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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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À toutes les sauces

GONZALES, CHILLY

Lundi le 16 avril 2012, au théatre Rialto, Montréal

mercredi 18 avril 2012, par Nicolas Pelletier

Fidèle à son habitude, fidèle à son personnage, Chilly Gonzales était hilarant, arrogant, incroyablement intense sur son piano et devant son micro hier soir au Rialto.

Ce "self-proclamed-musical-genius" est probablement un génie de la musique. Pour aussi bien la comprendre, pour aussi bien ne pas tomber dans le traditionnel étalage de sa virtuosité et pour y insuffler autant d’autodérision, il faut avoir compris la Vérité, avoir touché au divin, avoir tellement joué qu’il en a fait le tour. Il m’est d’avis que jeune, Jason Beck a dû pratiquer son instrument plusieurs milliers d’heures pour parfaire sa technique et étudier les maîtres qui l’ont précédé. Mais son besoin d’expression, d’originalité et son esprit rebelle l’ont amené sur d’autres routes : d’abord celle du rap (pour le moins unique pour un pianiste classique) puis celle du classique minimaliste, à la Satie. Ses œuvres sont parsemées de chefs d’œuvre mélodiques, d’idées loufoques et de gros fun noir ! Ses concerts aussi.

Chilly Gonzales peut passer de tendresse à violence démolissant, que dis-je, massacrant soudainement le superbe hymne mélancolique qu’il prenait pourtant la peine de doucement déposer dans notre oreilles. Il peut interrompre un joli air avec un “Whatever” et cesser de jouer sur le champ avant de nous raconter une blague (semi-) juive dont il a le secret. Et tout ça pour nous faire rire, pour nous surprendre, pour se laisser aller à son impulsion.

Hier soir, pour souligner la sortie de son nouvel album “The Unspeakable Chilly Gonzales”, le musicien fou était accompagné d’un quatuor à cordes qu’il s’est fait plaisir de varloper allègrement à la moindre erreur (il les a baptisé le Fuck Luck Orchestra, après tout). Il a aussi offert deux cours de piano à deux courageuses dames du public, une pianiste dans la soixantaine avec laquelle il a pu “jammer” un peu et une débutante aux allures bourgeoises qui s’est fait dire de “Fuck’n loosen up” avant de commencer… Eh, faut avoir les reins solides si on veut travailler avec Gonzo !

Et puis, il redevient dément, plongeant dans son piano comme si celui-ci l’avait aspiré dans un autre univers, comme si les mains de Gonzales ne lui appartenaient plus, ne suivant que le flot d’idées musicales qui semblent lui venir instantanément. D’où son génie.

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