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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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L’INTENSITÉ ET LE CHARISME DU « FOLK SINGER » AUTHENTIQUE

JOSÉ GONZÁLES

Au Cabaret Juste pour rire, 14 mars 2008

lundi 24 mars 2008, par Nicolas Pelletier

La table était mise pour le sacre de José Gonzáles en tant que nouveau monarque du folk authentique. Éclairages somptueux - bien que très simples - et une bonne foule de fans enthousiastes remplissaient la scène et la salle du Cabaret, en ce vendredi soir post-tempête de neige à Montréal.

Et dès les premiers instants, le magnétisme et le charisme de cet auteur-compositeur-interprète suédois (!) d’origine argentine sont indéniables. L’homme de 30 ans est intense, concentré dans son univers et visiblement amoureux de chaque son qu’émet sa guitare classique, qu’il joue avec un « picking » musclé mais précis. On est bien loin de ses expériences hardcore punk de l’époque de Back Against The Wall ou de Renascence, des années 90, ni même de sa période emo, plus récente, avec le groupe Only If You Can Call Me Jonathan.

Avec seulement deux écoutes de son premier album solo Veneer dans le corps, je me présentais devant M. Gonzáles avec un esprit plutôt vierge, teinté d’un préjugé favorable, flairant une potentielle belle découverte, étant donné la qualité de ses pièces et de son esthétique artistique. Il est en effet rare qu’un artiste se permette de revisiter à la sauce folk des artistes aussi variés que Low, Daft Punk, Bronski Beat et Kylie Minogue… Surprenant, non ?

Après trois premières chansons interprétées en solo, juste au moment où j’allais classer sa musique « plutôt froide et sans refrain accrocheur » (ce qui est quand même pas mal le cas sur Veneer), Gonzáles m’a littéralement envouté par de superbes mélodies, très loin d’être âpres et sèches, comme pour me faire mentir. Sur scène, le charismatique chanteur me rappelle maintenant la première fois que j’ai vu Ben Harper, en 1996 au Festival d’été de Québec qui, sous une pluie diluvienne, avait mis le public dans sa petite poche en offrant une généreuse et intense performance. Idem pour Gonzáles hier soir, dans un style musical tout de même différent de Ben.

Car si Gonzáles peut se comparer à Harper des premiers albums au niveau de l’intensité et du charisme, c’est davantage aux artistes folk des années 60 et 70 auquel il fait musicalement penser. Tim Buckley, Nick Drake et Murray Head ont certainement dû faire partie des artistes qu’il vénère. Il avoue également une admiration sans borne pour l’artiste cubain Silvio Rodriguez. On écoute ce type d’artiste pour la beauté de leurs chansons, bien évidemment, mais également par fascination pour l’immersion totale dans leur art, particulièrement lorsqu’ils sont sur scène.

En formation trio (Mlle Nagano aux claviers et voix et M. Bodin aux percussions et voix ont rejoint le guitariste pour une bonne partie du concert), la musique de José Gonzáles prend ensuite des allures de Crosby, Stills & Nash (In Our Nature) avec une touche de J.J. Cale (How Low), en plus « indie folk », bien sûr. Pendant sa reprise de Teardrops, nous étions plusieurs à nous demander quel artiste folk avait écrit cet irrésistible air… avant de réaliser qu’il s’agissait de Massive Attack ! Magistral. Son plus récent album, In Our Nature, paru en septembre dernier sur étiquette Mute, est définitivement dans cette lignée.

Gonzáles a le talent et le charisme pour rejoindre les Harper, Jack Johnson et autres Damian Rice dans la cour des artistes folk rejoignant un large public. Espérons seulement qu’il saura garder le cap sur son authenticité musicale le plus longtemps possible. Définitivement une belle découverte !

MIA DOI TODD : PAS ASSEZ CAPTIVANTE

Deux mots, en terminant, sur l’artiste californienne Mia Doi Todd qui nous a offert une douzaine de morceaux en début de soirée. Directement influencée par les Joan Baez et Sandy Denny (dont elle reprend d’ailleurs un titre), Todd a une grave voix à la Margo Timmins (Cowboy Junkies) ou Laure Péré, qui prend parfois des envolées à la Jorane. Tout cela est bien beau, mais les mélodies souvent monocordes et un manque de répertoire solide l’ont poussé à de nombreuses longueurs, dont un jam flûte et percu qui n’aurait jamais dû sortir de son salon. Quelques belles mélodies ici et là (dont la courte Sleepless Nights), mais malheureusement pas assez de moments magiques pour capter l’attention du public.

Nicolas Pelletier

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