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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Mélancolie sans regret

IRON & WINE

26 septembre 2007 @ Metropolis

mercredi 3 octobre 2007, par Jean-François Sénéchal

La dernière visite d’Iron and Wine à Montréal remontait au 18 décembre 2005. Sam Beam partageait alors la scène avec Calexico, formation qui avait collaboré à In the Reins, disque promu par le concert. L’intention était bonne et conviviale, mais l’événement avait fini par ressembler par un immense foutoir. Les musiciens sur scène (plus de 15 si ma mémoire ne m’abuse) faisaient de leur mieux pour donner un peu de cohérence à l’ensemble, mais en vain. Le souvenir que plusieurs en gardent n’est pas des meilleurs. Au moins deux constats peuvent être tirés du concert donné mercredi passé. Tout d’abord, Iron and Wine a offert une performance plus maîtrisée avec un projet plus conventionnel. Sam Beam était tout de même accompagné par huit musiciens qui apportaient au concert une belle dimension orchestrale, reflet du dernier opus de la formation, The Sheperd’s Dog. La richesse sonore était donc au rendez-vous avec accordéon, claviers, percussions (assurées par deux musiciens), violon, contrebasse, guitares électriques, guitares acoustiques et pedal steel. Ensuite, deuxième constat, l’expérience d’In the Rein a apporté à Iron and Wine l’apport d’un excellent musicien en la personne de Paul Niehaus, membre de Calexico (pedal steel et guitare électrique). Le musicien vedette a accompagné Sam Beam sur toutes les pièces, son instrument bien mis à l’avant-plan. Un autre ingrédient essentiel du concert était la sœur de Sam Beam, Sarah, avec son violon et sa voix fragile qui appuyait à merveille celle de frérot. À noter aussi l’un des deux percussionnistes, avec son jeu à la fois nerveux et « groovie », celui vers qui Beam se retournait parfois pour lui laisser prendre la barre. Le chevelu et barbu songwriter de la Floride a bien sûr offert à son public (assis pour l’occasion, très bonne initiative) plusieurs pièces de son nouvel album, notamment l’excellente House by the Sea et le simple Boy with a Coin. Certaines envolées instrumentales, entre autre sur la pièce Peace Beneath the City, ont été tout particulièrement appréciées du public. Beam en a aussi profité pour revisiter certaines pièces de son répertoire, elles aussi bien appréciées de la salle : South Georgia, Upward Over the Moutain, Jezebel et The Sea and the Rhythm. Ces interprétations ont rappelé tout le chemin parcouru par Beam depuis ses débuts lo-fi et intimistes. Certains peuvent regretter ces débuts extrêmement séduisants, et peut-être qu’Iron and Wine ne retrouvera plus jamais le même momentum. Mais bon, laissons le temps faire son travail. Laissons aussi à Sam Beam le soin de s’amuser comme il l’entend avec toutes les nouvelles possibilités qui découlent de son succès et de son expérience grandissante. Un petit mot pour terminer sur la première partie du concert, Arthur and Yu, une jeune formation de Seattle qui vient tout juste d’éditer son premier album, In Camera. Aussi bien inspirée par The Velvet Underground que par Neil Young, la formation distille des pièces légèrement éthérées, entre folk lo-fi et rock planant. Leur travail rappel celui de The Skygreen Leopard, mais en moins éclaté. Les deux principaux membres de la formation, Grant Olsen (guitare) et Sonya Westcott (clavier), mêlent souvent leur voix pour de beaux effets harmoniques. Trois autres musiciens les accompagnaient sur scène pour plus de respect aux versions enregistrées. Leur programme s’est terminé avec l’excellente pièce qui ouvre leur album, Absurd Heroes Manifestos.

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