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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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En plein contrôle

Frank Black

Au National, le 25 octobre 2006

lundi 27 novembre 2006, par Nicolas Pelletier

Si ce bon vieux Frank Black avait voulu mettre le public montréalais dans sa petite poche, il n’aurait pas fait autrement, qu’en ce soir pluvieux, au cœur du Village. Conscient d’avoir affaire à un groupe de fans finis des Pixies, il nous épate d’entrée en se pointant seul avec sa guitare acoustique enfilant les classiques Mr Greed, Nirmod’s Son, Dead, Holiday, Wave of Mutilation, jusqu’à un Where is My Mind ? magique où le public y va de chœurs bien sentis. Fans anciens et nouveaux étaient déjà ravis et conquis, après une demi-heure de set.

Rassasiés par cet hommage au passé (qui aurait été servi en rappel par bien des artistes), Frank Black a pu présenter tranqillement son répertoire solo, rejoint par un trio de musiciens anonymes, puisque les Catholics semblent en vacances depuis le virage country du chanteur. Black a exploré tous les recoins des 13 dernières années, depuis la sortie de l’excellent album éponyme de 1993, dont le punk Ten Percenter bien senti, jusqu’à son virage country des derniers albums.

On avait un peu peur, d’ailleurs, que ce spectacle au National prenne une allure 100% country quand on l’a vu arriver avec sa chemise noire aux fioritures de cow-boy… Mais il n’en fut rien. Si ces musiciens - des gars d’une cinquantaine d’années ayant roulé leur bosse en studio mais pas particulièrement à l’aise sur scène - n’avait pas le physique de l’emploi vu le passé punk-grunge de Black, ils ont tout de même bien livré la marchandise, laissant tout le terrain au chanteur, rockant tout de même à fond, avec précision et un plaisir certain.

Frank Black aime sa musique, c’est évident. Il a un plaisir fou à la jouer. Il a dû nous servir environ 45 chansons (je n’exagère pas), à peine espacés de quelques secondes, le temps de prendre une gorgée d’eau ou de jeter un œil à sa set list. À part un « Merci bôcou, à la procheyne », l’homme n’aura pas dit un mot… autrement qu’à travers ses chansons. Black, en vieux pro de la route qu’il est devenu, s’en tient à ce qu’il fait de mieux : composer des hits, les chanter, changer de ville (et recommencer). Et c’est comme ça qu’on l’aime.

REID PALEY

Je ne pourrai passer sous silence l’abominable prestation de Reid Paley, un espèce de hurleur de folk blues minimaliste de Brooklyn, qui avait l’air d’un trucker qui se prenait pour une star… La bouche croche, la guitare désaccordée, une pauvreté technique flagrante, une attitude « fendante », on se demandait ce qu’il foutait en première partie de M. Black. À part faire passer ce dernier pour le gars le plus cool de la planète, Reid Paley n’avait rien à faire sur la scène du National. Deux chansons, ça aurait été sympathique, mais 45 minutes, c’était souffrant.

Pourquoi ne pas avoir recruté un talent local ? Au nombre de fois où Black a joué à Montréal, il doit bien avoir fait des contacts qui pourraient mieux le conseiller, non ?

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