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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

En apesanteur avec M83

M83

Montréal, Samedi 20 novembre 2011 à la SAT

mardi 22 novembre 2011, par Vanessa Hauguel

M83 et Active Child ont illuminé le ciel de la SAT samedi dernier, dans le cadre de M pour Montréal. Anthony Gonzalez livrait, dans une atmosphère de voyage cosmique, le meilleur de lui-même dans un spectacle éblouissant. Au-delà des jeux de lumières et du fond étoilé accompagnant le groupe, Gonzalez et ses alliés ont su recréer « live », l’ambiance de musique de film retrouvée sur les derniers albums, Saturdays = Youth (2008), et Hurry Up, We’re Dreaming (2011). La SAT était en état de lévitation et le public gravitait autour d’un rêve, bien dense en émotions.

C’était aussi la démonstration du talent de Gonzalez, et de sa façon de peindre des paysages musicaux remplis d’histoires. De ses coups de pinceaux habiles ou plutôt de synthés, ses paysages devenaient presque palpables. C’est sans doute un peu pour ça que M83 se démarque des ses comparses dans la même veine ; Neon Indian, Memory Tapes, Washed Out, pour ne nommer que ceux-là, qui ont bien sûr, des qualités propres à eux, mais rien d’équivalent. M83 a prouvé qu’il arrive comme nul autre à évoquer, et même à nous faire revivre avec sincérité certains instants de nos vies, la magie y comprise.

Revenons au commencement. Active Child en première partie surprend le public déjà en émoi. Ce projet de Pat Grossi, accompagné de deux autres membres, rend lui aussi un bel hommage à la musique des années 80, d’une irrésistible Chillwave et Pop électro. Entre la harpe et les synthétiseurs expérimentaux et dansants, le groupe était tout indiqué pour ouvrir le bal. La foule, qui semble impressionnée, ne lésine pas sur les applaudissements et prend des airs d’enfants hyperactifs. Un peu plus et c’était le rappel pour Active Child.

Les lumières se tamisent et des points lumineux tapissent le fond de la scène, simulant une nuit étoilée. Gonzalez apparaît, le visage caché derrière un masque quelque peu monstrueux, rappelant la couverture de Hurry Up, We’re Dreaming. Il élève ses bras au ciel devant un public amoureux. Avide et plus curieux que jamais, la salle semble prête à se laisser submerger dès les premières notes de « Intro », premier single du dernier album. Décollage réussi.

Gonzalez se pavane et se fait aller, dansant, un peu timidement, puisqu’il se met plus souvent qu’autrement, dos au public, mais son énergie pure est bien mise de l’avant et la foule en redemande. Avec une humeur positive constante, les quelques problèmes de synchro ne font pas descendre le pouls du public et Gonzalez reste l’homme de la situation.

Enchainant sur « Kim et Jessie », la foule est en extase. Climax. Le sourire devient permanent sur toutes les lèvres et ce jusqu’à la dernière chanson, « A Guitar and a Heart ». Après l’ovation, le groupe refait surface avec l’incontournable a « Skin of the Night » suivi de l’éclatante « Couleurs », c’est la consécration.

Le guitariste délaisse d’ailleurs le clavier pour rejoindre le drum électronique. L’intensité grimpe de plus belle, Gonzalez crie « Montréal », le public lui répond, tandis qu’il hurle à nouveau. « Couleurs » reprend, en force, version allongée pour clore l’aventure intersidérale. Le public est en sueur, certains en larmes, tous à vifs. M pour mission accomplie.

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