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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Créé des remous à Montréal

NOUVELLE VAGUE

Concert à l’Astral, le 26 janvier 2010

jeudi 28 janvier 2010, par Nicolas Pelletier

À la rencontre du kitch, de la paillette et du plaisir coupable, l’ensemble Nouvelle Vague connait en France un succès comparable à celui des Lost Fingers de ce côté de l’Atlantique, et ce, depuis plusieurs années. Et à l’instar de nos trois gypsys modernes, le sextet utilise la même formule gagnante qu’est celle de revisiter les classiques des années 80 en les remodelant dans un autre style musical, plus épuré que l’original.

Sur leurs trois albums, Nouvelle Vague (NV) s’est spécialisé dans la reprise de tubes « new wave » des années 80, d’où le nom du groupe. Marc Collin et Olivier Libaux dirigent un solide quatuor de jazzmen, pendant que les très sensuelles, explosives et charismatiques chanteuses Karina Zeviani et Helena Noguerra font littéralement lever la foule. Cette dernière, d’ailleurs, s’est vite fait remarquée avec ses poses de stars et sa robe moulante sans dessous !

Dès son premier album éponyme, paru en 2004, NV charme la génération 80 avec des reprises mielleuses, sexy et simples de chansons connues du milieu punk ou alternatif comme Guns of Brixton. Sous leurs doigts, cet hymne de rage contenue des Clash devient une chanson sensuelle qui permet aux chanteuses du groupe de ronronner à qui mieux mieux. Et pourquoi pas ? Le tout est fait dans le respect de la composition originale et permet aux fans de rafraîchir leur écoute d’un titre qu’ils ont entendu à satiété.

Autant sur disque que sur scène, le résultat est plutôt heureux. So Lonely, des Police, devient une jolie et triste chanson d’amour, une fois dénudée de sa fougue originale. Dans la nouvelle vision samba estivale de Nouvelle Vague, Making Plans for Nigel devient un réel tube accrocheur, ce que le trio XTC n’aura jamais réussi en 20 ans de carrière. Sans les artifices typiques de la new waves (claviers, batteries électroniques, ambiance froide…), on redécouvre ces fabuleuses mélodies jadis poussées par New Order, Bauhaus, les Pistols, Depeche Mode, Soft Cell et autres Heaven 17.

Bêtes de scène, les chanteuses lâchent leur fou sur Human Fly, des Cramps, en la livrant dans un format blues sexy tout à fait invitant presque au strip tease. Too Drunk To Fuck, chantée par deux filles éméchées, prend une tout autre saveur que dans la version agressive des Dead Kennedys.

Inutile de préciser que hier soir, à l’Astral, la foule était assez allumée, merci !

CLARE & THE REASONS RETROUVONS LA RAISON

En première partie, dans cette chouette salle qu’est L’Astral, nous avons retrouvé Clare + the Reasons, que nous avions vus quelques mois plus tôt en première partie du concert de feu Vic Chesnutt (lire la critique : http://www.emorageimagazine.com/con... ) et apprécié au point de se procurer l’album alors tout frais sorti (lire la critique http://www.emorageimagazine.com/mus... ).

Toujours aussi sympathique, le groupe présentait sa pop élaborée en format trio, donc sans batteur, ce qui a toutefois nui à leur prestance scénique. La foule encore clairsemée était venue voir les bombes de Nouvelle Vague et n’avait cure des superbes et riches arrangements de Clare Muldaur et Olivier Manchon. La subtilité et le détail de leur belle musique ainsi que la netteté de la voix haut perchée de Clare se sont un peu noyées dans le brouhaha des discussions animées au bar.

Il n’en demeure pas moins que ce groupe présente une musique de haute qualité et des mélodies très bien ficelées que l’on gagne à découvrir. Leur animation scénique est par contre à retravailler. On suivra l’évolution de la carrière de Clare + the Reasons avec attention vu la tonne de talent brut ici présente.

Photos : Nicolas Pelletier

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