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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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LES SIGNES INDÉNIABLES DE LA QUALITÉ D’UN ARTISTE

FRANK BLACK & THE CATHOLICS

mercredi 18 décembre 2002, par Nicolas Pelletier

On se rend tout de suite compte de la qualité d’un artiste lorsque celui-ci donne généreusement plus de deux heures de spectacles un mardi soir enneigé. On se rend compte du professionnalisme d’un band lorsque celui-ci ne se laisse pas distraire par les problèmes techniques en début de concert. On se rend vite compte de la qualité des musiciens lorsqu’on a trois guitaristes qui jouent en même temps sans générer un abominable mur de son de distorsion comme le font le _ des bands. On se rend compte qu’on a vu un bon show quand la foule est aussi épuisée que le suintant - mais ravi - leader de la formation.

Frank Black était de passage à Montréal en ce début d’hiver pour nous présenter ses deux (!) nouveaux albums parus avec ses fidèles Catholics, sur étiquette Sonic Unyon. Libre de créer comme il en a envie avec ce modeste label dont il est la vedette, Black ne lésine pas dans les détails : autant de chansons que de petits bijoux mélodiques et énergiques. Pourquoi couper dans le gras, lorsqu’on peut compter sur un solide noyau de fans qui rechercheront de toutes façons des versions pirates s’il ne les commercialise pas lui-même ? Encore faudrait-il que l’on puisse trier parmi ces excellents titres. Si Black se tourne de plus en plus vers un son folk rock country depuis "Dog in the sand", ses chansons n’en sont pas moins délirantes par leurs efficaces suites d’accords et leurs propos à la fois flous et personnels. Chansons codées dont l’auditeur tire à peu près ce qu’il en veut (ou peut ?), la réédition en concert de ces pièces n’est guère différente de celle des albums puisque enregistrés en direct en stéréo dans un studio mobile.

Seules les versions d’anciens hits des légendaires Pixies - dont il fut le principal artisan de 1987 à 1991 - furent remaniées : un "Monkey gone to heaven" pratiquement accapella avec comme seul accompagnement la guitare slide (et la foule, bien sûr) et un "Nimrod’s son" ralenti en vitesse jello donnant presque une nouvelle signification aux paroles enfin intelligibles, furent les moments les plus surprenants.

Nul besoin pour Frank Black de recourir aux Pixies pour ravir sa foule : les nombreuses perles de sa carrière solo qui s’échelonne depuis presque dix ans furent présentées pelle mêle : "Men in Black", "Freedom Rock", "All my ghosts", "Bullet", "Hermaphroditos is my Name", "California Bound", ses 8 albums furent vigoureusement représentés sauf peut-être le premier, pourtant excellent, album éponyme de 1993, avec seule la marginale "Adda Lee" au programme.

Il vous est sans doute évident que l’auteur de ces lignes soit depuis longtemps un fan de Frank Black. Un vendu à sa cause. Un inconditionnel. Mais en ce mardi soir, il était loin d’être seul au Club Soda à avoir bravé la première neige de l’hiver montréalais pour voir passer cette comète lors de son pèlerinage (presque) annuel. Un seul souhait pourrait maintenant le(s) combler : un album ’live’, à garder comme excellent souvenir de ces soirées.

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