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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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L’envol au-dessus du lot

GRIZZLY BEAR

En concert au National, le 4 juin 2009

mardi 16 juin 2009, par Nicolas Pelletier

Le sympathique quatuor Here We Go Magic a mis une belle ambiance dans cette magnifique salle qu’est Le National, rue Ste-Catherine à Montréal. Malgré quelques lacunes au niveau chant et des longueurs instrumentales, le groupe de Brooklyn combine des savantes lignes de basses hypnotiques avec des montées d’intensité via les deux guitares, dont celle de leur leader Luke Temple. Une entrée en matière respectable.

Mais la marche est bien haute pour atteindre la qualité musicale de Grizzly Bear qui leur ont succédés sur scène ! On y a constaté toute la différence entre des chanteurs talentueux et tous les autres, plus ordinaires, qui mènent de nombreux groupes rock. La magie des harmonies vocales du quatuor, lui aussi basé à Brooklyn, est tout simplement renversante. Le potentiel de ces quatre talentueux musiciens est exponentiel.

Il faut dire que Grizzly Bear peut compter sur quatre chanteurs de haut niveau. Au milieu de cette force musicale se dresse la voix impériale mais sensible d’Ed Droste, qui touche par son lyrisme et impressionne par la puissance de son instrument. Le bassiste et flutiste Chris Taylor s’est aussi illustré en mettant en valeur sa voix de tête, et en « tritouillant » des effets enveloppants et envoutants. Daniel Rossen, de son côté, semble avoir une approche plus folk, comme s’il parvenait à combiner l’influence des Byrds avec celle de Sigur Ros ! Le batteur Chris Bear, aligné à l’avant-scène comme ses compères, n’était pas en reste avec un jeu de baguettes intelligent, et une participation importante aux chœurs.

Grizzly Bear, c’est l’explosion des harmonies vocales de haut voltige dans une ambiance qui alterne entre la pop délicieuse à la Byrds et Buffalo Springfield et l’expérimentation à la Sigur Ros ou TV On The Radio. Grizzly Bear a du Radiohead dans le nez, mais ce ne sont pas les guitares qui sont remarquables, mais plutôt les voix. Comme le band de Thom Yorke, l’ambiance et la qualité des chansons font que ce groupe survolera sa catégorie sous peu. À souligner, le jeu de lumières était juste et subtil, projetant de très belles images des musiciens illuminés d’une couleur très vive sur un fond contrasté.

L’enthousiasme des Montréalais présents au National jeudi dernier l’a confirmé : ce groupe est construit sur du solide. Il se sert du talent considérable de chacun de ses membres pour élever son talent tout à un niveau supérieur. Protégeons cette espèce d’animal à tout prix !

Texte et photos : Nicolas Pelletier

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