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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

DEBOUT SUR SA TÊTE

GONZALES

En concert à La Tulipe, Montréal, le jeudi 8 mai 2008

jeudi 15 mai 2008, par Nicolas Pelletier

Le pianiste virtuose Gonzales nous revient là où on ne l’attendait pas. Après un magnifique album de compositions au piano (Solo Piano de 2004) et la production des albums de la douce Feist et du soul singer Jamie Lidell, des collabos avec Jane Birkin et Philippe Katerine (un autre rigolo du même acabit), revoici la « bête » dans un costume de leader de groupe soul-funk-disco-rap… En concert unique à Montréal, au chouette cabaret La Tulipe, sur le Plateau.

Mais quelle bête de scène ! Le Canadien exilé à Paris ne se repose pas sur le fait qu’il soit un véritable virtuose issu de l’Université McGill ni sur sa grande expertise en jazz, oh que non ! Véritable « entertainer », il n’hésite pas une seconde à grimper sur son piano, danser comme un fou, chanter comme le rappeur cynique qu’il fut au début du siècle… rarement ai-je vu un artiste autant se donner ! Impressionnant aussi, de voir un homme de son format bouger autant. J’irais même jusqu’à conseiller au public de ne pas s’asseoir dans les cinq premières rangées tellement il sue et postillonne ! Dès la première chanson, on peut le voir dégouliner sur l’ivoire de son Yamaha à queue…

Le talent et la grande maîtrise de Gonzales se révèlent aussi à son habileté presque magique à passer de moments extrêmement énergiques à d’autres superbement doux, à changer l’énergie du moment d’un coup, mais sans que son public ne soit heurté. Il dépose véritablement ses morceaux où il le veut, avec un doigté (excusez-là) remarquable. Des pauses d’une demi-seconde peuvent séparer des émotions complètement différentes. Il y a, parmi ses nouvelles chansons que nous commenterons bientôt, à la sortie de son nouvel album Soft Power, de purs moments de délices mélodiques, des moments touchants de beauté où notre Gonzo-le-clown chante avec tout son cœur, chose qu’il n’avait que trop rarement tenté auparavant.

Son Together Ensemble est mené avec talent et humour. Son équipe est fabuleuse. Le rappeur Mocky à la batterie, la sympathique rousse Katie Moore au chant et à la guitare, le TRÈS prometteur jeune chanteur black Matthew Flowers au chant (ouf, quelle magnifique voix !) et So Called à la basse électronique, claviers, etc. Ce dernier, qui a plus l’allure d’un prof de chimie que d’un musicien, a mis le feu au cabaret La Tulipe avec un énergique rap dès la première chanson ! L’image était spectaculaire… et franchement comique !

Gonzales en a remis plus tard en se promenant dans la foule, en prenant des photos avec le public dans toutes sortes de poses hilarantes, dont une fois avec un pied sur une dame et l’autre sur la passerelle du bar de La Tulipe, sous les yeux inquiets du chum de la dame en question, et une autre fois, comme la photo ci-dessus le démontre, à quelques pouces de votre journaliste dévoué. Ce mastodonte s’est aussi permis de grimper sur les épaules de mon troisième voisin !

Bref, une soirée magnifique, comique, énergisante, grisante… en compagnie d’un artiste généreux, drôle, extrêmement talentueux, toujours provocateur, mais capable de rire de lui autant que de son art. Et tant mieux si ça choque les puristes !

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