Bilan de la journée

Quelques très bon concerts avec Braids, John Butler Trio et Bright Eyes, une découverte avec Oh Land, et globalement beaucoup de plaisir.

Dimanche 31 juillet

Assurément la journée la plus intéressante sur le papier en terme de têtes d’affiches.

La journée a commencé en douceur avec les montréalais de Elephant Stone et leur pop un peu psychédélique très plaisante. Immédiatement après, Typhoon valait assurément le détour sur la scène de la rivière où ils nous ont offerts un prestation plaisante de pop orchestral. S’ensuivait le show de An Horse, duo batterie-guitare/chant, pop efficace et agréable. Ceci achevait la mise en bouche et nous pouvions enfin entrer dans le vif du sujet.

Eels

Très en forme, Eels a donné un très bon concert, ce groupe a du talent à revendre et ne se gêne pas pour le partager avec le public. Ajoutez à cela le charisme et la présence scénique de Mark Oliver Everett, chanteur du groupe, qui a vite établi un excellente relation avec les spectateurs. Au programme les incontournables ‘My beloved monster’ et ‘Novocaine for the soul’ en plus de pièces plus récentes tout aussi intéressantes.

The Sounds

Avec leur électro-pop efficace, The Sounds nous a sorti un concert solide qui a su satisfaire une bonne partie des spectateurs même si le jeu de scène semblait bien peu naturel.

Cypress Hill

Ils étaient programmés pour lancer la soirée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils l’ont bien fait ! Que ce soit avec les désormais classiques ‘shoot’em up’, ‘The shit goes down’et l’incontournable ‘Insane in the brain’ ou les morceaux plus récents et plus rock tels que ‘Rise up’ Cypress Hill a su conquérir les festivaliers présents en grand nombre pour assister à l’évènement.

Malajube

Les portes drapeau du rock indépendant québécois en était à leur deuxième prestation à Osheaga. Au programme cette fois-ci beaucoup de titres issus de leur dernier album La caverne et les incontournables ‘Montréal -40’, ‘Filles à plumes’ ou encore ‘Le crabe’. Une prestation solide sans non plus être fantastique.

Beirut

Fidèle à ses habitudes, Zach Condon est arrivé sur scène, timide mais heureux d’être là. Après s’être battu pendant de longues minutes avec son micro pour des problèmes techniques, Beirut n’a interprété que des nouveaux morceaux à paraitre sur le prochain album. Avec leur son si caractéristique et une orchestration toujours aussi bien léchée, Beirut nous a offert un très bon concert. Seul reproche à faire ici, mais cela est inhérent au ‘format’ festival : la durée du concert. On aurait bien aimé pouvoir profiter du groupe pour quelques minutes de plus…

Death Cab For Cutie

Ils ont offert un show tout a fait réussi aux nombreux spectateurs venus assister au concert. Ils ont, curieusement, essentiellement interpréter des titres de leurs ‘vieux’ albums, le dernier n’étant représenté que par les pièces ‘Doors are unlocked and open’ et ‘You are a tourist’. Point noir de ce concert : les nombreux problèmes techniques, Ben Gibbard allant même jusqu’à abandonner sa guitare pendant un morceau.

The Flaming Lips

Ils on fait le show pour clôturer cette édition 2011 d’Osheaga, confettis, ballons géants, bulle dans laquelle le chanteur se baladait dans la foule, projections psychédéliques, bref les flonflons étaient de sortie. Pour ce qui est de la musique en elle même je n’ai pas vraiment était convaincu ce concert, mais le public, lui, semblait comblé.

Bilan de la journée

Deux excellents concerts avec Eels et Beirut, pas de découvertes, et des shows très pro de Death Cab For Cutie et de Cypress Hill. Et gros point noir les problèmes techniques lors des concerts !

Bilan du festival

Temps magnifique et site vraiment très agréable. En ce qui concerne la programmation je trouve qu’elle manquait cruellement d’audace et était essentiellement constituée de bands ‘mainstream’ pas très très originaux, à quelques exceptions près.

La journée d’Olivier Boivin

Le dimanche, 31 juillet 2011

15h00-15h30 Freedom or Death

Cette formation de Toronto m’a surpris considérablement. Meilleur sur album qu’en performance toutefois, le groupe sait même charmer un public qui ne les connaît peu ou pas du tout. D’abord la basse est bien dosée, le batteur joue avec un tel plaisir qu’on voudrait tous s’écrier : « Je suis next ! » Sway, le chanteur et guitariste, est coloré, très tatoué, petite casquette de matelot et semblait livrer avec aisance ses compos. Un bon coup d’envoi pour mon arrivée sur le site.

15h30-16h15 The Sounds

C’est bien assis très loin derrière la foule compacte, juché en haut de la montagne, on pouvait avoir une vue d’ensemble impeccable des scènes principales. Puis, vient à mon tympan gauche, sur la scène de la rivière des slogans très rock du genre : « Are you having fun everyone ? Let’s rock’n roll ! », provenant de Maja Ivarson, une vraie bête de scène, belle et sauvage. C’était la formation The Sounds, une révélation pour ma part. On a qu’à la regarder 3 ou 4 secondes pour voir que nous avons affaire à une fille qui a le rythme inné dans le sang. Sa voix est mature, elle semble avoir du plaisir, ce qui nous le propage immanquablement. Une performance béton pour une formation que je ne connaissais pas du tout. Elle m’a donné envi de me procurer leur 4e album, Something To Die For, paru en février 2011. Du new wave nouveau genre, aux saveurs punk garage, plus près des racines rock, un peu 80’s, mais culbutant aussi dans les 90’s. Belle découverte.

16h20–17h10 Cypress Hill

Sous les nuages de boucane de mauvaise herbe, j’ai reconnu la plupart des gros hits de Cypress Hill. Une foule en fusion beuglait les paroles comme une religieuse réciterait son chapelet devant le pape. Même sensation de foi aveugle. Ils sont gros, ils sont décontractés, mais sont-ils vraiment bons ? Ça se tolérait, l’esprit était au lâcher-prise et au « yo man chill » toujours sur la grosse scène de la montagne. Le soleil était à son apogée, on cuisait et on levait les bras en faisant la vague. Cypress Hill oblige.

17h10-17h50 Malajube

Les problèmes techniques étaient flagrants pour la formation Malajube. La voix peu perceptible d’emblée, on sentait que quelque chose ne tournait pas rond, puis le tout s’est replacé et on a eu droit aux grands succès de la formation québécoise d’envergure. Cela faisait du bien d’entendre une formation plus locale, il fallait revenir sur terre après avoir été invité à être « higher » et encore plus « higher than ever » avec nos amis de Cypress.

17h50 – 18h35 Beirut

Pour ma part, je n’ai assisté qu’aux 3-4 premières pièces de Beirut, une formation que je ne connaissais pas trop, mais qui m’avait plu lors de l’unique écoute dont j’ai eu droit quelques semaines avant leur prestation à Osheaga. Je n’ai pas été renversé, mais cela dit, on sentait tout le talent et la présence dont ils semblaient accorder beaucoup d’importance. Le genre de formation qui doit vraiment bien livrer la marchandise dans une salle plus intime.

18h30 – 20h00 Jamie XX

Moment des plus attendus et pour cause, le bassiste de la formation The XX débuta tel un magicien des platines par un remix de We’re New in Here, un album de reprise de Gil-Scott Heron, artiste décédé au début de l’été cette année. D’ailleurs on a eu droit à plus qu’un extrait lors de ce long et délectable dj-set, en plus d’un remix de Nosaj Thing (Fog, sur l’album Drift, 2009), puis, pour le reste, de gros beats qui faisait danser une foule collée comme des sardines sous la structure métallique du piknic électronique. Entre chien et loup, devant une vue urbaine à couper le souffle de notre ville de Montréal, ce fût pour ma part le passage de la journée que j’ai le plus apprécié. J’avais besoin de bouger et nous fûmes gâtés.

20h15 – 21h05 Crystal Castles

Face à cette formation, beaucoup d’attentes inévitables nous transperçaient les pores de peaux déjà bien bronzés. C’est l’heure du coucher de soleil. D’abord, deux albums complètement canons et innovateurs ainsi qu’une chanteuse dévergondée (à noter, elle n’a pas ingurgité un 750 ml de fort cette fois-ci comme elle sait si bien le faire), puis, une basse gonflée à bloc faisait rebondir le parterre surélevé de quelques centimètres, nous savions qu’on allait déménager durant leur concert. Presque sur le bord de suffoquer, mes amis ne sautaient pas autant que moi lors de l’explosion sonore qui aurait défrisé le plus bouclé des moutons noirs. Les voix modifiées comme on n’aurait même pas pus imaginer d’avance, c’est un spectacle quelque peu décevant mais puissant, que nous ont livré nos amis des rythmes digitaux. Plus courte que ce qui était indiqué à l’horaire, leur concert nous a laissé non rassasié et même quelque peu perplexe. La présence en valait tout de même la chandelle.

En conclusion

Dans l’ensemble, la journée fût fort appréciée, la température était idéale, chaude et les gens étaient beaux. En espérant une programmation aussi alléchante et même plus l’an prochain lors de l’édition 2012.

photo de Flaming Lips : Pat Beaudry

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