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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Entre amis

NATIONAL, THE

Vendredi le 9 décembre 2011 au Centre Bell, Montréal

mercredi 14 décembre 2011, par Nicolas Pelletier

On a malheureusement manqué l’excellent duo Wye Oak qui ouvrait la soirée tôt au Centre Bell vendredi soir. Mais nous y étions pour apprécier la belle rouquine Neko Case qui a livré un joli récital tout en subtilité, chantant ses chansons avec passion, dans un enrobage très country folk. Sans aucun artifice, l’Américaine la plus canadienne de la scène indie compte sur une magnifique voix qui était un peu mal servie dans une si grande salle. Très peu intime que le Centre Bell même en format "théâtre", c’est-à-dire demi-glace. Son band était composé de vétérans de l’Indiana et de Georgie en plus de Kelly Hogan aux magnifiques chœurs et l’intense, mais décontracté John Convertino, le batteur de Calexico. Les fans de Tanya Donelly, Katie Moore et Angela Desveaux ont dû apprécier le set de Mlle Case.

La foule, relax, attendait patiemment l’excellent band The National, tous un peu intrigués de la façon dont la formation de Cincinnati (Ohio) allait occuper cet immense espace. En attendant, des enregistrements de JJ Cale de la belle époque nous distrayaient, à travers les odeurs de pop-corn et la dispendieuse bière. Drôle d’ambiance pour un concert « indie »...

C’est avec un aplomb et une intensité retenue que les huit musiciens ont pris possession de la scène et livré un rock solide dès les premiers accords. Un verre de vin à la main et élégamment vêtu d’un veston noir, Matt Berninger a laissé sa très belle voix de baryton charmer alors qu’étaient projetées leurs propres images en noir et blanc, sobrement, sur grand écran.

Les guitares acérées des frères jumeaux Bryce et Aaron Dessner (également co-compositeur) donnaient du mordant au rock de The National, qui n’est pas toujours aussi calme qu’il parait. Par moments, on croirait Interpol, à la différence que la voix de Berninger n’habite que le registre grave, calme, envoutant, et ce, malgré le fait que ses complices s’emballent, comme sur Squalor Victoria. Berninger finit par s’énerver à quelques occasions, à lancer son micro et à cracher son vin... bref, à jouer à la rock star un peu ! Il s’est d’ailleurs fâché à quelques reprises par la suite et a hurlé comme un perdu quelques phrases, au point de risquer de s’abîmer ses cordes vocales.

L’ajout de cuivres enrichissait bien le rock du groupe, amenant des accents parfois chaleureux, parfois à saveur tex-mex. Le travail du batteur Bryan Devendorf est à souligner : ses rythmes complexes, parfois structurellement à contre-courant contribuent énormément à créer une ambiance spéciale, intrigante parce qu’imprévisible. Richard Reid Perry puis, plus tard, Win Butler, tous deux d’Arcade Fire, sont venus participer à quelques chansons, au grand plaisir de la foule. « Little local band, giving them a shot » blague Berninger.

Finalement, l’endroit ne fut pas un problème. Votre humble serviteur, victime d’une longue soirée fort arrosée la veille n’était pas fâché de pouvoir profiter d’un siège pendant ces deux heures de musique, aussi enlevante soit-elle. C’est certain que le Métropolis se serait sans doute enflammé plus facilement, mais il demeure que The National a su bien faire dans ce grand Centre Bell.

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