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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Comme au cinéma

JIMMY HUNT

13 octobre, Le National, Montréal

dimanche 16 octobre 2011, par Vanessa Hauguel

Après une première partie un peu éparpillée mais livrant une bonne dose d’excentricité dûment made in Florida, avec Sean Nicholas Savage, le bluesman dandy Jimmy Hunt et ses complices prennent d’assaut la scène, et viennent chasser le soleil synthétique de Sean avec leur brouillard et leurs nuages de poussières. Jimmy Hunt et son regard un peu taciturne et embrouillé ce soir là, est à l’image de ses chansons. Il suinte déjà toute son essence dès les premières notes. Tirant à bout portant de son folk country amoureux, les airs tantôt westerns et tantôt chansons françaises, il nous désarme.

De la grande musique de film, de son propre film. Une musique et une prestation aux envolées acoustiques ou au clavier, qui nous rappelle que Jimmy Hunt fait finalement beaucoup plus que de la chanson. Et ses musiciens l’accompagnent comme des acolytes, personnages eux aussi de ce film.

La fascination pour Jimmy n’a rien d’étonnante, l’authenticité avec laquelle il interprète ses chansons, toutes issues de ses récits personnels, nous entraine avec lui, loin, loin, loin, comme il dirait si bien.

Avec son air légèrement éméché, quelque chose de triste émane de ce visage, qui s’apprête à chaque instant à jouer ou plutôt à donner, tout ce qu’il aurait à donner, et bien au-delà. Un peu de Chocolat aussi ici et là aussi, le tout dans un ordre en désordre, dépouillé, épars, pourtant bien... parfait. Tout semble en accord, en parfaite symbiose, et les dessins à l’acétate derrière, ajoutent encore un peu de fantaisie à ses ballades. De Mathilde à Innocence en passant par Les tontons macoutes et Erzulie Freda toutes ses chansons irradient le National comme un faisceau de lumière dans la brunante.

Il en faudrait de peu pour qu’on tombe yeux dans les yeux, le coeur amoureux. Le public en demande plus, mais il nous en donne presque déjà trop. Tous plongés bien loin dans sa forêt de moineaux et de loups, on serait bien parti, tous ensemble, je-ne-sais-où, mais en fait, on était tous un peu parti. Suivant autant l’harmonica et les paroles du bout des lèvres, Jimmy, son coeur en main et en bouche, fait fendre les nôtres.

Je ne sais pas si c’est le mois d’octobre ou sa jolie face ou son sang de sasquatch mais voilà, Jimmy, les soirs comme ceux-là, nous aime, pis on l’aime.

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