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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

MUSIQUE PLANANTE

JÓNSI

Le dimanche 2 mai 2010, au Métropolis de Montréal

mercredi 5 mai 2010, par Marie-Ève Cadieux

Jónsi, chanteur du groupe islandais Sigur Rós, nous livrait le 2 mai dernier son premier album solo intitulé Go, un opus très enjoué paru le 5 avril 2010.

C’est dans une salle presque pleine, remplie de visages heureux et sereins, que Jónsi a fait son entrée en scène. Pour débuter, un Jónsi timide calme la fièvre de la foule fébrile et captive, en la berçant d’une douce ballade. Le public, qui semble grandement constitué de connaisseurs, écoute, silencieux et attentif, déjà hypnotisé dès le début du spectacle par cette voix claire, juste et pure, comme un chant d’oiseau.

Musique planante et art visuel

L’expérience musicale est intensifiée tout au long du spectacle par des effets visuels qui sont synchronisés avec la musique : des projections parfois constituées de vidéos, d’autres fois de dessins animés, sur un décor donnant une perspective à trois dimensions. Au début du spectacle, on assiste à une envolée de papillons. Ensuite, durant la même chanson, le film qui défile derrière Jónsi prend feu, comme si le décor était littéralement en train de brûler. Le spectacle se poursuit avec une pièce un peu plus entraînante, nous offrant cette fois en projection visuelle le dessin animé d’un cerf se faisant pourchasser par un loup, pour ensuite se changer en chouette et s’envoler. Plus tard, la scène se voit envahie par une armée d’araignées qui défilent à toute vitesse et qui ramassent toutes sortes de débris sur leur passage.

L’atmosphère en place, le spectacle se poursuit par un enchaînement de pièces montantes en intensité, mais tout de même entremêlées de ballades. L’équilibre y est, et le rythme est donné par le déplacement des musiciens qui changent régulièrement d’instruments, par le décor vivant et par les percussions qui augmentent elles aussi en intensité au fur et à mesure que le spectacle progresse. La prestation se termine par un rappel on ne peut plus satisfaisant, offrant à nos oreilles une cacophonie entraînante, à la fois violente et douce, et à nos yeux, une averse de pluie, qui se change d’abord en orage, puis en tempête de neige. À couper le souffle et à donner des frissons, comme une puissante bourrasque… d’émotions !

Jónsi sans Sigur Rós

Musicalement, on assiste au même son, mais en plus gai, avec des chansons plus brèves. Quelques-unes sont interprétées en anglais, ce qui enlève peut-être un peu au charme sonore que procure l’« hopenlandic », la langue inventée qui s’apparente à l’islandais, et que Jónsi a l’habitude d’utiliser dans toutes ses chansons.

Bref, fidèle à lui-même, Jónsi a sans aucun doute réussi à charmer son public par ses puissantes envolées lyriques et ses pièces marquées par de planantes décharges d’émotions, parfois douces, parfois violentes, mais ô combien enivrantes !

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